‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 114 sur 226 · X..., âgé de trente-huit ans, père goutteux · texte numérisé non relu

X..., âgé de trente-huit ans, père goutteux

A la suite d’uu voyage en Italie, lièvre, lientérie.

En 1878, première attaque de goutte; orteil droit; durée de cinq à six jours, comme douleur vive ; de six semaines, comme sensibililé et enduro.

Cure à Coutrexéville.

Dieu en 1879 et 1880.

En 1881, en mai, douleur intense à la nuque, surtout la nuit, qui dura plusieurs mois, et se dissipa peu à peu à la suite d’une cure faite à Uoyat.

En 188“2, attacpie en août à Vorteil gauche, puis cessation de la douleur de l’orteil, réapparition de la douleur à la nuque; elle ne s étend pas au l'acbis, lui donne une sensation de raideur du cou, comme s il avait un torticolis; parait s’exaspérer après l’ingestion des aliments; sensibilité de la nuque à la pression.

Sommeil assez bon.

Depuis quelques jours, il ressent aux pieds une douleur fugace, sau- ^ tant d’uu pied à l’autre, qui lui fait pressentir une attaque qui peutêtre enlèvera sa céphalalgie.

Digestion laborieuse, café réussit un jour, et pas l’autre. ^ <

Symptômes de catarrhe gastro-intestinal ; alternative de diarrhée cl de constipation.

llallonuement du ventre.

Pas de palpitations. — Intermittences cardiaques.

Nous conseillons Vittel. '

D. — Goutte lombaire

La goulle ne porte pas seulement sur la partie cervicale du rachis; nous l’avons vue se manifester aussi sur la partie lombaire

[,A GOUTTE DANS UES ORGANES. 3i9

ou plutôt sur la région sacrée. Il nous a été donné de rencontrer plusieurs malades présentant cette localisation.

On pourrait en décrire deux variétés très distinctes: l’une imisculaire, l’autre articulaire. La goutte musculaire n’est autre que le lumbago; nous aurons à la signaler à propos des myalgies; c’est de la goutte articulaire dont nous voulons actuellement’ parler. Ce qui nous engage à en placer ici la description, c’est que la moelle peut-être, mais sûrement les dernières paires rachidiennes, les nerfs lombaires et sacrés, nous paraissent dans certains cas plus ou moins intéressés dans cette localisation.

Les malades qui sont atteints de la goutte lombaire se plaignent d’une douleur fixe ayant pour siège principal les articulations sacro-iliaques. Les mouvements sont difficiles ou impossibles.

Lorsqu’ils peuvent marcher, ces malades s’avancent courbés en deux et sont obligés de se soutenir avec des cannes ou des béquilles. 11 leur est très difficile de passer de la station assise ou couchée k la station verticale. Dans certains cas, la marche est impossible. Parfois même, ils ne supportent que péniblement le séjour au lit et sont obligés dépasser une partie de leur temps sur un fauteuil.

Cette douleur peut être localisée à une seule des articulations •sacro-iliaques; le plus souvent, elle les intéresse toutes les deux. Dans certains cas la douleur paraîtavoir plutôt pour siège l’articulation sacro-lombaire.

La pression, au niveau de la jointure prise, est douloureuse et I ou suit parfaitement tout le pourtour de la jointure prise, en faisant naître par la pression la douleur à ce niveau. Le malade, du reste, en indique très bien lui-inêine avec la main la configuration exacte.

Cette douleur, de nature goutteuse, s’accompagne le plussouvent d irradiations s’étendant à la paroi abdominale, vers l’épine iliaque; d’autres fois dans la direction du grand trochanter ou de, la fesse. Aussi, ne serions-nous pas étonné que dans certains cas dégoutté lombaire, les dernières branches iléo-lombaires ou les nerfs sacrés ne fussent plus ou moins intéressés.

