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PETIT TRAIN

SiS. Objet de cet article. — Les fers qu'on fabrique à ce train sont : 1° des plats en dessous de 0'",02 à O^jOS d'épaisseur sur S à 20 mm. de largeur qu'on appelle bandelettes et qu'on emploie pour border les cuflTats, pour literies et pour divers usages dans la serrurerie; 2° les spatés ou plats de 2 à S mm. d'épaisseur et 10 à 60 mm. de largeur pour cercles de tonneaux, ferrements de seaux, garnitures de caisses, etc.; 3° les feiiillards, plats d'au plus de 2 mm. sur 0"%01 à 0'",06, employés comme garnitures de petites caisses, pour cercles de petits tonneaux et de seaux, etc.; les petits ronds.

Dans les grandes usines on fabrique rarement des ronds dont le diamètre ne dépasse pas 3 oui"»"", et qu'on peut considérer plutôt comme des fils que comme des barres. Cette fabrication, devenue une spécialité dans des établissements moins importants, sera décrite plus loin.

RÉCHAUFFAGE, COUROYAGE ET FINISSAGE.

rt) PETIT TRAIN DES GRANDS ÉTABLISSEMENTS.

546. Diamètres et vitesses des cylindres. — Nous savons déjà que dans plusieurs usines le petit train sert pour la fabrication des fers marchands de moyennes et de petites dimensions, et que dans d'autres on ne fabrique à ce train que des fers de petit échantillon. Nous savons aussi que, dans le petit train, tout est disposé pour un travail rapide, parce que le fer, à raison de ses faibles dimensions, se refroidit promplement, et qu'il est d'ailleurs permis d'accélérer le laminage des petits fers qui sont toujours suffisamment épurés. Voilà pourquoi les cylindres de ce train ont un faible diamètre et reçoivent une grande vitesse. Par ce moyen le fer est plutôt étiré que comprimé, tandis que le contraire aurait lieu avec les cylindres d'un grand diamètre animés d'une faible vitesse. Ordinairement le petit train se compose de deux trains partiels dont les cylindres ont des diamètres différents. Dans les anciennes usines de l'arrondissement de Charleroi, où le petit train servait pour la fabrication des fers de moyennes et faibles dimensions, les cylindres de l'un des trains partiels, appelé petit mill, avaient généralement 10 pouces anglais de diamètre, ceux de l'autre, appelé gid-rolls ou simplement guides, 8 pouces, et tout le système se mouvait avec une vitesse de 150 tours par minute. Dans les usines de Liège, on observe la même inégalité entre les diamètres des cylindres, mais comme, dans ces usines, le petit train est plus particulièrement consacré à la fabrication des fers de faibles dimensions, les cylindres reçoivent dos diamètres généralement plus petits que ceux qui viennent d'être indiqués. A Grivegnée, les diamètres des cylindres variaient de 12 à 5 pouces. A mesure qu'on réparait les cylindres de 12 pouces sur le tour, leur diamètre diminuait, mais on n'en continuait pas moins de les employer à peu près pour les mêmes usages, jusqu'à ce que leur diamètre ne fût plus que de 4. à 5 pouces. A Seraing et à Ougrée, les plus gros cylindres du petit laminoir n'a^vaient guère plus de 8 pouces anglais de diamètre, et l'on pouvait à volonté travailler avec une vitesse de 125 ou de 250 tours par minute, suivant les dimensions des fers.

547. Triples jumeaux ou jeux triples. — La nécessité d'accélérer le travail, afin de pouvoir étirer le for en une seule chaude, a fait adopter pour les petits laminoirs l'usage des jeux à trois cylindres, dits trios ou triples jumeaux. Dans le laminage à trois cylindres, le lamineur, après avoir reçu la barre, l'engage entre les cylindres intermédiaire et supérieur ; le rattrapeur, placé derrière le train, la reçoit et l'emmanche dans les cylindres inférieurs, au lieu de la rendre au lamineur, en la passant par dessus le cylindre supérieur, comme dans le laminage à

CHAP. II. FERS MARCHANDS

deux cylindres. Cette disposition, fort avantageuse aussi longtemps que les barres n'ont encore que de faibles dimensions, est, au contraire, embarrassante et peut occasionner de grands dangers pour les ouvriers, du moment oîi les barres ont acquis une certaine longueur. Aussi n'est-elle guère employée que dans l'équipage dégrossisseur du train à fort diamètre; l'autre équipage de ce train partiel est ordinairement à deux cylindres, de même que les deux équipages qui composent le second train partiel du petit laminoir.

