C. Congestion pulmonaire
Pour faire à la congestion pulmonaire goutteuse la part qui lui levient en propre, il convient de rappeler que les goutteux, sont l exposés à des manifestations pulmonaires de nature congestive de causes diverses. Nous avons signalé l’embolie pulmonaire i provenanL d’une phlébite des membres inférieurs, avec ses ci‘achements de sang, sa dyspnée et ses symptômes caractéristiques.
1 11 faut encore indiquer des congestions passives d’origine carj diaque, dont les lésions du cœur décrites plus haut suffisent à ^expliquer la production. D’autre part, la néphrite interstitielle peut piovoquer, chez les goutteux comme chez les autres hrighti-
3“20 TUAITÉ TllÉOKIOUE ET PRATIQUE UE LA GOUTTE.
([lies, des .‘iccidents de congestion et d’cRdcme pulmonaire, caractéi'isés pai' une e.\pectoration sanguinolente, une dyspnée parfois lormidalde, des rides ronnanls, muqueux, sous-crépitants, localisés ou généralisés. Eutin, comme nous le verrons plus loin, la tuberculose peut se grelfer sur un organisme goutteux, et déterminer dès lors des congestions locales qui ne sont que l’expression d’une poussée de granulations.
Ces causes éliminées, il reste une variété de congestion propre il la goutte, qu’aucune lésion locale, pulmonaire, cardiaque ou rénale, ne peut expliquer et que force est de rapporter à la diathèse urique même. Ces congestions surviennent le plus souvent à une époque avancée de la maladie, alors que d’autres manifestations viscérales plus ou moins nombreuses se sont déjà produites, et cela sans cause appréciable. Chez un de nos goutteux, les phénomènes congestifs se produisirent dans le cours d’accidents provoqués par une pyélite calculeuse. Chez un autre, la congestion pulmonaire succéda à d’autres congestions qui s’étaient localisées sur les reins, sur la peau et provoquaient des éruptions d’urticaire. Ou la voit aussi survenii’ à la suite de la disparition d’un eczéma habituel, d’une migraine.
La congestion goutteuse peut être partielle ou générale. Localisée, elle atteint une quelconque des parties du poumon, tantôt les sommets et parfois un seul, tantôt la partie moyenne, dans les régions sous-épineuses. Ce siège qu’affecte volontiers la fluxion goutteuse indique bien qu’il ne s’agit pas là d’une congestion [lassive; nous ne l’avons que rarement observée à la hase de la poitrine. Généralisée , la congestion peut intéresser tout un poumon, et parfois même tous les deux.
Ces phénomènes fluxioniiaires ont une grande tendance à se reproduire, et d’ordinaire les récidives se présentent avec les mêmes caractères. Le siège toutefois peut varier, et nous avons vu ainsi, chez le même malade, la localisation se faire tantôt vers un sommet, tantôt vers la partie moyenne.
La congestion pulmonaire n’étant qu’une manifestation souvent tardive de la goutte viscérale, il ne faut pas s’attendre à trouver du côté des urines les caractères chimiques propres à une crise goutteuse. Les quantités d’urée et d’acide urique sont loin d’être augmentées; le plus souvent même le chiffre est au-dessous du taux moyen. D’autre part, toute élévation de température faisant d’ordinaire défaut, surtout lorsque la fluxion est partielle , les
LA GOUTTE DANS LES OllGANES.
urines ne prennent même pas le caractère des urines fél)riles.
Le début de l’affection, quand elle est partielle et localisée, se fait d’une façon presque latente. Le malade ne se plaint ni d’un point de côté, ni de gène respiratoire. Il n’en est averti parfois que par l’expectoralibn de quelques crachats sanglants. La toux est nulle ou insignifiante.
Il n’en est plus ainsi quand la congestion est plus étendue ou lorsqu’elle est généralisée. Sans douleur fixe, ni point de côté proprement dit, le malade accuse une anxiété respiratoire assez prononcée, une gêne qu’il localise k la partie antérieure de la poitrine. 11 est fatigué par une toux sèche, qui donne lieu bientôt à une expectoration muqueuse, filante, semblable cà une solution de gomme, incolore ou striée de sang, parfois même complètement sanglante.
