I.A (iÜUTTE DANS I.ES ODGANES
I.e malade, qui vit très largement, est excessivement actif. 11 n’a jamais eu de gravelle, et la quantité de rurinc est normale.
Attaques épileptiformes. — Il est impossible de se refuser à admettre, avec certains auteurs, la possibilité d’attaques épileptiques liées directement cà l’uricémie. 11 n’existe d’abord aucune raison sérieuse de nier que la cause intime dé la goutte puisse produire ce que déterminent sans contestation le saturnisme, l’alcoolisme et les autres intoxications qu’on appelle l’urémie ou la cholémie. Et quand le fait est démontré par des observations aussi nettes et aussi probantes que celles de Garrod et de Lyncb, c’est faire preuve d’un scepticisme sans critique que de se renfermer dans une négation dénuée d’arguments. Il ne s’agit évidemment pas de la maladie épileptique vraie, du morbus sacer, maladie de développement propre à l’adolescence, personne n’a avancé semblable assertion, mais d’accidents convulsifs passagers, simulant l’épilepsie, analogues aux attaques éclamptiques observées dans les intoxications dont nous venons de parler. Comprise dans ces termes,
: l’épilepsie, ou, si l’on veut, l’éclampsie goutteuse est indéniable.
Comme la plupart des manifestations goutteuses cérébrales, les attaques épileptiformes appartiennent à une goutte déjà avancée,
• ou du moins n’apparaissent que chez des goutteux déjà âgés. Elles 'Se comportent d’ailleurs comme les autres localisations viscérales
■ de la goutte. Elles peuvent être le premier symptôme apparent de lia diathèse, c’est-à-dire se produire chez des sujets qui n’ont
■ encore eu aucune crise articulaire. On comprend, en pareil cas,
1 la difficulté de rapporter de semblables attaques à la véritable cause,
qui n est révélée que le jour où ces attaques cessent pour faire place à un accès de goutte à l’orteil. Van Swielen avait rapporté ^ un cas où des accès épileptiques cessèrent aussitôt après l’apparition de la goutte régulière. Garrod cite aussi l’observation d’un vieillard qui avait éprouvé plusieurs attaques épileptiformes, et la nature de ces symptômes n’avait pas été soupçonnée, quand survint un accès de goutte articulaire qui mit fin à l’épilepsie. Garrod I donne pourtant un détail qui aurait pu et qui devra, en pareil cas,
I mettre sur la voie du diagnostic. Des ventouses scarifiées appliquées aux tempes à l’époque où existaient les accidents cérébraux, avaient lourni un sang qui, ayant été examiné, se trouva renfermer une forte iiroportion d’acide urique.
Dans d autres cas, les attaques épileptiformes se produisent
cliez des sujets goulleux depuis de longues années, et elles semblent alors remplacer la crise articulaire. 11 en était ainsi dans l’observation suivante de Garrod ; les accès épileptiques cessèrent pour faire place de nouveau à des attaques articulaires.
Il s’agit d’un homme de soixante-huit ans, qui, pendant près de vingt-huit ans, avait souffert de la goutte régulière. Il survint une attaque d’épilepsie d’assez longue durée, et six semaines après un nouvel accès du même genre. Pendant les dix-huit mois qui suivirent, il n’y eut pas de nouvelles crises nerveuses, mais la goutte articulaire régulière qui avait disparu avant le début des accidents cérébraux, se manifesta de nouveau de temps en temps.
Ces convulsions, d’ordinaire généralisées, peuvent revêtir la forme hémiplégique, et être suivies d’un léger degré de paralysie passagère du côté convulsé. Lynch, dans son remarquable travail ' sur les métastases cérébrales de la goutte, et Todd, dans ses leçons cliniques sur l’hémiplégie épileptique, rapportent un cas de ce genre.
« J’ai vu, dit Todd, un malade de mon ami Lynch, deSudbury, sujet à des attaques épileptiques qui ont suivi immédiatement la cessation de fréquents accès périodiques de goutte auxquels il était exposé depuis de longues années. La première crise épileptique / eut lieu en avril 1853, et depuis cette époque, les crises se repro- : duisent à intervalles de dix ou quatorze jours à six semaines. D’or- | dinaire l’attaque s’annonce par un léger étourdissement, et une sen- C sation de malaise stomacal; il tombe| alors sans connaissance, les | muscles de la bouche, du bras et de la jambe droite s’agitant | spasmodiquement. La crise dure deux à trois minutes, parlois un peu plus longtemps, et laisse le malade avec une paralysie temporaire du côté droit, marquée surtout à la jambe, paralysie qui disparaît au bout de quinze à vingt minutes. Le lendemain, il semble parfaitement bien portant. Dans ce cas,ily avait une petite quantité de sucre dans l’urine. — J’ai été inlormé que ce malade avait eu dernièrement des attaques moins sévères, et ([ue la paralysie est moins- marquée et sans tendance à l’extension, comme cela est habituel L »
3° Forme apoplectique. — « La lésion du cerveau qui, cause I l’apoplexie goutteuse, dit Barthez, est produite, soit secondaire-
I. Lynch, On the metaslasis of distased action to tlie hrain in goût. — j Dublin quatevly Journal, 1856, p. 276. — lodd, Clinical lectures, 2' édit., j 1861, p. 787.