Lorsqu'on emploie trois cylindres superposés pour la fabrication de fers plais, on dispose le cylindre du milieu de manière à ce qu'il soit femelle par rapport à celui de dessus, et mâle relativement à celui de dessous. Dans cette disposition, le fer est sans cesse rabattu sur les gardes, mais on est obligé d'ajuster les trois cylindres avec beaucoup de soin.

Dans les équipages à trois cylindres, pour ronds et carrés, il est bon de donner au cylindre supérieur un diamètre un peu plus grand qu'au cylindre du milieu et de rendre celui-ci plus fort que le cylindre inférieur, afin d'empêcher l'enroulement du fer.

Sauf les dimensions, qui doivent être proportionnées à celles des cylindres, les cages des jeux triples ne diffèrent pas essentiellement de celles des jeux à deux cylindres. Dans l'une et l'autre espèce de cages, les bloches ou porte-coussinets de côté sont maintenues par des cales qui permettent de placer les axes des cylindres dans un même plan vertical. Quant à la coïncidence des cannelures, on l'obtient au moyen de vis horizontales qui poussent le cylindre supérieur et le cylindre du milieu dans le sens des tourillons. Pour le premier cylindre, on emploie dans chaque cage une vis pareille a celle que l'on voit en v, pl. 10 fig. \, et qui agit sur le coussinet supérieur de ce cylindre. L'autre cylindre est poussé dans chaque cage par le coussinet inférieur au moyen de deux vis placées de part et d'autre de la mouflette, dont la présence s'oppose à l'emploi d'une seule vis placée au milieu. Pour un jeux triple, six vis de pression sont nécessaires et suffisantes, bien que l'on en mette souvent un plus grand nombre.

Le dégrossisseur à trois cylindres est muni d'un tablier à l'entrée et à'\m& plaque de gardes à la sortie des cylindres inférieurs, et seulement d'un tablier à l'entrée des cylindres supérieurs. L'équipage finisseur à deux cylindres présente un tablier d'entrée, des gardes et des sous-gardes, comme tous les équipages à fers plats (§ 206).

548. Petit train de Couillet. — Il se compose de quatre équipages à cylindres, dont les deux premiers sont des trios et les deux autres des duos. La vitesse de tous les cylindres est de 200 tours par minute et le

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diamètre de 8 pouces anglais. Dans le premier trio, les cylindres ont 0"%6 de longueur et portent des cannelures ogives et une cannelure ovale. Dans le second, les cylindres ont 0",56 de table et présentent des cannelures rondes. Le troisième équipage est à cannelures plates. Le quatrième enfin, appelé équipage en coquilles, est à cylindres unis pour spatés et feuillards et le cylindre supérieur y reçoit son mouvement du cylindre inférieur.

Pour obtenir un feuillard bien bleu et lisse, les cylindres de l'équipage en coquille devraient faire seulement 100 tours, par exemple, au lieu de 200.

549. Ogives du petit train de Couillet. — La ftg. 12, pl. H, représente la moitié supérieure des ogives en grandeur d'exécution. Elles sont au nombre de neuf et se composent chacune de quatre arcs de cercle égaux, dont les rayons sont, pour les six premières, respectivement de 76, 74, 72, 70, 68 et 66 millimètres, pour la septième de 64 1/2, pour la huitième de 63 et pour la neuvième de 62 mm. Indépendamment de ces ogives, les mêmes cylindres portent une cannelure ovale, dont la moitié se trouve indiquée sur la figure précitée, et quatre cannelures carrées respectivement de 14, 13, 12 et 11 mm. de coté.

Les ogives ci-dessus servent à la fabrication des petits ronds, carrés et plats. Pour ronds, on passe deux fois dans l'ogive, mais pour plats et carrés une fois seulement.

La cannelure ovale, qui a 2b mm. de large sur 9 mm. de hauteur, prépare le fer à l'entrée dans la cannelure carrée de 14 mm.

A Couillet, la distance entre les côtés opposés, dans la plus petite ogive, est de 2 centimètres. A partir de cette limite, les ogives ne présentent plus le degré de précision voulu.

