PHIL. LÉV
leurs méthodes et leurs rapports ; enfin elle ramène à une unité systématique leurs théories les plus générales. C'est la signification qu'a le mot Philosophie dans les dénominations : Philosophie de l'histoire, Philosophie du droit. Philosophie des beauxarts, Philosophie des sciences, et autres expressions semblables. C'est aussi la signification adoptée par Aristote, qui définit la Philosophie la science des premiers principes et des ■premières causes : car les premiers principes sont en Psychologie les vérités premières (cf. 47-58), auxquelles se rattachent les idées de vrai, de beau, de bien, de droit, etc., qui servent chacune de fondement à une science particulière (Logique, Philosophie des beaux-arts ou Esthétique, Morale, Philosophie du droit ou Droit naturel, etc.); et les premières causes sont en Métaphysique les substances et les causes réelles, dont les essences et les actions déterminent ou produisent tous les phénomènes connus par la conscience et par les sens cf. 224 l. En ramenant tout à ces principes et à ces causes, la philosophie explique tout ce que l'homme peut comprendre. De là vient qu'on nomme esprit philosophique l'habitude de soumettre toutes les opinions à un examen réfléchi et de procéder avec méthode dans les recherches scientifiques, la faculté de saisir les choses d'ensemble pour remonter aux principes et de voir l'enchaînement des causes et des effets. C'est enfin de cette manière qu'on arrive à constituer ou à juger un système (cf. 172).
En même temps que la philosophie est la science générale, elle est aussi une science particulière. Tandis que les mathématiques raisonnent sur les quantités abstraites, que les sciences physiques et naturelles étudient les propriétés et les lois de la matière inorganique et des corps organisés, la philosophie nous apprend, comme le dit Bossuet, à connaître Dieu et à nous connaître nous-mêmes en nous élevant par la connaissance de nous-mêmes à la connaissance de Dieu (cf. 230). Cette définition se concilie parfaitement avec celle d'Aristote : car il n'y a que deux causes véritables que nous connaissions réellement dans leur essence intime, l'àme humaine, dont l'activité intellectuelle et libre, est le point de départ de toutes nos recherches, et Dieu, auquel elles aboutissent, parce qu'il esl la raison d'être de toutes choses (cf. 128).
Lire Bouillet, 1). des sciences, art. Philosophie ; Charles, Lect. dephil, I, p. 1-11, 28-32.
1. Afin d'éviter les répétitions, nous renvoyons par le sie:ne cf. aux numéros que l'on doit consulter pour trouver les explications nécessaires.