‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 39 sur 189 · EXPOSITION D UNE THEORIE. XLI · texte numérisé non relu

EXPOSITION D UNE THEORIE. XLI

perpétuent le souvenir des événements auxquels ils doivent leur naissance; telles sont les médail es, les inscriptions, les obélisques, les tombeaux, les statues, les usages politiques et religieux, les fêtes et choses semblables, l'appelle histoire un récit fixé par l'écriture ; tels sont les Commentaires de César, les Décades de Tite Live et les Mémoires de Commines. Il est des historiens de tous les genres et de tous les caraclères; il en est d'assez obscurs, l'une mince autorité, qui n'ont laissé après eux aucune réputation de savoir et de talent; il en est qui ont écrit plusieurs siècles après l'événement, moins d'après des historiens précédents que d'après des bruits vagues et confus ; il en est qui ont été égarés par l'esprit de parti, par la haine ou par l'amour de la gloire nationale; je conçois que tous ces écrivains doivent laisser des doutes ^ans l'esprit du lecteur. Mais supposons des historiens îélèbres, toujours cités avec éloge, très-accrédités parmi les critiques les plus difficiles; des historiens dont les ouvrages portent une empreinte de vertu et de probité que ['art ne peut contrefaire, qui racontent des événements de la plus haute importance dont ils pouvaient avoir aisément en main les preuves les plus authentiques : c'est alors qu'il est impossible de ne pas croire à leur témoignage; et si leur récit se trouve lié h des événements postérieurs qui en supposent la vérité ; s'il est soutenu par les traditions les plus suivies, les plus fermes, les plus universelles; s'il est gravé sur des monuments qui ont échappé aux ravages du temps, on est parvenu au plus haut degré de la certitude historique.

» Ainsi le témoignage humain, dans les choses de son ressort, est une règle aussi sûre de vérité que peuvent l'être les sens et le raisonnement sur les choses auxquelles ils s'appliquent, et parmi les faits que nous n'av<>ns pas vus, il en < st d'aussi certains pour nous que les théorèmes de géométrie. »

(De Frayssinous, Défense du Christianisme.)

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