530. Ronds de 35 à 15 mm. — Les cylindres portent 16 cannelures tracées d'après la deuxième méthode indiquée au § 526. Pression moyenne 1 1/4 mm.

Pour les ronds plus petits que 15 mm. de diamètre, on emploie des ovales.

La fabrication des petits ronds se fait comme nous l'avons indiqué pour les ronds que l'on obtient au train marchand.

Le personnel est le même que pour cette fabrication, mais le maître, le deuxième lamineur ainsi que le troisième se trouvent chacun devant un équipage, le quatrième lamineur est placé derrière le dégrossisseur de 10 pouces, et l'un des crocheteurs fait les fonctions de rattrapeur au train en coquille.

551. Cannelures ovales. — Les cannelures ovales favorisent l'élimination des scories, accélèrent le laminage en permettant de diminuer

CIIAP. 11. — FERS MARCHANDS.

le nombre des passes, et établissent des distinctions entre les divers échantillons. Tous ces résultats étant avantageux pour la fabrication des petits fers, on fait un usage très-fréquent des cannelures ovales dans les laminoirs qui font l'objet de cet article. Il y a même des usines où Ton emploie des cannelures ovales dans tous les trains à fers ronds, carrés et plats, mais ces exemples ne doivent pas être imités, parce que les cannelures ovales, dans les cylindres à gros fers, opèrent des pressions trop fortes, occasionnent la rupture des trains et peuvent donner des fers à bavures.

Le tracé des cannelures ovales se fait par tâtonnement. Supposons, par exemple, qu'il s'agisse d'une cannelure ovale servant à dégrossir pour une cannelure ronde donnée. On décrira d'abord le cercle qui sert de base au tracé de la cannelure ronde. Sur les | du diamètre de ce cercle comme diamètre, on décrira le cercle abcd, pl. H, fig. H, on mènera les diamètres perpendiculaires ab et cd, on partagera le diamètre cd en trois parties égales et on mènera les cordes gh et il parallèles au diamètre «6 : les arcs gch et idl donneront la cannelure ovale cherchée. Ensuite on examinera par le fait, c'est-à-dire, en travaillant, si la cannelure satisfait aux conditions voulues. Si les barres qu'on obtient sont défectueuses, on devra mettre de nouveau les cylindres sur le tour et chercher à corriger la cannelure, d'après la nature du défaut trouvé.

S52. Guides. — A la sortie des cylindres se trouvent des guides en fer qui s'engagent dans les cannelures du cylindre inférieur. Il y a également des guides d'entrée pour diriger le fer dans les cannelures dont on veut se servir. La forme intérieure du guide d'entrée est, pour chaque cannelure, en tout semblable à celle de la cannelure d'oîi le fer vient de sortir, et l'on n'y ménage qu'un jeu de quelques millimètres.

Le guide d'entrée pour chaque cannelure se compose de deux pièces qui, par leur réunion, présentent la forme de la barre à laminer et qui sont munies de deux talons par lesquels on les assujettit dans une boîte enfer. La fig. 15, pl. H, donne les détails de l'une des pièces d'un guide pour fer ovale. L'autre pièce est exactement semblable à celle-ci. Le même guide s'emploie pour fers carrés, en retournant les pièces dont il se compose, de manière à faire correspondre leurs dos, au lieu de les assembler par leurs parties concaves. La boîte a la forme d'un parallélipipède rectangle dont les quatre grands côtés sont des cadres rectangulaires et dont les bases parallèles sont à tenons qui entrent dans les rainures des montants de cages à la manière des sommiers qui, dans les autres équipages de cylindres, servent d'appui au tablier d'entrée et aux guides de sortie. La fig. \k, pl. H, est une esquisse du plan de la

2fl

402 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.

boite dont il s'agit. Après avoir assujetti les pièces du guide par leurs talons dans la boîte, à l'endroit qui correspond à la cannelure dont on veut se servir, on les cale par des coins en fer dans la boîte, puis on met celle-ci dans la position qu'elle doit occuper à l'entrée des cylindres, et, après l'avoir fixée par des cales, on l'ajuste avec soin par des vis de pression horizontales que les montants des cages présentent à cet effet.

