‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 22 sur 189 · INTERPRÉTATION DE LA QUESTION. XXV · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DE LA QUESTION. XXV

c'est-à-dire, pour employer les termes de l'école, qui est absolue et nécessaire. Ainsi, eu examinant les caractères des objets que je connais, je trouve qu'ils sont ou relatifs ef contingents , ou absolus et iiécesjaircs.Je puis doiic établir une division correspondante dans les idées.

En poursuivant cette analyse, je découvre une autre différence. Si, des idées que je viens de passer en revue, je remonte aux juge7ncn(s doni je les ai tirées, j'en dis^ tïhgue également deuxclassës. Quand je dis : « Cet arbre emprunte au sol les sucs qui composent sa sève : Le soleil répand régulièrement la chaleur et la lumière ; » j'énonce des vérités relatives et contingentes ; elles se résument dans les lois scientifiques qui sont également relatives et contingentes, parce qu'elles ont pour fondement l'observation. 11 n'en n'est point de même de ces propositions : ci Tout ce qui commence a une cause ; L'imparfait suppose le parfait; » j'énonce des vérités absolues et nécessaires, qui ne dépendent pas des temps et des lieux, qui ne doivent point leur certitude à l'observation, qu'on appelle justement vérités premières, parce qu'elles servent de principes à toutes les sciences (§ 48, p. 30-31). De là vient qu'on donne aussi le nom de notions premières aux idées de Cause première, de Substance absolue, de Cause finale et de Raison suffisante, etc. (§ 51, p. 34).

Je passe maintenant au second point de vue. Je considère leâfo/Iées par rapport à leur sujet, c'est-à-dire par^ rapport a mon jsprit, dont le travail leur fait subir diverses modifications. Je remarque en effet que, les objets ; restant les mêmes, les idées que j'en ai peuvent prendre des formes différentes. J'aperçois des roses. J'en ai d'abord des idées confuses, obscures, concrètes, complexes, individuelles. Je regarde attentivement l'une d'elles; je commence par l'isoler des autres; je discerne ensuite ses éléments organiques, le calice, la corolle, les étamines, les pistils; j'examine enfin leurs rapports (§ 169, p. 142). Je répète cette opération sur plusieurs roses. Par là, mes idées deviennent distinctes et claires. Si j'étudie la botanique, je compare ces idées inuividuelles et je les résume

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