Les signes physiques sont ceux de toute congestion pulmonaire, de l’obscurité du son cà la percussion des parties engouées, et à l’auscultcation, un affaiblissement du murmure vésiculaire , au milieu duquel on entend bientôt des râles sous-crépitants, lins, rares, discrets, éclatant isolément sous l’oreille. Le docteur ^E. Collin a indiqué, comme signe pathognomonique de la congestion de nature arthritique, un bruit particulier qu’il a cappelé lun foissement, puis un râle, et dont le lieu d’élection serait la I partie externe, moyenne ou inférieure, du poumon. Voici la desicription qu’il en donne : « Ce râle a lieu seulement pendant 1 l’inspiration; on l’entend tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, sou- 'vent des deux côtés à la fois. Perçu, la veille, à droite, il peut . arriver qu’on ne l’entende qu’à gEiucbe le lendemain; il n’est, en -général, ni humide, ni visqueux, mais à bulles égales, plutôt ' sèches qu humides, et semble produit par le déplissement régulier et successif de vésicules rudes et sèches, tandis que l’humidité I n’est que l’exception^». Nous cavouons n’avoir pu faire caucune ■ différence entie les lales de la congestion pulmonaire goutteuse 2t ceux d’une congestion pulmonaire ordinaire.
Il ne se produit de symptômes fébriles que lorsque la fluxion ’St intense et généralisée. lALais si intense qu’elle soit, elle ne )araît pas susceptible d’aboutir à une pneumonie. La durée est ‘ourte, quand la congestion est généralisée ; elle cède et disparait
1. Collin, f)u, dmjnoslic de la congestion pulmonaire de nature arthritique •t de son traitement, 1877. ‘
LECORCIIÉ, Goutte.
en quelques jours ou entraîne rapidement la mort du malade. Quand elle est partielle, elle a une tendance à s’éterniser dans les parties qu’elle occupe primitivement sans se modifier d’ailleurs, ou à se porter vers d’autres points en conservant les mêmes caractères. Fixée ainsi dans certaines régions des poumons, elle pourrait faire croire à l’existence de tubercules pulmonaires. Mais la persistance des signes physiques pendant des mois, sous la même forme, avec les mêmes caractères, sans modification appréciable, sans apparition des signes d’induration ou de ramollissement, doit faire rejeter l’idée de la tuberculose.
Huchard a communiqué au congrès de l’association française pour l’avancement des sciences de 1883, un travail sur les congestions pulmonaires chez les arthritiques, dans lequel il admet que des hémoptysies répétées et remarquables par leur abondance peuvent être le résultat de ces congestions, sans qu’il y ait aucune trace de tuberculose pulmonaire. 11 rapporte des observations de malades atteints de ces hémoptysies qui ont pu être suivis pendant vingt et trente ans sans qu’aucune lésion tuberculeuse se développât. Un do ces malades, âgé aujourd’hui de cinquante-sept ans, est sujet, depuis l’âge de vingt ans, à des hémoptysies survenant brusquement, pliis fréquemment le soir et ayant affecté à un moment donné une certaine périodicité. Ce malade jouit d’une e.xcelleiite sauté et n’a aucun signe de tuberculose, il est d’origine goutteuse, mais ne présente lui-même que des nodosités d’IIeberden. Un autre fait est le cas d’une femme de cimiuante-deux ans, qui, ayant eu, il y a vingt-huit ans, une hémoptysie très abondante, fut regardée parBarth, Amiral, Gcndrin, comme atteinte de phtisie pulmonaire. Née de parents goutteux, celte femme a eu depuis de nombreuses hémoptysies, sans aucun indice de tuberculose.
Nous nous contenterons de signaler ici ces faits; nous aurons à y revenir à propos des rapports de la goutte et de la tuberculose ; mais on peut dès à présent objecter â M. Huchard que, si la tuberculose ne s’est pas développée chez ces malades au point de donneilieu à des signes physiques appréciables, rien ne prouve qu’il n’existât pas de granulations dans les poumons au moment des poussées hémoptoïques.