SS3. Tournage des cannelures ovales pour ronds rfe S à IS mm. de diamètre, d'après M. Henvaux. — La réussite des petits ronds de à IS mm. dépend de la précision des cannelures ovales correspondantes. On tourne et on répare les cylindres portant ces cannelures par des tâtonnements en les essayant et en les retouchant jusqu'à l'obtention des ronds convenables. Le procédé que nous allons rapporter est proposé dans le but de dispenser de ces tâtonnements. On prend des burins ronds dont les diamètres sont en rapport avec les ronds à produire. Les diamètres des ronds étant : S — 6 — 7 — 8 — 9 — 10 — H — 12 — 13 —(14 — lS)mm., les diamètres des burins seront respectivement : 11 — 12 — 12 — 13 — IS — 13 — 17 — 18 — 19 et 20 mm. Pour obtenir les cannelures ovales au moyen de ces burins ronds, on les enfonce dans les cylindres jusqu'à ce que l'on ait des segments dont les cordes forment les longs côtés des cannelures ovales et les flèches la moitié des petits côtés, en comptant qu'il y a un millim. d'intervalle entre deux cylindres superposés. Voici le détail de l'opération pour chaque burin :

1° Burin de 20 millim. de diamètre. — On l'enfonce dans les deux cylindres pour avoir le segment dont la corde est de 18 mm. La flèche de ce segment étant de 6 mm. et les deux cylindres étant écartés l'un de l'autre de 1 millim., on obtient la cannelure ovale de 18 millim., sur 13, servant à préparer le fer au passage dans les cannelures rondes de 14- et de 15 millim. Il y a par conséquent 3 ou ^ millim. de pression sur le long côté de l'ovale, et 1 ou 2 millim. de jour ou d'entrée sur le petit côté.

2° Burin de 19 millim. — On l'enfonce jusqu'à la corde de 17 millim. Flèche b 1/2 millim. D'où, en ajoutant l'intervalle entre les deux cylindres, l'ovale 17 millim. sur 12, précédant la cannelure ronde de 13 milhm.

3° Burin de 18 millim. — Corde 16. Flèche S. Cannelure de 16 sur 11 mm.

4.» Burin de 17 mm. — Corde IS. Flèche 4 1/2. Cannelure IS mm. sur 10.

CHAP. II. FERS MARCHANDS

5° Burin de 18 mm. Corde 13. Flèche 4 |. Cannelure 13 sur 9 |.

6° Burin de IS mm. Corde 12. Flèche 3 |. Cannelure 12 sur 8 |.

7° Burin de 13 mm. Corde 11. Flèche 3 |. Cannelure 11 sur 7 |.

8° Burin de 12 mm. Corde 10. Flèche 2 |. Cannelure 10 sur 6 {.

9° Burin de 12 mm. Corde 9. Flèche 2 ^. Cannelure 9 sur S |. 10° Burin de 11 mm. Corde 8. Flèche 1 |. Cannelure 8 sur 4 |.

Comme les cylindres pour ronds et pour carrés ne s'emboîtent pas à la manière des cylindres pour fers plats, on les maintient ordinairement par des vis de côté, qui ne peuvent être assujetties invariablement. De là résultent des ronds à côtes et des carrés à barbes. Pour obvier à cette cause de rebuts, il suffit de faire une cannelure plate aux extrémités du cylindre supérieur et de fixer au cylindre inférieur des collets en acier servant à emboîter l'autre. Aujourd'hui on emploie des vis de rappel dans le même but.

Pour trouver le tirage des cannelures ovales, on part du diamètre moyen de chacune de ces cannelures qu'on prend égal à la demi-somme des diagonales. Lorsque ce diamètre est de S à 12 millimètres, le rond correspondant doit avoir un diamètre plus petit de 1,5 mm.; de 12 à 20 mm., cette différence est de 2 mm., et au-dessus de 20 mm., on ne se sert plus d'ovales, mais seulement de ronds. Avant d'employer l'ovale, on passe dans un carré de 1 mm. plus gros que le rond qu'il s'agit de faire avec l'ovale.

A Couillet, la plus grande cannelure elliptique du train en coquille reçoit S"»"- de plus en largeur et l"""" de moins en hauteur que le diamètre de la cannelure ronde de l'équipage finisseur qui y correspond, et la plus petite 1 i/a"""- de plus en largeur et i/2">°>- de moins en hauteur.

