‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 70 sur 189 · CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CONSCIENCE

quant son attention à ses sensations, elle, perçoit l'existence et les qualités des corps étrangers (cf. 32- 42 . — De quelque façon que l'âme réagisse, elle ajoute aux sensations un clément qui lui est propre, l'effort mot ur ou V ait'- ut ion: elle s'y reconnaît et dit d'elle-même moi pour se distinguer de tout le reste. En se repliant sur elle-même par la réflexion, elle se saisit comme cause dans chacun de ses actes, comme sujet dans chacune des modifications qu'elle éprouve : elle tire ainsi de sou propre fonds les idées de cause, de puissance ou faculté, de force, de substance, d'être, d'existence, d'unité, de simplicité, de durée, d'identité, etc., qui servent de fondement à la métaphysique (cf. 52, 127). Sa certitude est la condition de toute certitude vcf. 11, 15), comme l'a démontré Descartes en donnant pour principe à la philosophie sa maxime : « Je pense, donc je suis. »

En résumé, la Perception externe a pour objet la matière et pour instruments les organes dont les impressions déterminent [les sensations auxquelles s'applique l'attention; la Conscience, ou Perception interne, a pour objet l'âme, et pour instrument la réflexion : car l'âme n'a pas besoin d'organe pour se connaître; il lui suffit de se replier sur elle-même par la réflexion.

La Perception externe et la Conscience impliquent ensemble toutes deux l'activité intellectuelle; si leur exercice est volontaire, les idées sont claires (cf. 65); s'il est involontaire comme dans le sommeil, etc., les idées sont obscures (cf. 126). Cette différence se retrouve dans la mémoire parce que, comme le dit Royer-Collard. on ne se souvient que de soi-même, c'està-dire des actes dont on a eu conscience (cf. 85).

Lire Bouillet, D. des sciences, art. Conscience : Charles, Lect. dephil., I, p. 82-99.

46. Exposer avec précision quels sont les différents sens du mot Conscience? (17 novembre 1808.)

Plan. 1° Lorsque l'âme connaît son existence et ses phénomènes, cette connaissance se nomme simplement Conscience (cf. 45). — 2° Lorsqu'à la connaissance de ses actes elle joint leur qualification morale, qu'elle les juge bons ou mauvais, etc., elle se nomme Conscience morale (cf. 270).

Raison. Idée de la Cause première.

Vérités premières. Notions premières.

47. Qu 'appelle- t-on axiomes? Les définir et les caractériser. Classer les principaux axiomes que vous connaissez selon les différentes sciences auxquelles ils appartiennent. (21 novembre 1867.)

48. Qu'appelle-t-on principes a priori. En donner des exemples dans les différentes sciences. (10 août 1871 ; 29 juillet 1873, 15 novembre 1874.)

Plan. En même temps que nous percevons par l'expérience (sens et conscience) les êtres finis, contingents, relatifs, nous connaissons par la raison les rapports qui les unissent à l'Etre infini, nécessaire, absolu. Ces rapports constituent les vérités premières. — Pour les définir et les caractériser, on distingue trois espèces de vérités (jugements ou propositions) qui jouent dans les sciences le rôle Aeprincipes (principia, qui tiennent le premier rang), parce qu'elles servent à expliquer toutes choses : car expliquer une chose, en donner la raison, c'est montrer le rapport de cette chose à son principe.

1° Lois scientifiques, propositions générales qui dans les sciences énoncent des vérités contingentes, comme le principe d'Archimède; elles sont données par l'expérience et par l'induction; ce sont des jugements synthétiques a posteriori (cf. 74). Les deux caractères d'être contingentes et a posteriori les distinguent des vérités premières, qui sont nécessaires et a priori.

