LIBERTÉ MORALE
En résumé, la dénomination d'opérations intellectuelles a dans feossuet une valeur plutôt métaphysique que psychologique. Elle n'altère en rien sa théorie de la volonté et de la liberté.
Liberté morale ou Libre arbitre.
114. Énuméreret expliquer les différents sens du mot Liberté. (30 juillet 1873.)
115. Définir et distinguer : 1° la Liberté d'action ; 2° la Liberté civile et politique ; 3° la Liberté morale. (17 mars 187-i.)
Plan. Pour reconnaître si l'homme possède réellement la liberté, il faut distinguer les différents sens de ce mot et déterminer ce qu'on entend quand on affirme que la volonté est libre. — Il y a trois espèces de liberté, la L. physique, la L. civile et politique, la L. morale. 1° La Liberté physique (L. corporelle, L. d'action) consiste dans le pouvoir d'agir et de se mouvoir sans obstacle et sans contrainte. 2° La Liberté civile est la l'acuité d'exercer les droits que tout homme doit posséder dans toute société; et la Liberté politique, la jouissance des droits que la constitution de l'État reconnaît à chaque citoyen. 3° La Liberté morale ou Libre arbitre est le pouvoir de se déterminer avec conscience et sans contrainte. Elle subsiste lorsque les deux autres espèces de liberté sont amoindries ou même supprimées. Elle ne doit donc pas être confondue avec elles, comme elle l'a été par Hobbes, etc. (cf. 110).
Lire Janet, Élém. de morale, ch. III, § 1 ; Bouillet, D. des sciences, art. Liberté; Charles, Lect. de phil., I, p. 490.
116. Des divers phénomènes moraux par lesquels se manifeste la croyance universelle des hommes à l'existence du Libre arbitre. (20 août 1867 ; 28 novembre 18G8.)
Plan. Définition du libre arbitre (cf. 1 lo). — (Preuve tirée de la conscience.) Pour se rendre compte de sa réalité, il suffit de s'observer quand on prend une résolution volontaire : on sent qu'on la prend sans contrainte, qu'on peut la garder ou l'abandonner ; on la distingue du désir qui la précède et de X exécution qui la suit. — (Preuves tirées de la loi morale, de la délibération, des récompenses et des peines). Le témoignage direct de la conscience est confirmé par des phénomènes
moraux qui manifestent la croyance universelle des hommes à l'existence du libre arbitre. 1° La loi morale, fondement rationnel des lois positives, suppose la faculté de l'accomplir, qui est la liberté morale. 2° La délibération implique la volonté d'examiner des choses que nous savons en notre pouvoir. 3° Les conseils, les exhortations, les promesses et les menaces qu'on adresse à une personne qui délibère n'ont aucune raison sans la croyance à la liberté morale. 4° Avant de punir ou de récompenser, on examine s'il y a responsabilité, et il n'y a pas de responsabilité sans liberté morale.
Lire Janef, Élém. de morale, ch. III, § 2; Charles, Lect. de phi!., I, p. 491-S03.
Systèmes qui dénaturent ou qui nient la liberté morale.