Suivant Flachat (Traité de la fabrication du fer, etc., p. 636), le grand côté de l'ovale se fait quelquefois égal au côté du triangle ou à celui du carré inscrit dans le cercle dont les arcs forment la cannelure, et l'on adopte les rapports suivants entre la largeur et la hauteur de l'ovale. Soient L, H et R, la largeur de la cannelure, sa hauteur et le rayon du cercle, on a, pourle triangle inscrit : H==Ret R = L : \/ 3 = L : 1,73; et pour le carré inscrit :R = L:\/2 = L:l,413etH=2R — L.

Je rapporterai plus loin la manière d'employer les cannelures ovales pour la fabrication des fers marchands.

SS4. Fabrication des feuillards dans les principales usines de la Belgique, notamment à Seraing et à Montigny-sur-Sambre. — On distingue : 1° les petits feuillards de moins de 0«',040 de largeur sur 0"',002 d'épaisseur; 2° les larges feuillards de 0™, 040 à 0", 150 de largeur sur 0'»,002 à O^jOOS d'épaisseur : à Seraing, les feuillards moins larges

404 SECTION III. nÉCIUUFFAGE, COUnOYAGE ET FINISSAGE.

que 0">,0S0 se fabriquent au petit train, ceux de 0'",050 à 0",08S au

train moyen et ceux d'une plus grande largeur au gros train : il ne sera

question ici que de la fabrication au petit train ; 3° les feuillards

spéciaux aussi appelés façon battu, feuillards bombés.

On nomme petits plats les fers qui ont au moins O^jOOS d'épaisseur

sur une largeur d'au moins 0%010. On les fabrique au petit train. 558. Petits feuillards. — Fers employés. — On choisit généralement

un fer d'autant meilleur que le feuillard doit être «lus large et plus

mince. On emploie, pour une largeur ordinaire, ' ,

n" 3 ordinaire pour les feuillards de 1,6 à 2'"'" d'épaisseur, n" 3 première qu'alité » 1 à 1,6 »

556. Four à réchauffer. — Un four à réchauffer suffît pour alimenter la fabrication d'un train. Le nombre des charges complètes est en moyenne de 12 à 14 par pause de 12 heures. Ordinairement on procède par demi-charges. On charge par fournée complète de 200 à 400 k. de ragotins, suivant les dimensions des feuillards, ce qui donne par 12 heures une production moyenne de 1500 à 3000 k. de feuillards. Le four doit être construit de manière à produire une chaleur uniforme, plutôt douce que trop forte et à rendre le fer gras, mais non sec. Il doit avoir une voûte basse, un foyer long (parallèlement à l'autel) et un échappement étroit.

557. Train. — Il se compose de deux équipages à trois cylindres et de deux espatards. Des deux équipages à trois cylindres, l'un sert à dégrossir et l'autre à finir. Le dernier espatard est muni d'une boîte à couteaux avec levier. Voir plus loin, § 559.

Vitesse moyenne, 250 tours par minute.

558. Cannelures. — On passe ordinairement sept fois aux dégrossisseurs et cinq fois aux finisseurs. Les cannelures de l'équipage à dégrossir sont carrées, mais légèrement ovales, celles de l'équipage finisseur sont plates.

Les cylindres des deux équipages ont en moyenne 0"',20 à 0"',25, et ceux des autres équipages de 0™,25 à 0'",30 de diamètre. La fig. 1, pl. 44, représente des cylindres finisseurs employés à Couillet pour feuillards de 15 à 25'"'».

Dans le dernier espatard, le cylindre supérieur n'étant pas suspendu, il n'agit que par son propre poids en roulant sur l'autre cylindre.

Les pressions aux espatards sont, en général, d'autant plus fortes que l'on veut gagner davantage en largeur. Au premier espatard la pression est un peu plus forte qu'au second, le feuillard étant plus chaud en y arrivant.

CHAP. II. FERS MARCHANDS

A sa sortie du dernier espatard, le feuillard se meut dans un chenal en fer qui le guide.

559. Rapière, rape ou boîte à couteaux. — Un jeune ouvrier la soulève pour l'introduction du feuillard dans les cylindres en coquille, puis l'abaisse en pressant afin de polir les surfaces du feuillard.

