‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 10 sur 226 · Le procédé de Heintz · texte numérisé non relu

Le procédé de Heintz

1. Scholz cl Mohr, Lehrb. d. chem. analijl. Tilrirmelhod, 1855, p. 361;

'-2. Magnier de la Source, Conlrib. à l'élude des mélamorph. et du dosage de l'acide urique, Paris, 1875.

3. Esbach, Des procédés de dosage de l’acide urique; procédé gaz-orne^ trique.. Bull, de Thérapeutique, ocl. et nov. 1877.

2» Le procédé de Salkowski ;

3° Le procédé de Fokker ;

De ces procédés, le plus ancien et le plus employé est celui de Heintz. Dans 200 cc. d’urine on verse 1 0 cc. d’acide chlorhydrique et on laisse reposer vingt-quatre heures dans un endroit frais. On fdtre sur un papier desséché à 110 ou 115“ pendant une heure ou deux puis pesé. La fdtration achevée et l’acide urique collecté sur le filtre, on dessèche de nouveau à l’étuve et on pèse. On déduit du poids total le poids primitif du filtre et on a le poids de l’acide urique.

Ce procédé est le plus simple de tous. Il n’existe qu’une seule cause d'erreur, c’est la dissolution d’une certaine quantité d’acide urique dans l’eau employée pour laver le filtre. D’après Heintz 30 cc. d’eau suffiraient pour ce lavage. Dans ces conditions, la quantité d’acide urique entraînée par l’eau serait compensée par le poids de la matière colorante de l’urine restée adhérente au filtre. Si une proportion d’eau plus considérable était nécessaire pour le lavage, Zabelin et Scliwauer ont démontré qu’il faut augmenter le poids obtenu de 0,0045 par 10 cc. d’eau employés au dessus de 30 cc. Toutefois Salkowski n’est pas d’accord avec Heinlz. 11 trouve qu’il passe dans le liquide filtré beaucoup plus d’acide urique que n’en indique cet auteur. En employant la solution d’argent ammoniacal, il a vu que la quantité d’acide urique décelée, dans l’urine filtrée, par la précipitation à l’aide du sel d’argent est de 0,03 par 100 cc. Cette quantité peut môme s’élever cà 0,044, 0,050 et même 0,070.

D’autre part l’acide chlorhydrique dissout une certaine proportion d’acide urique. Magnier de la Source a vérifié le fait de la manière suivante. — Une solution d’urate de potasse renfermant 0,220 d’acide urique pour 500 cc. d’eau est divisée eii5 parties égales.

A la première on ajoute Icc. d’acide chlorhydrique. Au bout de vingt-quatre heures, on recueille 0,0392 d’acide urique.

La seconde reçoit 2 cc. d’acide chlorhydrique. — Elle donne 0,0370 d’acide urique.

Le troisième reçoit 3 cc. d’acide chlorhydrique. — Elle donne 0,0350 d’acide urique.

La quatrième reçoit 4 cc. d’acide chlorhydrique. — Elle donne 0,0327 d’acide urique.

La cinquième reçoit 5 cc. d’acide chlorhydrique. — Elle donne 0,0322 d’acide urique.

DE L’ACIDE imiOlJE.

On voit par ces cliilTres que plus la quanlilé d’acide chlorhydrique ajoutée est considérable plus la quantité d’acide urique qui demeure en solution est grande.

Nousavons fait l’expérience suivante; 4-00 cc. d’urine sont divisés en quatre parts, et chaque part est additionnée de 5, 10, 15, 20 cc. d’acide chlorhydrique. On laisse reposer pendant vingtquatre heures. On filtre et on pèse par la méthode ordinaire. Or : 100 cc. d’urine traités par 5 cc. d’acide chlorhydrique ont donné 0,086 d’acide urique.

100 cc. d’urine plus 10 cc. d’acide chlorhydrique ont donné 0,084 d’acide urique.

100 cc. d’urine plus 15 cc. d’acide chlorhydrique ont donné 0,084 d’acide urique.

100 cc. d’urine plus 20 cc. d’acide chlorhydrique ont donné 0,080 d’acide urique.

