‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 62 sur 189 · DIVISION. ORDRE DES PARTIES · texte numérisé non relu

DIVISION. ORDRE DES PARTIES

3. Division de la Philosophie. Comment peut-on justifier l'ordre suivi dans l'étude des diverses parties de la Philosophie? (14 août 1870.)

4. En quoi la Psychologie est-elle nécessaire à la Logique, à la Morale, à laThéodicée? (20 novembre 1867.)

5. Pourquoi doit-on commencer l'étude de la Philosophie par la Psychologie? Si l'on admet un autre ordre, en donner les raisons. (13 août 1872.)

Plan. Dans l'acception la plus étendue du mot, la Philosophie comprend : t° la Psychologie (avec la Linguistique ou Philosophie des langues) ; 2° la Logique (avec la Grammaire générale) ; •3° la Métaphysique {Philosophie des sciences, Théodicée) ; 4° Y Esthétique ou Philosophie des- beaux-arts (avec la Poétique et la Rhétorique) ; 5° la Morale ; 6° le Droit naturel ou Philosophie du droit (dont dépendent le Droit positif, la Jurisprudence, Y Économie sociale, la Politique) ; 7° la Ph losophie de l'histoire (à laquelle se rattachent les Sciences historiques) ; 8° l'Histoire de la philosophie. Cet ensemble constitue les Sciences philosophiques ou Sciences morales. Mais, dans l'acception classique du mot, la Philosophie a un domaine plus restreint; elle a pour objet la connaissance de l'âme humaine et celle de Dieu, la détermination des règles qui doivent gouverner notre intelligence et notre liberté ; elle coutient ainsi quatre parties : la Psychologie, la Logique, la Métaphysique [Théudicée), la Morale, avec des notions générales sur les autres sciences morales.

L'ordre dans lequel on étudie les parties de la philosophie a une grande importance, parce qu'elles se supposent l'une l'autre. C'est pourquoi Descartes recommande de conduire par ordre ses pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître pour monter peu à peu comme par degrés jusqu'à la connaissance des plus composés (cf. 170). Eu appliquant ici cette règle, on distingue dans la philosophie deux espèces de questions. Les unes trouvent directement une réponse dans l'observation de la conscience ; Ex. : En quoi consistent sentir, penser, vouloir? Les autres trouvent indirectement une réponse dans l'observation de la conscience, par le raisonnement inductif ou déductif opérant sur les données de l'expérience et de la raison ; Ex. : Par quels procédés l'esprit peut-il découvrir et démontrer la vérité? Quelle est la destinée de l'homme? Qu'est-ce que la Providence divine? Donc ces questions ne doivent être abordées qu'après les premières. —

Les premières questions, qui trouvent directement une réponse dans l'observation de la conscience, constituent la Psychologie; donc son étude ne présuppose la connaissance d'aucune autre partie et est présupposée par foutes. Les secondes questions forment la Logique, la Métaphysique, la Morale ; donc elles se rattachent toutes à la Psychologie comme à leur tronc commun (cf. 128).

Lire Charles, Lect. de phil., I, p. 12-22.

6. Des rapports de la Philosophie avec les autres sciences. (31 juillet 1872.)

7. Analyser les rapports de la. Philosophie avec les autres sciences, spécialement avec les sciences physiques et naturelles. (10 novembre 1869.)

Plan. Pour comprendre l'importance et l'utilité de la Philosophie, il ne suffit pas de considérer l'ensemble des connaissances qu'elle nous procure, il faut encore analyser ses rapports avec les autres sciences. 1° La Psychologie détermine l'origine des notions qui leur servent de fondement, p. ex., d'espace (Géométrie), de force et de mouvement (Mécanique), de loi inductive (Physique), de cause finale dans l'organisme (Sciences naturelles), etc. Elle est liée à la Physiologie dans l'étude des rapports de l'âme et du corps. 2° La Logique traite de la certitude et de la méthode, questions qui intéressent toutes les science-s. 3° La Métaphysique examine quelle est Vessence de la matière, ce qu'il faut entendre par qualités premières et qualités secondes, en quoi consistent l'espace et le temps, etc., problèmes auxquels viennent aboutir nécessairement les théories des sciences physiques, comme le prouvent les systèmes appelés Dynamisme et Mécanisme.