2° Axiomes, propositions universelles (vraies dans tous les temps et tous les lieux), d'évidence immédiate, servant de base aux démonstrations des mathématiques : ils ont tous pour fondement le principe d'identité (Ce qui est, est), ou le principe de contradiction (Le même ne peut à la fois être et ne pas être), qui est la règle de toute déduction-, ce sont des jugements analytiques a priori, parce que l'attribut y analyse le sujet et que la vérité énoncée n'est pas due à l'expérience. Le caractère d'être analytiques les distingue des vérités premières qui sont synthétiques.

3° Vérités premières, premiers principes, principes a priori (nommés quelquefois, mais improprement axiomes) : le nom de vérités premières indique que ce sont des principes d'évidence immédiate, nécessaires et absolus, qui servent de ton-

dément à toutes les sciences; le nom de principes a priori indique que ce sont des jugements synthétiques a priori, parce que l'attribut ajoute une idée au sujet et que cette synthèse n'est pas due à l'expérience, qui ne donne que le contingent et le relatif, mais à la raison, qui seule conçoit le nécessaire et l'absolu (cf. 74). — Les vérités premières peuvent se ramener aux principes suivants : 1° principe de causalité, « Tout ce qui commence à une cau:-c (cf. 53); » 2° principe de substance, « Toute qualité suppose une substance (cf. 55) ; » 3° principe des causes finales, « Tout être a une fiu (cf. 57). » Leibniz les résume dans le principe de raison suffisante, « Rien n'arrive sans qu'il y ait une raison pourquoi cela est ainsi plutôt qu'autrement. » — Les vérités premières sont impliquées dans tous nos jugements, sans avoir besoin d'être conçues sous leur forme abstraite. C'est un point utile à constater pour réfuter les objections de l'empirisme qui en conteste l'universalité et la nécessité, parce qu'il ne. les considère que dans leur expression .abstraite, qui est en effet inconnue à la plupart des hommes. C'est là un fait psychologique fort bien établi par Leibniz : « Les propositions générales de raison sont nécessaires. Mais ou demandera en répliquant : Où seraient ces idées, si aucun esprit n'existait, et que deviendrait alors le fondement réel de cette certitude des vérités éternelles? Cela nous mène enfin au dernier fondement îles vérités, savoir à cet esprit suprême et universel, qui ne peut manquer d'exister, dont l'entendement, à dire vrai, est la région des vérités éternelles, comme saint Augustin l'a reconnu. Et, afin qu'on ne pense pas qu'il n'est point nécessaire d'y recourir, il faut considérer que ces vérités nécessaires contiennent la raison déterminante et le principe régulatif des existences mêmes et, en un mot, les lois de l'univers. Ainsi, ces vérités nécessaires étant antérieures aux existences des êtres contingents, il faut bien qu'elles soient fondées dans l'existence d'une substance nécessaire. C'est là où je trouve l'original des idées et des vérités qui, sont gravées dans nos âmes, non pas en forme de propositions, mais comme des sources dont l'application et les occasions feront naître des inondations actuelles. » (Nouv. Essais.)

Lire Charles, Lcct. de phil., I, p. 220-225, 230, 233, 844-251.

Remarque. La question de l'origine des vérités premières a donné naissance à trois systèmes.

