‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 20 sur 189 · INTERPRÉTATION DE LA QUESTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DE LA QUESTION. XXIII

nombre de ceux qui sont si clairs qu'on ne peut les expliquer par d'autres, parce qu'il n'y en a pas de plus clairs el de plus simples. » Sans doute, on ne peut définir Y acte intellectuel désigné par le mot d'idée, parce qu'il est simple et que chacun en fait l'expérience à chaque instant. Mais le mot d'idée a reçu des significations si diverses selon les systèmes, qu'il faut absolument indiquer celle que l'on adopte si l'on veut ne laisser aucun doute dans l'esprit du lecteur (§ 40, p. 23). Pour nous, mettant de côté toutes les hypothèses qui nous égareraient, ne consultant que le témoignage de la conscience, nous déterminerons la signification du mot d'idée en la ramenant à celle du connaissance, ce qui lève toute équivoque. Ajoutons une observation. Toute connaissance est un jugement; tout jugement contient la conception d'un objet et 1 affirmation de son existence. Si nous faisons abstraction de l 'affirmation, il reste la conception de l'objet: c'est Y idée dans le sens précis et rigourey v du mot, (§ 50, p. 34). Elle se distingue ainsi de lii.ssmatiûn en ce qu'elle, est objective, c'est-à-dire implique un objet, tandis que la sensation est subjective, c'est-à-dire consiste dans mip, simple modification du. sujet qui i éprouve (§ 28, p. 17). Faisons maintenant une revue générale de toutes les idées et essayons de les classer.

En abordant ce travail, nous remarquons que l'on a proposé beaucoup de divisions, de telle sorte que nous paraissons d'abord n'avoir que l'embarras du choix. Tel auteur distingue des idées sensibles, intellectuelles, rno-

' raies ; tel autre, des idées plu/m'oues, psychologiques, métap/njsiqueSj etc. Ces divisions ont des inconvénients qui nous empêchent de les adopter : elles sont vagues et ar-

| bitraires ; les termes qui les expriment manquent de clarté et de précision. Or nous voulons ne pas nous payer de mots, nous comprendre nous-mêmes et être compris des autres; avant tout, nous cherchons une classification qui nous serve à déterminer l'origine et la formation des idées. Pour cela, reprenons le fil de la discussion. Nous avons constaté plus haut qu'une idée est une connaissance.

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