Les fig. 1,2 et 5, pl. 19, représentent cet appareil adapté au premier espatard (à Seraing il n'y en a qu'un) et supposé levé. Échelle i/48. Fig. 1, élévation vue par devant. Fig. 2, plan. Fig. 3, profil.

/, levier coudé servant à lever la rapière jusqu'à ce que le feuillard soit entré dans les guides. — s, support de ce levier. — /', levier droit. — f, fourche pour guider ce levier.

t, tringle en forme de T renversé. Les deux extrémités de la traverse horizontale de cette tringle sont reçues par des rainures verticales pratiquées dans les montants des cages, et à l'état de repos, cette traverse s'appuie et s'applique sur une barre carrée de fer d'environ 1,S pouce de côté logée par ses extrémités dans les mêmes rainures ; cette barre, qui est fixe, est la table de la rapière.

r', couteaux raclants : il y en a deux qui se trouvent reliés entr'eux et à la traverse de t, placée au milieu, par des boulons b'.

b, barre qu'on place à une hauteur déterminée par l'épaisseur du feuillard.

g, guides du feuillard placés dans un cadre à l'entrée des cylindres ; ce cadre est fixé par deux boulons aux colonnes de la cage. Si la rapière était baissée, on ne verrait pas ces parties de l'appareil sur la fig. 1.

560. Cisaille. — Pl. 19, fig. 4. Pour couper les bouts des feuillards, au sortir des cylindres en coquille, un jeune ouvrier soulève la mâchoire supérieure en b, puis elle retombe par le poids a, en coupant le bout engagé. L'assise g est en fonte. La mâchoire d, y est fixée au moyen d'une clavette.

561. Personnel par pause de 12 heures. — Deux chauffeurs, un premier et un deuxième ; deux lamineurs à l'équipage pour dégrossir et deux à l'équipage finisseur : le premier lamineur à l'équipage dégrossisseur remplit aussi les fonctions de premier lamineur à l'espatard ou aux espatards, lorsqu'il y en a deux ; un jeune ouvrier à la rapière pour manœuvrer le levier de la boite à couteaux; un jeune ouvrier pour conduire le feuillard à sa sortie du premier espatard ; deux jeunes ouvriers pour tirer le feuillard du chenal et en couper les extrémités ; un jeune ouvrier à la fois attaché au train et au four : c'est le leveur de portes; un botteleur; un contre-maître qui fait en même temps le service de trois autres trains.

UÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.

Quand une demi-charge est passée, le jeune ouvrier leveur de portes met des ragotins sur la palette du chauffeur, qui les introduit dans le four pour remplacer ceux qu'on vient de retirer, et de cette manière le travail devient pour ainsi dire continu.

362. Produit. — On veut que le feuillard présente une belle couleur bleue, sans taches rouges. Les fers les plus forts sont ceux qui deviennent le moins bleu. Lorsqu'on lamine à une température trop basse ou trop haute, on n'obtient que des lames rouges : la température du finissage qui convient le mieux est le petit blanc ou le rouge cerise. Nous savons déjà (| S48) que la vitesse de l'équipage en coquille exerce une influence, enfin la dureté de l'espatard contribue le plus à la coloration voulue et au glacé du produit. On arrose constamment les cylindres, mais l'arrosage n'influe pas sur la coloration.

565. Prix. — En 1866, le prix de revient de 100 k. de petits feuillards variait, à Montigny-sur-Sambre , de 16 fr. 50 à 20 fr., suivant les dimensions et les qualités. Le prix de vente variait aussi de 22 à 24 fr., suivant les mêmes causes.

564. Larges feuillards. — La fabrication de ces fers se fait comme celle des petits feuillards et par le même personnel. Il n'y a de changé que le train, le chiffre de la production par pause qui est de 5000 à 5500 k., ainsi que la quantité de métal qu'on charge dans le four et qui peut s'élever de 5500 à 6300 k. Prix de revient et de vente un peu inférieurs à ceux des petits feuillards.

565. Feuillards spéciaux. — Façon battu ou feuillards ondulés. — Le principe de cette fabrication consiste à obtenir une bande avec des saillies qui, étant écrasées aux cspatards, donnent des ondulations symétriques sur les deux bords du feuillard.

Dimensions. Leur largeur est presque toujours de 28 mm. et leur épaisseur minima de 1™'",4.

Le fer qu'on emploie est le n" 5 ordinaire.