1° Les philosophes qui professent Y Empirisme, d'après lequel

tout se réduit à l'expérience des sens et de la conscience, prétendent que 1 intelligence humaine ne tire pas les vérités premières de son propre fonds, mais des données de l'expérience. - Ln Angleterre, Locke a essayé de tout expliquer par la sensation et la reflexion (cf. 61). De nos jours sa doctrine a été reprise et développée par l'école de l'association des idées d'après laquelle les vérités premières ne supposent aucune loi rationnelle de 1 esprit ni aucune propriété essentielle des objets, mais se forment par l'accumulation des sensaiions, des images et des souvenirs; de cette accumulation résulte une association en vertu de laquelle l'idée d'une chose suggère l'idée d'une autre cliose que 1 expérience nous a toujours montrée unie à la première par la continuité de temps et'de lieu ou par la ressemblance. Ainsi M. Spencer explique par l'habitude tous les principes a priori; M. Stuart Mil] réduit la relation de causalité a la simultanéité ou à la succession répétée ; M. Bain explique tout par l'association des phénomènes psychologiques et des phénomènes physiologiques. Qn réfute ces théories en montrant qu'on ne peut tirer le plus du moins, le nécessaire du contingent, l'universel d'une énumération incomplète de faits particuliers; par suite, que les lois auxquelles ces philosophes essaient de tout ramener n'ont aucun fondement certain, parce que leur induction n'a aucune raison d'être. L'argument décisif de Leibniz contre l'empirisme de Locke a la même valeur contre ses successeurs : « La preuve originaire des vérités nécessaires vient du seul entendement, et les autres vérités viennent des expériences ou des observations des sens, .\otre esprit est capable de connaître les unes et les autres; mais il est la source des premières, et quelque nombre d'expériences particulières qu'on puisse avoir d'une vérité universelle, ou ne saurait s'en assurer pour toujours par l'induction, sans en connaître la nécessité par la raison. » (Nouv. Essais, I, i.) — Eu France, Condillac, simplifiant la doctrine de Locke par son système de la sensation transformée, a enseigné que tout jugement consiste à apercevoir des rapports de ressemblance ou de diflerence entre des sensations (cf. 641 Le Positivisme de notre siècle n'a rien ajouté à ce système. Ainsi M. 'faine admet qu'il y a dans l'esprit une faculté d'abstraire ou d'analyser par laquelle, suivant lui, « nous sommes capables de connaissances absolues et sans limites, et nous tenons des données qui nonseulement s'accompagnent l'une, l'autre (comme dans la théorie de M. Stuart Mill), mais dont l'une enferme l'autre. » C'est évi-

demment faire une hypothèse gratuite que de supposer de cette manière que, par l'abstraction et la généralisation, l'esprit peut d'un petit nombre d'expériences particulières tirer une loi universelle (cf. Douillet, D. des sciences, art. Em~ pirisme, Positivisme; Charles, Lcct. de phil., I, p. 226-2--!'.», 232,236-238).

2° Kant a distingué : 1° Y expérience qui consiste dans les phénomènes perçus par les sens, et constitue la matière de la connaissance; 2° la raison qui lui donne la forme, en coordonnant et interprétant les phénomènes à l'aide des premiers principes qui sont des jugements synthétiques a priori ; mais les considérant seulement à l'état d'abstractions, il a été conduit par là même à leur refuser toute valeur objective; il les a réduits à n'être que les lois logiques de la pensée qui n'atteignent pas la réalité, par suite, qui ne nous permettent pas de rien affirmer sur l'essence de l'univers, de l'àme et de Dieu. Ce système est réfuté par la théorie et par la pratique : car le progrès des sciences et la puissance qu'elles nous donnent sur la nature impliquent que les lois de notre raison sont conformes aux lois de la nature. L'erreur de Kant provient de ce qu'il a considéré les idées indépendamment des objets qu'elles représentent et de l'esprit qui les pense, ce qui est le point de vue de la logique, tandis que le véritable point de vue de la psycbologie consiste à se placer au centre de la conscience, où l'esprit se connaît, comme sujet dans son rapport avec l'objet matériel qui le limite, et comme être fini et imparfait dans son rapport avec l'Être infini et parfait dont il subit l'action (cf. Bouillet, D. des sciences, art. Idéalisme).

3° Bossuet {Conn. de D:>:u. IV, v), Fénelon {Existence de Dieu), Malebranche {Recherche de la vérité, III, rr, ch. 7), enseignent que les vérités premières nous viennent de Dieu. Cette théorie fait comprendre pourquoi les lois de la pensée sont conformes aux lois de la nature , mais elle n'explique pas comment et pour quelle part les vérités premières interviennent dans la connaissance (cf. Charles, Lcct. de phil., I, p. 26o-