LA GOUTTE DANS LES ORGANES
OiiS. LXIX. — Goutte héréditaire. — Catarrhe hronchique.
Congestion pulmonaire amenant la mort.
Mme X..., âgée do soixante-seize ans.
Trois générations do goutteux dans sa famille. Père, grand-père, arrière-grand-père.
Mère morte de bronchite. Père mort de goutte remontée.
Accès de goutte au pied gauche, qui se sont reproduits à plusieurs reprises.
Sable dans l’urine.
Fréquentes attaques de bronchite de longue durée (trois mois), caractérisées par des quintes très fatigantes, surtout au printemps.
Fréquentes éruptions ortiées.
Sueurs faciles et abondantes.
Dyspepsie avec renvois, aigreurs, cédant aux alcalins.
Dans les derniers temps de son existence, congestions multiples du cerveau, des reins, du poumon.
Morte de congestion pulmonaire.
Obs. LXX. — Congestion imlmonaire double suivie d'attaque de goutte articulaire.
X..., âgé de trente-sept ans. Pas de goutte chez les ascendants. Gros mangeiu-. Urines chargées, contenant habituellement de l’acide urique en excès. Eczéma des bourses.
En 1879, congestion pulmonaire double, à début brusque, avecdyspnée intense, crachats sanglants, râles sous-crépitants abondants.
En 1880, â la suite d’une position vicieuse du pied longtemps pro- 1 longée, première attac[ue de goutte au pied gauche. Un mois d’im- : potence. En 1881, à l’automne, nouvel accès au même pied.
Obs. LXXl. — Congestion pulmonaire pendant l'accès de goutte articulaire.
X..., âgé de quarante-neuf ans. Deux pneumonies en 1871. Bien ■portant en dehors de ces deux maladies. En décembre 1878, accès de goutte au gros orteil gauche ; deux jours après, extension au pied droit et au cou-de-pied.
Actuellement, janvier 1879, atlaciue de goutte au gros orteil droit, suivie d’une phlébite des veines du mollet,'avec état congestif du pou- ;:non gauche caractérisé par des crachats sanglants et des râles sous- ’-répiiants, pendant cinq à six jours, le tout cédant â l’emploi de la ' einlure de colchique.
D. Pneumonie goutteuse.
Les anciens admettaient
couramment la péripneumonie goût-
m- TlUITÉ TIIÉOUIQUE ET l'ItATlQUE DE LA LOUTTE.
teuse. Mais les anciens décrivaient comme de nature goutteuse toutes les manifestations pathologiques, quelles qu’elles fussent, qui se développaient chez un sujet atteint de goutte. Il suffit de parcourir le livre de Musgrave {De Arlhritide anomalu) pour s’en convainci'e. Nous ne pouvons raisonner ainsi. Il est évident ([ue des maladies intercurrentes peuvent se produire chez les goutteux sans que la goutte doive être incriminée. La pneumonie est une de ces maladies. En pareil cas, elle ne peut être qualifiée de goutteuse. Mais quand on voit dans le cours d’une attaque de goutte articulaire, les symptômes du côté des jointures disparaître brusquement pour faire place aux signes classiques d’une pneumonie franche, ou réciproquement, lorsque, dans d’autres cas, on voit une crise articulaire habituelle être remplacée à l’époque où elle survenait d’ordinaire, printemps ou automne, par une poussée pneumonique, il est bien difficile de ne pas considérer la pneumonie comme une manifestation directe de la goutte. Ce sont là des faits que nous avons pu observer à plusieurs reprises, et c’est en nous fondant sur ces observations que nous n’hésitons pas à décrire une pneumonie goutteuse.
En dehors d’ailleurs de ces conditions particulières de développement, cette pneumonie ne nous paraît pas différer essentiellement de la pneumonie franche. Nous l’avons constatée, tantôt dans le cours de la goutte articulaire, tantôt dans le cours de la goutte viscérale.
Elle apparaît le plus souvent sans cause appréciable; d’autres fois un état d’affaiblissement général, de surmenage, semble en favoriser le développement. Elle constitue parfois la première manifestation viscérale de la goutte.
