‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 91 sur 189 · Distinction du Désir et de la Volonté. (3 août · texte numérisé non relu

Distinction du Désir et de la Volonté. (3 août

Plan. Quand on étudie le fait de la résolution volontaire, il est important de bien la distinguer du désir qui la précède : car, en les confondant, on commet une erreur qui conduit à nier la liberté. 1° Le désir est une impulsion de la sensibilité qui exclut toute délibération et tout choix ; la volonté implique réflexion et liberté (cf. 110); 2° il peut y avoir en même temps plusieurs désirs opposés; la volonté est toujours une; 3° il y a souvent lutte entre la volonté et les désirs; 4° les désirs sont d'autant plus capricieux et plus violents que l'intelligence est moins développée ; la volonté exerce un pouvoir d'autant plus régulier et plus constant qu'elle obéit plus à la raison. — Il en résulte que la volonté ne saurait être considérée comme le désir le plus fort, confusion qui est le principe du déterminisme psychologique (cf. 118).

Lire Bouillet, D. des sciences, art. Désir; Janet, Élém. de morale, eh. II, § 3; Charles, Lect. dephil., I, p. 529-530.

112. Du rôle de Y Intelligence dans les phénomènes volontaires. Pourrait-il y avoir Volonté sans raison? (3 août 1868.)

Plan. Analyse de la résolution volontaire.— Il résulte de cette analyse que la volition implique réflexion ; or la réflexion est l'œuvre de l'intelligence (cf. 110). « Je ne veux rien que je ne puisse dire pour quelle raison je le veux (Bossuet, Conn. de Dieu, ch. I, vu). » Dans la passion même, l'homme a plus ou moins conscience de ce qu'il fait et du but où il tend. La suppression complète de l'intelligence, ce qui est le cas de la folie, anéantit la liberté et la responsabilité (cf. 288).

113. Apprécier la théorie psychologique de Bossuet qui classe la Volonté parmi les opérations intellectuelles. (9 août 1867.)

Dissertation. Dans la Connaissance de Dieu et de soiméme (ch. I, vu, xvm), Bossuet réunit Y Entendement et la Volonté sous la dénomination commune d'opérations intellectuelles, qui sont élevées au-dessus des sens et qui ont pour obji t quelque raison qui nous est connue (c'est-à-dire la perception de quelque chose de vrai ou qui soit réputé tel;. Il motive cette théorie psychologique de la manière suivante : « Il y a deux

Page 1