Quant aux rapports de la Philosophie avec les autres sciences morales, on les reconnaît facilement en considérant la classification de ces sciences (cf. 3). Prenons pour exemple la Rhétorique : elle enseigne à instruire par les preuves, à plaire par les mœurs, à toucher par les passions; pour établ r ses règles, elle doil emprunter à la Logique la théorie de l'argumentation ; à la Morale, celle des mœurs; à la Psychologie, celle des passions (cf. 194).

Lire Charles, Lect. de phil., I, p. 18-20.

Objet. Méthode.

8. Par quels traits les phénomènes psychologiques se distinguent-ils des phénomènes physiologiques? (14 novembre 18(38.)

■ 9. Marquer par des traits précis et par des exemples la distinction des faits psychologiques, des faits physiologiques et des faits physiques. (16 novembre 1871.)

10. Distinguer la Psychologie de la Physiologie. En quoi cependant ces deux sciences peuvent-elles se rendre de mutuels services? (23 juillet 1873.)

Plan. Quand l'homme observe la nature, il se distingue facilement des objets qui l'entourent; il voit que les phénomènes qui s'y produisent tombent sous ses sens et méritent ainsi le nom de Ph. physiques. S'il s'observe ensuite lui-même, il se reconnaît comme un être double, parce qu'il distingue en lui deux classes de phénomènes, les Pli. physiologiques et les Ph. psychologiques. 1° Les premiers, tels que la digestion, la circulation du sang, etc., se produisent dans les organes dont l'anatomie découvre la structure ; ils sont connus directement par les sens ; mais, comme cette connaissance exige des expériences plus ou moins difficiles, ils peuvent être produits sans être perçus ; s'ils se manifestent à la conscience, c'est seulement par les sensations de peine ou de plaisir qui les accompagnent, mais ne les constituent pas. 2° Les seconds, tels que sentir, penser, vouloir, ont pour caractère propre d'être saisis immédiatement par la conscience qui en fait partie intégrante (cf. H). Quoiqu'ils soient ordinairement précédés ou suivis de Ph. physiologiques, l'élude des organes ne saurait rien apprendre sur leur nature. 3° De plus, tandis que la cause des Pli. physiologiques est une force hypothétique, puisqu'elle n'est conçue que par induction et qu'elle donne lieu à divers systèmes (Animisme, Organicisme, Vitalisme), le principe des Ph. psychologiques est

immédiatement connu par la conscience dans chacun d'eux comme la force qui en est la cause ou le sujet (selon que ce fait est actif on passif), et qui s'appelle elle-même moi pour se distinguer de tous les autres êtres (cf. 11). — Il est donc légitime d'admettre qu'à ces deux classes de phénomènes correspondent deux sciences distinctes, la Physiologie et la Psychologie. Cependant, autant il importe de bien déterminer l'objet de ja Physiologie et celui de la Psychologie parce que chacune d elles a son domaine distinct et sa méthode spéciale, autant il est nécessaire d'allier toutes les données de ces deux sciences pour résoudre certaines questions complexes, comme celle de la perception externe, et en général pour étudier les rapports de l'âme et du corps. Il en résulte que, tout en les distinguant avec précision dans l'analyse des phénomènes mixtes, il faut tenir compte de leurs rapports et des services mutuels qu'elles se rendent.

Lire Bouillet, D. des sciences, art. Physiologie, Psychologie, Conscience; Charles, Lect. de phil., I, p. 32-41 ; Janet, Èlôm. de morale, ch. II, § 1.

11. De la science psychologique. Rapports et différences entre la méthode de la Psychologie et la méthode des autres sciences. (2 mai 1868.)

12. En quoi consiste la méthode de la Psychologie? Qu'a-t-elle de commun et qu'a-t-elle de différent avec la méthode des sciences physiques ? (8 novembre 1867.)

13. De la méthode qu'il convient de suivre en Psychologie. La comparer aux méthodes employées dans les autres sciences. (14 août 1866 ; 24 novembre 1868.)

14. Comparer Yexpérience en Physique et l'expérience en Psychologie. Montrer les analogies et les différences. (30 avril 1869.)

Dissertation. Toute science doit avoir un objet bien déterminé et une méthode appropriée à la connaissance de cet objet. Elle doit donc commencer par les définir. La Psychologie est la science de l'âme, c'est-à-dire du principe qui sent, qui pense et qui veut : elle en constate les faits, les facultés et la nature par la conscience. En vertu de ce pouvoir intellectuel, l'âme connaît spontanément sou existence et ses opérations, de telle sorte qu'elle ne peut sentir, penser, agir, sans connaître

Page 1