Les téguments ne présentent généralement pas, au niveau de I articulation sacro-iliaque prise, la rougeur et la tuméfaction qui I accompagnent toute manifestation articulaire de provenance goutteuse. Nous avons vu cette localisation apparaître concurremment avec d autres manifestations portant sur les mains, les pieds. Elle nous a paru, eu pareil cas, se prolonger plus longtemps. Dans

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d’autres cas, elle a constitué la seule localisation d’une attaqua, chez des malades qid en avaient antérieurement présenté d’autres aux pieds ou aux mains.

Cette localisation goutteuse cède moins facilement à l’action du colchique que les autres manifestations articulaires; le salicylate ' de soude nous a paru impuissant à la dissiper. Nous avons été parfois obligé d’avoir recours, pour en avoirraison, aux pointes de feu.

Voici en raccourci l’une de nos observations. Nous en avons déjà l'elaté une à propos de la goutte simulant une attaque de rhumatisme.

Ods. LXXXI. — Goutte lombaire.

P..., âgé de soixante-quinze ans, ayant été maintes fois atteint de goutte articulaire (orteils et mains) fui pris, en novembre 1882, d’une douleur subite, au niveau de la région sacrée, douleur s’exaspérant la nuit et le mettant dans l’impossibilité de marcher.

Lorsqu’on examine quel est le siège de cette douleur, ou constate aisément que ce sont les articulations sacro-iliaques qui sont intéressées.

L’examen de l’urine nous permet de constater d’énormes proportions d’acide urique de 0,80 à 1,20 par jour. Ce malade en élimine du reste toujours en grande quantité.

L’étal fébrile est nul, et l’on ne constate aucun trouble fonctionnel, malgré l’usage du salicylate de soude, du colchique, la douleur persiste tout le mois de décembre; les vésicatoires appliqués sur la partie malade restent sans clfct. Ce n’est que sous l’influence de trois applications de pointes de feu qu’on vit se dissiper celte douleur.

L’autre observation, que nous ne faisons que rappeler, est intéressante à ce point de vue que la localisation sacro-iliaque limitée au côté droit ne fut qu’une des nombreuses localisations goût- ^ teuses que présenta le malade. Les pieds, les mains furent pris successivement. La localisation sacro-iliaque fut la dernièi’e à se • dissiper.

Comme dans l’observation précédente, le salicylate de soude ne donna aucun résultat. Le colchique, bien que plus efficace, fut toutefois impuissant à triompher de cette localisation, et comme dans l’observation précédente, il fallut avoir recours à l’application de pointes de feu.

LA GOUTTE DANS LES ORGANES

E — Névralgies goutteuses

Les relations de la goutte avec les douleurs névralgiques ont été signalées de tout temps. La plus fréquente des névralgies goutteuses est la sciatique, et le nom de goutte sciatique employé par les gens du monde ne fait que consacrer celte manière de voir. Sauvage disait: « La sciatique attaque les vieux goutteux; elle s’étend jusqu’aux pieds, revient par intervalles; les personnes d’un tempéramment sanguin, les gourmands, les libertins et ceux qui vivent dans la mollesse sont les plus sujets à cette sciatique. » D’après Barthez, la sciatique se produirait aussi surtout chez les vieux goutteux. Elle est souvent précédée, dit-il, ou suivie de gonflement articulaire aux pieds. Il fait remarquer cependant que certaines personnes sont sujettes à une sciatique d’un caractère qui paraît goutteux, bien qu’elles n’aient pas de douleurs goutteuses dans les articulations. Garrod considère cette névralgie comme fréquemment liée cà la diathèse goutteuse, et il regarde le diagnostic de cette espèce de sciatique comme de la plus haute importance au point de vue du traitement.

Nous en distinguerons deux variétés : une sciatique goutteuse aiguë et une sciatique goutteuse chronique.