Ces trois systèmes différents peuvent se concilier dans une doctrine plus large et une psychologie plus complète. 1° L'expérience est le point de départ réel de notre développement intellectuel; mais elle n'est pas bornée à la connaissance des phénomènes; l'esprit s'y connaît comme cause véritable. 2° L'esprit n'est point passif comme une table rase (cf. 61); il

développe son activité en coordonnant et interprétant les phénomènes à l'aide des lois de la raison : mais ces lois ne sont pas de simples formes de la pensée, elles ont une valeur objective, elles correspondent aux lois de la nature. 3° Les choses ne sont intelligibles pour notre intelligence que parce qu'elles ont leur raison d'être dans l'intelligence divine comme notre intelligence elle-même; mais la psychologie doit expliquer comment notre esprit connaît les vérités premières par ses rapports avec Dieu, c'est-à-dire, comment tout phénomène complet de conscience comprend trois termes, le sujet ou l'esprit, l'objet ou la matière, leur raison d'être qui est l'Être infini et parfait.

49. Quelle différence y a-t-il entre les notions premières et les vérités premières ? Donner des exemples des unes et des autres. (28 novembre 1872.)

50. Distinguer Vidée du jugement. Appliquer cette distinction à la définition des notions premières et des vérités premières. (1er août 1873.)

51. Des notions premières et des vérités premières. Quelles différences principales existent entre les unes et les autres? A combien d'idées fondamentales peut-on réduire les notions premières? (12 mars 1872.)

Plan. L'acte le plus simple de l'intelligence est le jugement, c'est-à-dire l'acte par lequel elle affirme qu'une chose est ou n'est pas d'une certaine manière, comme : Je pense. En le décomposant, j'ai deux idées ou notions, l'idée d'un être que j'appelle moi, et l'idée d'un de ses modes, l& pensée, abstraction faite de toute affirmation relative à l'existence du moi et de la pensée (cf. 72). — Appliquons cette distinction à la définition des vérités premières et des notions premières. 1° Les vérités premières appelées aussi premiers principes, principes a priori (et quelquefois, mais improprement, axiomes), sont des jugements synthétiques a priori qui servent de fondement à toutes les sciences (cf. 48) : tels sont le principe de causalité, le principe des causes finales, le principe de raison suffisante. 2° Les notions premières, appelées aussi idées nécessaires et absolues. sont tirées des vérités premières, c'est-à-dire des affirmations primitives de la raison sur les rapports des êtres finis et de l'Être infini, rapports qui diffèrent suivant les points de vue sous lesquels nous connaissons les êtres finis. La raison débute

par affirmer ces rapports, parce qu'elle ne peut rien comprendre sans ['Être infini, cause première de tout ce qui existe. Ensuite, dans chaque rapport, elle isole du terme qui représente un être fini et contingent le terme qui représente l'Être infini et absolu, et elle a ainsi toutes les notions premières. Ou peut les ramener aux suivantes : Cause première (cf. 56) ; Substance en soi, avec V immensité et X éternité (cf. 55); Cause finale et Raison suffisante, principe de l'ordre physique et de l'ordre moral (cf. 57).

Lire Charles, Lect. de phil., I, p. 201-205.

52. De l'origine de Vidée de cause et du principe de causalité. (16 novembre 1869.)

53. Du principe de causalité. Sa vraie formule. Dérivet-il de l'expérience? (16 novembre 1867 ; 5 novembre 1872; 29 octobre 1874.)

54. Qu'est-ce que le principe de causalité? Est-il a priori ou a posteriori? Vient-il des sens ou de la conscience ou bien de la raison? (23 août 1870.)

Dissertation. Le principe de causalité est un des plus importants de la métaphysique. Son origine a de tout temps donné lieu à une controverse entre les philosophes qui prétendent expliquer toutes nos connaissances par l'expérience, et ceux qui soutiennent que l'expérience a besoin d'être complétée par une puissance intellectuelle supérieure. Pour résoudre la question, il faut commencer par déterminer les caractères de ce principe, puis examiner s'il s'explique par les sens ou par la conscience, ou bien s'il suppose une faculté spéciale nommée raison.