On voit que la proportion d’acide urique recueillie a été d autant plus considérable que la quantité d’acide chlorhydrique ajoutée a été plus faible. La différence a été de G milligr. pour une proportion quadruple d’acide chlorbydrique.

Pour remédier à ces causes d’erreur, Salkowski a imaginé une autre méthode beaucoup plus compliquée. A 250 cc. d urine on ajoute 50 cc. d’une solution ammoniacale de magnésie ainsi composée : sulfate de magnésie cristallisé, 1 partie; chlorhydrate d’ammoniaque, 2 parties; ammoniaque, 6 parties; eau, 8 parties. On filtre et on précipite le filtrat avec une solution de nitrate d argent; nitrate d’argent 3 parties pour 100 parties d’eau. On obtient un précipité floconneux, gélatineux, distinct du chlorure d argent qui se forme dès le début et disparaît par le repos; s il ne disparaissait pas on ajouterait un peu d’ammoniaque. Le liquide s’éclaircit et le dépôt se forme. On prend un peu de ce liquide qu’on porte à l’aide d’une pipette dans un verre a expérience; on ajoute de l’acide chlorhydrique; s’il se forme un trouble du au chlorure d’argent c’est que la quantité d’argent employée était suffisante ; dans le cas contraire, il faut ajouter de 1 ammoniaque et de la solution de nitrate d’argent, et on expérimente a nouveau On filtre et on lave le sel d’argent sur le filtre. Le filtie est assez lavé quand l’eau de lavage ne donne avec 1 acide nitiique aucune trace de trouble.

On place alors le filtre et le dépôt dans nu creuset, et l’on ajoute 200 cc. d’eau. On agite et on fait arriver un courant d acide

suirhydri(iuo. Ou cliauiïe jus(iii’à ébullition, et on ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Ou filtre et on lave à l’eau chaude le dépôt de sulfure d’argent formé sur le filtre. Le fdtrat est clair; on évapore de manière à le réduire à quelques centimètres cubes; on ajoute de l’acide chlorhydrique, et au bout de vingt-quatre heures, on reçoit le dépôt d’acide urique formé sur le filtie pesé; on lave avec de l’eau, de l’alcool et finalement avec 1 alcool absolu. Au poids trouvé, il faut ajouter 0^'’,048 par 10 cc. d eau de lavage employée.

Le procédé de Fohker* repose sur le peu de solubilité de l’urate d’ammoniaque. 200 cc. d’urine sont alcalinises avec une solution fortement alcaline de carbonate de soude. Une heure après, on ajoute 20 cc. d’une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque, et on laisse reposer à une basse température pendant quarante-huit heures. On filtre sur un filtre pesé; on lave deux à trois fois. On verse sur le filtre de l’acide chlorhydrique étendu au dixième jusqu’à ce que tout l’iirate d ammoniaque soit transfoi mé en acide urique.

Au bout de six heures, on lave l’acide urique avec de 1 eau puis avec de l’alcool; on dessèche à 110“ et on pèse, en ayant soin d’ajouter au poids d’acide urique obtenu 0b'',03.

Ces procédés sont beaucoup plus longs que la méthode de Ileintz et ne mettent pas davantage à l’abri des causes d erreur. La méthode de Sallcowslci. de l’aveu même de l’auteur, est lente, pénible, peu praticable. Elle expose à de nombreuses erreurs,

■ car il peut y avoir perle d’acide urique, soit par formation d urate de magnésie, surtout dans les urines chargées, soit pai faible réduction du dépôt d’argent, soit enfin par combinaison de l’acide urique avec le soufre, si l’on prolonge le courant d’hydrogène sulfuré. On peut se demander de quelle utilité peut être un procédé aussi compliqué et qui expose à tant de causes d erreur.

Pour simplifier la détermination quantitative de l’acide urique nous nous sommes demandé si l’on ne pourrait pas utiliser les tubes que M. Joulie emploie pour la détermination quantitative de 1 acide phosphorique. On sait en quoi consiste ce procédé : ces tubes évasés à leur orifice vont en se rétrécissant à leur partie fermee. Ces tubes sont, à leur extrémité fermée, gradués de telle sorte que chacun des degrés correspond à une quantité déterminée d acide

Page 1