‹ Traité théorique et pratique de la dissertation philosophiqueChapitre 94 sur 189 · Qu'appelle-t-on Liberté d'indifférence? (28 mars · texte numérisé non relu

Qu'appelle-t-on Liberté d'indifférence? (28 mars

Plan. Certains philosophes, comme Reid, croient combattre efficacement le déterminisme (cf. 118) en admettant que l'homme possède la liberté d'indifférence, c'est-à-dire qu'il est capable d'agir sans raison, de choisir un parti plutôt que l'autre sans motif. Cette doctrine ne supporte pas l'examen. — 1° La volonté ne peut se déterminer sans motifs : car si la liberté implique absence de contrainte, elle implique aussi réflexion ; or réfléchir, c'est examiner pourquoi l'on agit, par suite, avoir une raison, un motif. — 2° De ce qu'on ne se souvient pas d'avoir été déterminé par un motif dans une foule d'actions insignifiantes, on n'eu saurait conclure qu'il n'y en a pas. Par cela même que ces actions sont insignifiantes, on n'y applique pas son intelligence; par suite, on n'en a qu'une conscience obscure qui ne laisse pas de souvenir. Ce fait s'explique par les lois de la vie psychologique : on éprouve continuellement des impressions produites soit par l'état des organes, soit par les objets extérieurs; quoiqu'on ne remarque aucune d'elles particulièrement, leur nombre finit par produire un effet notable sur la manière d'être de la sensibilité et de l'imagination; ces deux facultés déterminent à leur tour certains mouvements qu'on exécute machinalement, sans y penser, comme on fait pour tous les actes habituels. C'est un point sur lequel Leibniz insiste avec raison : « Toutes les impressions ont leur effet,

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