Le principe de causalité s'énonce ainsi : Tout changement suppose une cause (c'est-à-dire une puissance, une énergie capable de le produire), ou mieux, Tout ce qui commence a nécessairement une cause. C'est une vérité première, universelle, nécessaire, absolue ; car elle est un des fondements de nos connaissances, elle s'applique à tout ce qui est réel ou possible, elle ne nous permet pas de concevoir qu'il puisse en être autrement, elle est indépendante des temps et des lieux.

Les sens ne nous font saisir dans la nature que des séries de phénomènes qui se suivent et s'accompagnent. Leur observation nous suggère des associations d'idées, mais ne nous découvre

aucun rapport de causalité, aucune loi. D'abord, il j a une grande différence entre causalité et succession ou concomitance; c'est pourquoi il est difficile de constater, dans les circonstances d'un phénomène, celle qui est sa condition déterminante. Ensuite, pour établir une loi, il faut préalablement admettre le principe qui est le fondement même de toute induction : « Dans les mêmes circonstances, partout et toujours, les mêmes causes ont les mêmes effets, et les mêmes moyens ont les mêmes fins. » Donc le principe de causalité ne peut être trouvé par l'induction, puisque l'induction le présuppose. Enfin, l'observation constate ce qui a lieu dans un nombre limité de cas; elle ne peut établir ce qui doit avoir lieu partout et toujours, ce qui est nécessaire et universel.

La conscience nous fait connaître en nous-mêmes une véritable cause par l'exercice de l'activité qui constitue notre essence. L'âme agit sans cesse, soit en elle, quand elle applique ses facultés intellectuelles à un objet, comme dans l'attention; soit hors d'elle, quand elle meut le corps, comme dans l'effort musculaire pour toucher un objet extérieur. Si l'on analyse ce second phénomène, comme le fait Maine de Biran, on y trouve deux termes et leur rapport : 1° la volition; 2° la sensation de l'effort musculaire, qui accompagne la volition; 3° le rapport de la sensation de l'effort musculaire, qui est effet, à la volition qui est cause. Par là, non-seulement l'âme se connaît comme une personne, en disant d'elle-même moi, mais elle connaît aussi son propre corps par l'effort qu'elle fait pour le mouvoir, et l'objet extérieur, par la résistance qu'il oppose au mouvement de la main qui le louche et qui en parcourt la surface. Elle distingue ainsi sa propre énergie des forces extérieures qui limitent son action.

Par la conscience, l'âme apprend qu'elle est la cause de certains phénomènes; mais elle reconnaît aussi qu'elle n'a qu'une puissance bornée et relative, puisque son effort est toujours arrêté par quelque obstacle; elle n'est donc qu'une cause seconde, c'est-à-dire finie et contingente. D'un autre côté, le rapport qu'elle découvre en elle-même entre sa volonté et ses actes est également contingent ; elle ne peut en tirer le principe de causalité, qui est universel, nécessaire et absolu. Il faut donc admettre qu'elle possède, outre la conscience, une faculté intellectuelle qui lui fait connaître l'Être iulîni et absolu. Sachant qu'elle est une cause seconde, elle ne trouve pas 6a raison d'être en elle-même : par suite, en même temps

qu'elle perçoit sa propre puissance comme limitée par les forces extérieures sur lesquelles elle agit et dont elle éprouve ellemême l'action, elle reconnaît qu'il y a nécessairement au-dessus d'elle et des forces extérieures la Cause première qui est leur raison d'être, parce qu'elle esl infinie, nécessaire et absolue. Par là, elle arrive à concevoir le principe de causalité sous sa forme rationnelle : Tout ce qui commence a une cause, ou bien, Toute cause seconde suppose une cause première.

Concluons. Le rapport que la conscience saisit entre la volonté et ses actes ne donne pas le principe de causalité ; il en est simplement l'antécédent psychologique. La raison seule peut concevoir ce qui est infini, nécessaire et absolu.

Lire Bouillet, D. des sciences, art. Cause; Charles, Lect. de phil. I, p. 234-242.

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