Les symptômes pulmonaires peuvent êtreprécédés par uneattaque de goutte articulaire ; dans ces cas, au moment où éclate la pneumonie, on voit d’ordinaire s’atténuer et se dissiper tous les signes de l’arthrite goutteuse, et cela dans l’espace de quelques heures.
Un état de malaise général annonce la localisation pulmonaire ; mais on ne constate pas, comme dans la pneumonie vulgaire, uii frisson violent au début. Les frissons sont multiples, répétés, et peu intenses. De même le point de côté est peu marqué. L expectoration diffère peu des crachats pneumoniques ordinaii'cs ; elle est visqueuse et sanguinolente; toutelois le sang nous a paru moins intimement mélangé au mucus bronchique ; les crachats sont plutôt sanglants que rouillés.
LA GOUTTE DANS LES OHGANES
L’inflainmatioii occupe (an tôt le lobe supérieur, tantôt la partie inl'érieure des poumons. Los signes physiques sont les mêmes que ceux de la pneumonie lobaire aiguë; submatité, râles crépitants eu bouffées, souflle tubaire et broncbopbonie.
La pneumonie goutteuse provoque cependant une réaction générale moins vive que la pneumonie fibrineuse franche. La fièvre y est moins intense ; la température s’y maintient à un taux modéré, aussi bien que le pouls.
Quand la maladie parcourt son évolution complète, la durée est la même que celle de la pneumonie ordinaire. Mais dans certains cas, cette évolution est abrégée par l’apparition d’une poussée sur une ou plusieurs jointures. On voit alors disparaître en quelques heures tous les signes locaux de rinnammation pulmonaire; la respiration redevient à peu près normale, couverte seulement par des râles sous-crépilanls; l’expectoration cesse d’être sanguinolente : et reprend le caractère muqueux, etc. L’attaque de goutte quitte le poumon pour évoluer dès lors sous la forme articulaire.
Dans l’observation que nous rapportons ci-après, la crise gout- ■ teuse débute par une douleur dans le pied ; puis brusquement, les •symptômes articulaires font place à tous les signes d’une pneumonie; celte pneumonie persiste pendant cinq jours, et le ciniquiènie jour, les signes pulmonaires disparaissent à leur tour pour Maire place à une nouvelle poussée articulaire, qui envahit rapi- (dement toutes les articulations du pied droit et la bourse olécra- I 11 ien ne gauche.
Dans un cas communiqué par Brissaud à la Société anatomique ,1883), la pneumonie se produisit dans des conditions différentes,
: mais non moins remarquables. Un homme, goutteux depuis de ' longues années et présentant des tophus multiples, avait chaque année deux attaques de goutte à époques régulières. A deux lepiises, les crises articulaires furent remplacées par une pneumonie. A la troisième reprise, le malade succomba à l’extension • et à la gravité des accidents pneumoniques.
Ob.s. LXXII. — Goutte héréditaire. Accès multiples.
Pneumonie goutteuse.
S..., âgé lie quarante-deux ans. Fort, vigoureux, assez gros man- ■geur.
Dès I âge de vingt ans, troubles gastriques divers (crampes d’estomac, borborygmes, renvois, ballonnements de ventre, vertiges, lus tard, eczéma à l’anus, qui depuis lors a toujours persisté avec
deux ou trois exacerbations chaque année, hémorrhoïdes. Eczéma des oreiRcs. Céphalalgie, fréquente avec parfois sensation de vide.
Son père est goutteux, un de ses oncles a eu la jiierre; un de ses cousins présente tous les symptômes d’une goutte anormale.
La première attaque apparut en 1872 au pied gauche, d abord a
l’orteil, puis à la cheville. m .
Ce n’est qu’à une attaque ultérieure que le pied droit fut pris, llus
tard les attaques se montrèrent aux mains. „ r ,
Cette première attaque le retint trois semaines au lit. Il fut ensuite un mois sans pouvoir mettre de chaussures. r • .
Depuis lors, chaque année accès de goutte, d’une duree parfois 1res courte, quelques jours. Les genoux ont été parfois le siège de 1 at-
En 1878, apres quelques jours de malaise, des douleurs dans le pied gauche, le malade est pris, dans la nuit du 5 au 6 avril, de frissons fréquemment répétés et d’une douleur intense dans 1 épaulé droite.
