RAILS BONS OU A RÉPARER SUR 12 HEURES
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OBSERVATIONS
Le poids d'un paquet est de 287 k.
Le poids des bouts s'obtient en multipliant le nombre des paquets par 40, et colui des défectueux en multipliant le nombre par 210 (poids d'un rail). Le poids total = le nombre des paquets X ?■>'' 230.
678. Fers spéciaux. — Fers à double T. — Méthodes de fabrication.— On consomme aujourd'hui des quantités énormes de fer à double T pour supports de planchers dans les habitations, pour la construction des toitures, des ponts, des véhicules de chemins de fer, et en particulier des navires. Le prix des poutrelles ordinaires est descendu en Belgique à 15 fr. les 100 k.
Pour les gros fers à double T, comme pour d'autres fers façonnés de grandes dimensions, tels que les équerres, les fers en U, etc., dont la fabrication, d'après la méthode ordinaire, exigerait un assortiment dispendieux de cylindres cannelés, on emploie, en partie, des laminoirs universels dans lesquels une paire de cylindres peut suffire pour plusieurs fers de la même forme, mais de dimensions différentes ; nous disons en partie, car la production rapide de la forme finale au moyen des laminoirs universels ne donne pas toujours le même résultat que le passage graduel à cette forme, tel qu'il a lieu dans les laminoirs ordinaires (Daclen,Zeiisc/irï/"« des Vereins deutscher Ingénieurs, année 1866, p. 293).
470 SECTION III. RÉCHAUFFAGE, CORROYAGE ET FINISSAGE.
A l'exposition de Londres de 1862, l'usine de Butterley avait produit une poutrelle en fer à double T de 5 pieds de hauteur. Elle ne fabrique pas ces poutrelles au laminoir. Elle les fait en prenant deux fers à T simples qu'elle soude à la main à une ou plusieurs barres de fer plat, selon la hauteur qu'on veut donner à la poutrelle, d'après un procédé breveté. Cette méthode peut consister dans l'assemblage des fers à simple T et des barres de fer plat au moyen d'une barre laminée au petit train et ayant la forme indiquée pl. 27, fîg. H.
On prend deux fers à simple T que l'on place dans les rainures de cette barre et l'on y ajoute une barre de fer plat plus ou moins large, selon la poutrelle que l'on veut obtenir, puis on les porte dans un feu de forge à la chaleur blanc soudant, on les soude au marteau à main et on les comprime sous un laminoir pour en égaliser toutes les parties.
Quant aux fers à simple T employés, on les fabrique en laminant dans six cannelures des paquets entièrement en corroyé et de la forme, pl. 29, fig. 2 0). L'avantage de cette méthode pour fabriquer les hauts fers à double T, sur les méthodes dont il va être question, consiste en ce qu'elle permet d'obtenir sans difliculté des pièces de grande longueur.
679. Fers à double T qui ont figuré à la dernière exposition de Paris. — A cette exposition, deux sociétés françaises, savoir celle de Chalillon et Commentry et celle de Petin, Gaudet et C% avaient exhibé des fers à double T de \ à 1,1 mètre de hauteur qui étaient sortis tout achevés des cylindres. Une des pièces de la dernière société avait 10 m. de longueur, tandis que la plus grande de l'autre société n'avait qu'une longueur de 4 mètres. Dans cette dernière pièce, les tètes avaient un pied de largeur. L'une et l'autre société emploient une espèce de laminoir universel, composé de deux cylindres horizontaux avec une seule cannelure et deux cylindres verticaux. A Chatillon et Commentry, le train est à mouvement alternatif, et à chaque passage, on rapproche les cylindres par des moyens mécaniques. A l'usine de S' Chomond, appartenant à MM. Petin, Gaudet et C% on suit un procédé analogue, du moins à en juger d'après la description qu'en donnent les journaux (pestr. Zeitschrift, 1867, n» 28, p. 219, et Dingler, 1867, t. 186, p. 117). Dans ce procédé, qu'on dit particulier et breveté, on se sert d'une paire de cylindres horizontaux avec une paire de cylindres verticaux, les quatre cylindres étant disposés de manière à avoir leurs axes dans le même plan vertical ; à chaque passage on resserre les cylindres et au
(•) Le paquet représenté fig. 2, pl. 29, pèse ISO k., et donne un fer à 3" de Om,OI2S d'épaisseur, et pesant M k. par mètre courant. La lame C, a de largeur ; les trois
mises B, ont 0»>,22; m, a 0"»,lbet F, F et lî, ontOmlOde largeur. Toutes ces mises ont Om,02 d'épaisseur.