La cannelure qui imprime les saillies est la dernière de la cage finisseuse. Ces saillies, accouplées deux à deux symétriquement, peuvent se présenter sous différentes formes, comme l'indiquent les cannelures A, B et C, pl. H, fig. 15. Les creux a se trouvent seulement dans le cylindre supérieur ; la cannelure du cylindre inférieur est plane (surface cylindrique). Par conséquent les saillies correspondantes à « se trouvent seulement d'un côté du feuillard.

Le nombre des cannelures est ordinairement de 7 à la cage dégrossisseuse et de 5 à la cage finisseuse.

Les pressions sont ordinairement de l'""',2 au premier espatard et de 1 mm. au deuxième.

CHAP. II. FERS MARCHANDS

566. Exemple. — Pour façon battu de 1"™,S, épaisseur à la cannelure à douilles S-"-",?, au premier espatard 2""»,S, au deuxième l^^.S.

La saillie dépend de l'ondulation plus ou moins marquée qu'on veut donner au feuillard. L'ondulation est d'autant plus accusée que la saillie est plus forte.

567. Remarques. Aux espatards on ne peut guère gagner que 1,3 en largeur, et les pressions y sont d'autant plus fortes que l'on veut gagner plus en largeur.

La cannelure C, pl. H , fig. IS, parait la plus favorable pour un fer de qualité médiocre, car la bosse n'étant pas sur les bords, le feuillard a moins de tendance à se déchirer ou à se criquer.

Les autres conditions (fours, etc.) sont les mêmes que pour les petits feuillards ordinaires. Le prix de revient est aussi le même que pour ces derniers, mais le prix de vente est toujours un peu plus élevé, savoir de 23 à 2S fr.

568. Feuillard gironet. — On donne ce nom à un fer feuillard fabriqué par la société de Chatillon et Commentry et employé en grande quantité en France, principalement dans les environs de Bordeaux, pour cercler les tonneaux à vin. On le vend courbé en anneaux à surface conique et il s'adapte immédiatement au tonneau. On l'obtient de la manière suivante : le feuillard étant laminé et découpé à la longueur convenable, on pourvoit les bouts de trous de rivure (ausgepresten Nietiilôcbern) par la pression, puis on fait passer cinq pièces à la fois et à froid dans un laminoir pourvu de cylindres de 30 lignes de Vienne de diamètre et de 30 à 40 lignes de longueur, en serrant davantage les vis des cylindres d'un côté que de l'autre, de sorte que l'étirage n'a lieu que d'un côté. Derrière les cylindres se trouve un guide concave, qui est courbé en arc d'un cercle de 30 à degrés et au-dessus duquel il y a un rouleau destiné à serrer le feuillard contre le guide. Le feuillard, forcé de suivre le guide à mesure qu'il traverse les cylindres, est courbé par ce dernier en anneaux circulaires auxquels le laminage ou la pression d'un côté seulement fait prendre une forme conique, et qu'il suffît de river chacun par les deux bouts pour achever les cercles de tonneau.

b) FILS DE FER ET d'aCIEB.

569. Avant-propos. — On distingue le fil laminé et le fil étiré à la filière. Une partie du fil laminé est vendue comme tel, le reste est étiré à la filière et une partie du fil étiré est façonnée sur le lieu de production en clous d'épingles.

On a remarqué à l'exposition universelle de 1867, entr'autres beaux échantillons de fils de fer et d'acier, un fil de fer laminé de 1633 pieds

408 SECTION Ul. RÉCHAUFFAGE, COnUOYAGE ET FINISSAGE.

(viennois) de longetdc2,1 lignes de diamètre exposé par MM. R. Johnson et Ncphew, de Manchester, un fd semblable de 1360 pieds de long et de 2,35 lignes de diamètre exposé par Chatillon et Commentry et un fil laminé en acier fondu de 305 pieds de longueur et 1,65 ligne de diamètre exhibé par MM. Petin, Gaudet et Comp., enfin deux échantillons de fil fin pour cardes étirés de fer de Suède, exposés par la tréfilerie française de M. Dcmandrc, et ayant l'un au moins 107000 pieds de long et le diamètre n" 34 de la jauge anglaise, et l'autre, qui était à section triangulaire, au moins une longueur de 27000. pieds et pesant 9,4 livres.

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