‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 261 sur 295 · IX. X · texte numérisé non relu

IX. X

Homme. 6^.

— 221 J. Hémoi’rhagie arachnoïdienne.

Incarcéré depuis deux mois, sous la prévention de voies de fait envers sa femme. Insomnie , loquacité , manie du vol. Une attaque d’épilepsie.

A l’entrée, physionomie hébétée, réponses lentes, mo-

30p OBSERVATIONS 1)E FOLIE.

nosyllabiques, engourdissement musculaire. Après quelque temps, agitation furieuse, cris, actes de violence, insomnie. Évacuations involontaires. L’engourdissement musculaire augmente. La parole est embarrassée. L’agitation furieuse diminue. Des intervalles de calme s’établissent , pendant lesquels l’intelligence est abolie , et les mouvemens sont lents. La langue est tremblante. L’agitation cesse tout-àfait. Le malade ne peut manger seul. 11 gâte jour et nuit. Un jour, au moment de la visite, le malade tombe du banc sur lequel il est fixé par des liens , la tête portant sur le sol. 11 est sans connaissance. La face est congestionnée ; les paupières sont closes. Le pouls est fort, dur, lent. Mort après quelques minutes.

Encéphale, l.'i05.

Un kyste membraneux occupe, de chaque côté, toute la région supérieure du cerveau, jusqu’à la base du crâne. Chaque kyste est distendu par une quantité considérable de sang noir et liquide , qui jaillit avec force au moment de l’ouverture du kyste. La quantité du sang contenue dans les deux kystes est de cinq cents grammes au moins. Chaque kyste est constitué par une fausse membrane qui double la dure-mère revêtue de son feuillet arachnoïdien , et se replie au pourtour de la ba^e du cerveau , pour doubler l’arachnoïde cérébrale. Cette membrane mince, demi-transparente , adhère lâchement par des filamens celluleux au feuillet arachnoïdien de la dure-mère , et est assez résistante. Quelques brides celluleuses s’étendent au travers de la cavité kystoïde , de la portion qui double la dure-mère , à celle qui double l’arachnoïde cérébrale. Il n’y a pas d’adhérences entre la fausse membrane et l’arachnoïde cérébrale. Il n’y a pas de différences sensibles pour les formes et le degré d’organisation d’un côté à l’autre. Entre les parois du kyste et le feuillet arachnoïdien pariétal , existent des plaques de sang

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coagulé condensé par couches à la manière de ce qui s'observe dans les tumeurs anévrismales. Ces plaques sont larges et épaisses de trois à quatre millimètres , au niveau du rebord inférieurdu kyste gauche, en arrière et au-dessus du pourtour de la tente du cervelet. Des plaques plus petites , plus minces , sont irrégulièrement disséminées , dans le reste de l’étendue de la paroi externe du kyste. Au-dessous de la pseudo-membrane , et au-dessous de ces plaques , l’arachnoïde pariétale , bien que rugueuse et dépolie , existe manifestement , et peut être assez facilement détachée de la dure-mère. L’arachnoïde et la piemère cérébrales , sont comme desséchées et vides de sang. Les circonvolutions semblent affaissées et aplaties. A la base du cerveau, il n’y a aucune trace d’épanchement sanguin ; la face supérieure de la tente du cervelet est aussi dans l’état naturel. On recherche avec soin une ouverture accidentelle , qui ait pu donner passage au sang épanché. On n’en peut trouver aucune. Les sinus sont intacts et contiennent du sang. La surface cérébrale est intacte.' Des adhérences nombreuses de la pie-mère à la couche corticale, déterminent une décortication superficielle. Les circonvolutions offrent , en plusieurs points de leur bord libre , une coloration rouge uniforme , résultat évident d’une imbibition sanguine. La couche corticale est mince et pâle. La substance blanche est très molle. Granulations ventriculaires. Plusieurs épanchemens sanguins pisiformes, dans l’épaisseur de la protubérance cérébrale.

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