CIIAP. m. FABRICATION DES RAILS ET DACTRES FEUS PROFILÉS. 471
dernier passage ils forment une cannelure fermée, correspondante au profil à produire.
La difficulté du laminage de ces grosses pièces" consiste moins dans la grande hauteur que dans la formation des tètes, principalement lorsque celles-ci doivent être très-larges. Le fer employé doit être mou et exempt de défauts. Le paquet doit recevoir d'avance une forme et des dimensions appropriées au but proposé, afin que le rapprochement successif des cylindres entr'eux donne finalement le profil tout entier pur et exempt d'arètes (Graete).
Plusieurs de ces grosses pièces exposées étaient en même temps courbées dans le sens de la hauteur sur un rayon d'environ 50 mètres, comme cela est nécessaire pour les supports du pont des grands navires à vapeur.
La société de Chatillon et Commentry a livré du fer à double T de 0'",5 de hauteur, pour la construction d'un dock à Oporto, au prix de 37 fr. les 100 k., et, d'après ce qu'on rapporte, les pièces de l"",! de haut s'obtiendraient à 45 fr. les 100 k.
Dans les laminoirs cannelés ordinaires, sans cylindres verticaux, par exemple dans celui de Hoerde, en Westphalie, on fabrique, avec des cylindres horizontaux à une seule cannelure, des pièces de fer à double T ayant jusqu'à 0",4 de hauteur.
680. Fer à double T de dimensions hors ligne fabriqué à l'usine de Saint-Jacques (Montlnçon), pour les docks de Marseille (1860). — Ce fer, le plus grand qui ait été laminé jusque là, avait O^jS de hauteur, 4"',5 de longueur, et pesait 145 k. par mètre courant.
Les paquets, d'un poids de 770 k., y étaient composés de fer corroyé aa, pl. 28, fig. 9, de fer provenant de fonte mazée bb, et de fer brut ou ébauché ordinaire ce. La barre verticale dans l'intérieur du paquet avait pour objet d'empêcher ce dernier de se déranger.
On a employé, pour le réchauffage des paquets, des fours à deux portes, dont la sole était rectangulaire. L'air chaud après avoir circulé dans l'intérieur, se rendait dans la cheminée par une ouverture latérale placée au niveau de la sole, près de l'une des portes. La flamme, ainsi forcée de descendre pour gagner la cheminée, procurait une chaleur uniforme. Le paquet introduit à l'aide d'une grande spatule, on soulevait celle-ci en la retirant et l'on plaçait en dessous quelques briques, afin de faire circuler l'air chaud sous le paquet et d'en faciliter le défournement.
Pour laminer ces poutres, on a dû monter un train spécial à quatre paires de cylindres de 31 pouces de diamètre et activé par une machine à vapeur jumelée de 500 chevaux de force. Les cylindres faisaient
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60 tours par minute. Chaque paire de cylindres portait deux cannelures, de sorte que le paquet devait passer par huit cannelures, lesquelles sont représentées, pl. "29, fig. 3.
Le paquet était laminé dans les deux premières cannelures, puis reporté au four et passé dans les deux cannelures suivantes. Après un nouveau réchauffage, on laminait au moyen des quatre dernières cannelures ; on se servait pour le laminage de ces grosses pièces de chariots roulant sur des rails parallèles à l'axe du train. De chaque côté de celui-ci, il y avait un chariot mù à l'aide d'engrenages par les ouvriers.
Au sortir des cylindres finisseurs, une extrémité de la poutre était coupée à l'aide d'une scie circulaire; la seconde était coupée à froid et au burin. Si les deux bouts avaient été sciés à la fois, pendant que la barre était chaude, la longueur n'aurait pas été uniforme, et il aurait fallu buriner une extrémité après coup. 11 est arrivé assez souvent que les poutres se criquaient en se refroidissant, ce qui semble avoir tenu à la grande différence d'épaisseur entre l'âme de la poutre et des deux tètes.
Cette fabrication a exigé : houille, 36 hectolitres à 85 kil., ci 4.760 k.; fer, 6100 kil., savoir; fer ébauché ordinaire ou fer brut, 1920 k. ; fer corroyé, 1600 k. ; fer de fonte mazée, 2S80 k. ; total 6100 k.
Ce poids de fer a donné, après les réchauffages, 36"',70 de poutres non affranchies au nombre de 8. Le poids de 1 m. de poutre non affranchie ayant été de 145 k., le poids du fer fini était de 5321 k. Ainsi il a fallu 1146 k. de fer en paquet pour 1000 k. de poutres non affranchies, et 894 k. de houille par tonne de fer fini.