‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 82 sur 189 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

fées ci-dessus ne se constatent que dans l'acte complet de la mémoire, qui est le souvenu'. Souvent, nous reconnaissons que nous avons déjà eu une idée sans pouvoir préciser en quelle circonstance; c'est une réminiscence. Souvent aussi par la ou par la mémoire intellectuelle nous avons une image ou une idée sans aucune notion de temps; p. ex., quand nous entendons prononcer le mot cheval, nous en comprenons le sens et nous nous représentons l'animal qu'il désigue sans l'avoir sous les yeux : c'est l'imagination ou la conception opposée à la perception. La distinction que l'esprit établit entre ces deux opérations est un fait, primitif et on ne peut l'expliquer en prétendant, comme Descartes, que les perceptions sont mieux suivies que les conceptions, ni en soutenant, comme Condillac, que les premières sont plus vives que les secondes.

Lire Charles, Lect. de phil., I, (sur le souvenir) p. 280-284, (sur la durée et l'identité) p. 89-93, 291-293, (sur la réminiscence! p. 278-279, (sur la conception) p. 272-277.

86. De la Mémoire. Lois de la mémoire. Qualités d'une bonne mémoire. Des divers genres de mémoire. De la mnémotechnie . (10 août 1870.)

Plan. Pour connaître le rôle que joue la mémoire dans les opérations intellectuelles, il ne suffit pas de savoir qu'elle est la faculté de retrouver et de reproduire les notions antérieurement acquises; il faut encore étudier ses lois, c'est-à-dire savoir de quelles conditions dépend le souvenir. Je suppose que j'apprenne par cœur des vers de Virgile : je dois les lire avec attention et répéter cet acte plusieurs fois, en associant les mots dans l'ordre où je les lis; enfin, au moment où je veux me les rappeler, réfléchir à la liaison que j'ai établie entre les différents termes de la série. Il y a donc : 1° au moment où la notion est acquise, alieni tion de l'acte, association

des idées : 2° au moment où la notion est reproduite, rèflea c'est-à-dire effort pour retrouver la liaisondes idées. Il résulte de ces lois que le souvenir s'acquiert de la même manière que l'habitude (cf. 108), et que c'est dans l'habitude qu'il faut chercher l'explication des procédés de la mémoire et de l'association îles idées (cf. 88). — Ceite étude théorique des lois de la mémoire a ses conséquences pratiques. Comme l'exercice de la mémoire suppose trois choses, apprendre, retenir et

sb rappeler, les qualités d'une bonne mémoire sont la facilité à

ndre, la ténacité ou la sûreté pour retrouver, la promp- I titude au rappel. Les divers degrés auxquels les esprits pos- j sèdent ces qualités constituent les divers genres de mémoire. Us sont déterminés par l'inégalité de la force de l'attention et par la différence des rapports qui règlent l'association des idées (cf. 88). De là se déduisent les moyens de perfectionner i la mémoire, lesquels constituent la mnemotechnie : 1° exciter l'attention ; 2° lier les idées par des rapports constants et rationnels.

Lire Bouillet, D. des sciences, art. Mémoire, Mnimolcclinie; Charles, Lect. de phil., I, p. 294-301.

87. Marquer par des analyses et par des exemples Y influence de la Volonté sur la Mémoire. (14 août 18GS.)

Plan. La volonté exerce une grande influence sur la mémoire. Pour s'en rendre compte, il suffit d'étudier les lois de la mémoire, savoir : 1° au moment où la notion est acquise, attention, répétition de Varie, association des idées; 2° au moment où la notion est reproduite, réflexion, c'est-à-dire effort pour retrouver la liaison des idées. Toutes ces conditions sont dans ia dépendance de la volonté (cf. 80). — Il en est de même des moyens de perfectionner la mémoire : 1° exciter l'attention ; 2° lier les idées par des rapports constants et rationnels (cf. 88).

Lire Charles, Lect. de phil., I, p. 295-290, 329-331.

88. Des différents rapports par lesquels s'enchaînent nos idées. (7 novembre 1867.)

89. Quelles sont les principales lois de l'association des idées. Montrer l'importance de l'association des idées dans la formation de l'intelligence et du caractère (8 novembre 1872.)

Plan. La mémoire suppose Y association des idées, c'est-àdire la disposition intellectuelle en vertu de laquelle nous lions nos idées dans un certain ordre et nous les reproduisons dans l'ordre où nous les avons liées : par exemple, quand nous apprenons par cœur des vers, le premier mot amène le second, celui-ci le troisième, et ainsi de suite jusqu'à ce que la série soit épuisée. — L'association des idées a trois lois principales : 1° Elle s'établit par la répétition de l'acte par lequel nous per-

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