‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 83 sur 189 · ASSOCIATION DES IDÉES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DES IDÉES

eevons des objets simultanément ou successivement; elle constitue uue tendance à répéter cet acte; par conséquent elle constitue une habitude ini llectuelle, à laquelle peut se joindre une habitude organique (cf. 108;. 2° Elle estspontanée ou vomntaire. Dans le premier cas, les idées se représentent à [esprit dans l'ordre même des sensations déterminées par les objets extérieurs qui ont excité noire attention et donné lieu à un groupe particulier de perceptions. Dans le second cas, lesprit détermine lui-même l'ordre dans lequel il considère les objets et choisit les rapports sous lesquels il les compare. 3° Les rapports par lesquels s'enchaînent nos idées sont acci- Is ou rationnels. La première espèce de rapports a pour cause unique la simultanéité îles faits, parce que l'esprit n'examine pas si cette simultanéité résulte d'un ordre naturel ou d'une coïncidence fortuite. La seconde espèce de rapports résulte d'une comparaison dans laquelle l'esprit a é!é guidé par lin principe rationnel : tels sont ceux de temps (histoire), de lieu géographie), de principe à conséquence (mathématiques), de cause à effet (lois scientifiques), d'analogie (classification), de signe à chose signifiée [langage .

L'association des idées joue un rôle important dans la formation de l'intelligence et clu caractère. 1° Elle intervient dans la mémoire, par suite, dans les perceptions acquises. 2° Elle Constitue le cours de nos pensées. Quand une perception éveille plusieurs séries d'idées, l'intelligence en choisit une et la suit jusqu'à ce qu'une nouvelle perception éveille un autre ordre de souvenirs. 3° La différence des esprits consiste dans la différence des rapports auxquels ils accordent leur attention et dans l'inégalité de l'application dont ils sont susceptibles. Les hommes superficiels et légers remarquent beaucoup de rapports accidentels et ont une conversation agréable par la variété des détails et l'imprévu des rapprochements, mais ils s'abandonnent à leur imagination sans exercer leur jugemeut. Au contraire, les hommes sérieux et portés à approfondir les choses ne donnent rien au hasard, concentrent leur attention sur un petit nombre de points, lient étroitement les données de l'expérience à celles de la raison et suivent jusqu'au bout les conséquences d'un principe sans se laisser distraire par rien. On peut expliquer par là la méditation, la rêverie, le rêve et certaines espèces de folie. 4° La liaison des pensées influe elle-même sur la conduite par les sentiments qu'elle éveille. Ainsi s'établit une correspondance naturelle entre les

aptitudes intellectuelles, les goûts et les habitudes morales de chaque individu. 5° Les faits psychologiques que nous venons d'énumérer expliquent dans une certaine mesure la conception des œuvres des beaux-arts et les émotions qu'elles produisent. Le propre du poëte et de l'artiste est de trouver facilement toutes les idées associées à l'idée principale qui constitue le sujet donné et les images propres à exciter dans les autres hommes les pensées et les émotions qui s'y rattachent.

Lire Charles, Lect. dephil, I, p. 302-320, 329-345.

Rem. En Angleterre, Vécole de l'association des idées a essayé d'expliquer par l'association des idées l'origine des vérités premières (cf. 47).

Lire Charles. Lect. de phil., I, p. 320-328.

Imagination.

90. Distinguer la Mémoire Imaginative de l'Imagination créatrice. (13 nov. 1868; 22 nov. 1871.)

Dissertation. Le mot imagination a plusieurs sens qu'il importe de bien distinguer parce que c'est une faculté complexe, qu'elle remplit plusieurs fonctions dans nos opérations intellectuelles. On désigne ses deux formes principales par les qualifications qu'on leur donne : 1° imagination passive ou sens 2° imagination active ou créatrice.

L'imagination passive ou sensitive a pour première fonction de continuer et de prolonger la sensation, quand la perception exige un certain temps, parce que nous sommes obligés de parcourir et d'examiner les diverses parties d'un objet (Bossuct, Conn. de Dieu, I, v). Elle a pour seconde fonction de conserver et de reproduire les images que lui donne l'exercice des cinq sens. On la nomme en ce cas mémoire Imaginative ou sensitive pour la distinguer de la mémoire intellectuelle qui reproduit les idées précédemment acquises (cf. 80^, et qui nous fait connaître notre durée et notre identité personnelle (cf. 83).

Elle remplit le rôle d'intermédiaire entre les sens et les autres facultés intellectuelles, selon qu'elle est excitée par une sensation externe, par une sensation interne ou par une idée. 1° Quand nous éprouvons une sensation externe, l'image produite peut en amener une série d'autres en vertu d'una association (cf. 88). 2° Quand nous éprouvons une sensation interne déterminée par l'état d'un organe ou par un I du corps, non-seulement l'image produite éveille une série

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