11 constate une notable diiiiinution de sa douleur du pied Le h, crachats rouillés, souffle à droite et en arrière, peu de fievre; 96 pu sat.
Le 8, Tétat est meilleur; on ne trouve plus de crachats rouilles; souffle 'moins intense; râles sous-crépitants ; 84 puisât.
Le 9, le iiied droit est pris. U y n de la tuméfaction, portant sur les articulations tihio-tarsicnne , médio-tarsienne et tarso-métatar-
sienne.
Le souffle a presque complètement disparu. . • ,
Dans la nuit du 9 au 10, la douleur du pied est 1res le
malade ne ferme Tœil ([u’à cinq heures. — L’olecrane gauche est egalement pris.
Le 10, urine très sédimenteuse.
Constipation, langue sahurrale. > i i;„„ûnv
Crachats muqueux, râles de hronchite. L’attaque cede a la liqueui Laville. Depuis cette époque, les attaques de goutte sont devenues plus fréquentes, mais insigniriantes, de peu de duree, et peu intenses.
‘ En août 1881, attaque^plus sérieuse provoquée par un séjour a Foi’o-es; huit jours de lit, un mois de sensibilité. Clieyille droite.
' Depuis lors, tous les mois environ, chevilles ou poignets ou doi^ pris pendant cinq ou six jours, pouvant écrire et marcher ^ En février, écoulement uréthral sans cause appréciable, d un mois de durée, et survenant avec la disparition de la douleur portant sur
’V”r’suite^dTÏes attaques se sont montrées
des doio-ts, déformations qui n’ont pas ete precedees de douleurs vives, qui se sont montrées d’une façon presque latente, a excep on toutefois d’une déformation assez prononcée, portant sur le mej gauche au niveau de l’articulation de la première a la deuxiem phalange. La douleur fut â ce niveau sensible pendant deux jou
^”ce diigr'lst, en outre, presque ankylosé au niveau de son articulation métacarpo-phalangienne. Le médius de la main droite poite
LA GOUTTE DANS LES OIIGANES. 3“27
■également une déformation unilatérale au niveau de la môme jointure.
Le médius de la main gauche reste rouge bleuâtre, sensible à la pression.
Tout le bras est, du reste, douloureux, et il souffre quand il veut llécbir le doigt.
De temps à autre digestions pénibles; angine granuleuse.
Crampes dans les pieds elles mains, fréquentes et sans cause.
Obs. LX.Xlll. — Pneumonie goutteuse.
Mme X..., âgée de soixante-quinze ans. Pas de goutte dans la famille. Attaques frequentes de goutte dans les deux gros orteils depuis une quinzaine d’années, précédées de douleurs dans les reins avec sables dans les urines, sans coliques néphrétiques proprement dites. Douleur dans les doigts des mains avec déformation.
Le 19 janvier 1884, attaque de goutte aux deux gros orteils. Le 20, point de côté à droite avec frisson violent et vomissements. Le jour même, la douleur et le gonflement des orteils disparaissent.
Le 21, nous constatons de la submatité dans l’aisselle droite avec diminution de la respiration à ce niveau. Toux sans expectoration.
Le 22, les signes sont les mêmes, fièvre vive, oppression.
Le 23, boulfées de râles crépitants fins dans l’aisselle droite avec respiration soufflante. Toux sèche, sans expectoration. Pouls à 120. T. A. 39.
Le 24, les douleurs reparaissent à l’orteil gauche; les symptômes pulmonaires sont les mêmes ; souffle bronchique au sommet de l’aisselle, râles crépitants plus bas. Eau de Vichy, teinture de colchique.
26. — Sueurs abondantes ; la malade se sent mieux ; la douleur de l’orteil gauche est moins vive ; la toux persiste, toujours sans crachats.
— Il n’y n plus de fièvre, pouls à 100; sueurs abondantes. On n’entend plus de souffle dans l’aisselle, mais seulement des râles sous-crépilants dans la base droite. Toujours un peu d’endolorissement de l’orteil.