La forme aiguë est remarquable par l’intensité des douleurs. Elle peut survenir chez un individu n’ayant encore que des signes vagues de diathèse urique, migraine, dyspepsie, les attaques articulaires n apparaissant que postérieurement. Les crises de sciatique peuvent alterner avec les crises articulaires. Enfin les douleurs névralgiques peuvent se développer dans le cours d’une attaque de goutte articulaire, soit que les phénomènes du côté desjointures précèdent, soit qu’ils suivent les douleurs le long du cordon nerveux. Enfin l’alternance avec diverses manifestations viscérales de la goutte est aussi possible. Dans tous ces cas, l’acuité des symptômes douloureux est très marquée, avec des périodes de rémission et d exacerbation, les urines sont rougeâtres, chargées d’uratesdans les premiers temps; mais à la longue, et cette forme aiguë peut peisister avec des rémissions pendant des mois, elles deviennent claires et pauvres en acide urique.

La forme chronique est plus fréquente; elle se développe chez des goutteux déjà avancés dans la maladie, présentant déjà des dé-

l'ormalions aiTiculaires ( l des lopliiis. C’est à celle (oi'ine que loiit surtoul allusion Sauvai,"e el BaiTliez. Les douleurs ici sont moins vive.s, moins intenses; mais elle sont vemar(iuahl(!S par leur ténacité; elle peuvent d’ailleurs s’exaspérer par moments, sous loriiie de poussées aiguës, et d’apres Barthez, contrairement à ce qui se passe habituellement pour les autres manil'eslalions goutteuses, l’accès névralgique serait exaspéré par l’intercurrence d’une attaque lie goutte arUculaire. Celte sciatique chronique peut d’ailleurs amener toutes les conséquences des sciatiques invétérées, c esl-àdire l’impotence presque absolue, la parésie et 1 atrophie du membre.

11 est vraisemblable que dans ces cas il s’agit d’une véritable névrite goulleuse. Graves avait déjà émis l’idée que ces névralgies étaient dues à une inllammation spéciale limitée au tronc du nerl sciatique. Garrod pense de même que les névralgies goulleuses dépendent très probablement de l’inllammalion goulleuse affectant l’enveloppe des nerfs. Ce que nous savons, ce qii on a bien mis (ùi lumière dans ces derniers temps des symptômes de la foi me invétérée de la sciatique, dite sciatique névrite, nous porte à confirmer, au moins pour la variété ebronique de la sciatique goutteuse,! opinion de Graves et de Garrod, el à admettre un état inflammatoire du névrilème, développé sous l’influence directe de l’acide urique. L’anatomie palbalogiiiue a d’ailleurs montré dans quelques cas, comme nous l’avons vu, l’existence d’infiltrations uratiques dans la . gaine des cordons nerveux.

Diverses autres névralgies localisées peuvent encore s observer chez les goutteux ; névralgie faciale, névralgie intercostale et névi'algie bracbiale.

Pagel a indiqué une forme particulière de névralgies multiples se portant successivement sur différents points du corps et qui survenant chez un sujet d’âge moyen ou avancé, doit toujours eveiller l’idée de goutte; ces douleurs névralgiques disséminées se développeraient rapidement sous l’influence d’écarts de régime.

Nous rapprocherons de plusieurs cas de névralgâe goutteuse une observation de ce genre que nous avons publiée dans nos Études médicales. Il s’agit d’un jeune bomme de dix-huilans, qui, pendant plusieurs mois, a présenté des douleurs névralgiques miHliples le long des brandies du trijumeau, des intercostaux, du sciatique, du cubital. Le malade était jeune, vigoureux; il n’etait ni anémique, ni rbumaiisant; ses digestions étaient bonnes et 1 on ne constatait aucun signe de lésion cérébro-spinale. Mais son perc

éUiit goutteux et avait eu les pi-emières uiauiCestalious de la goutte à l’àge de vingt-liuit ans. Depuis lors, de iiomljreuses attaques s étaient répétées; les pieds et les mains étaient délormés et il présentait aux oreilles des dépôts topliacés. Eidiii les urines du jeune homme renfermaient des proportions anormales d’acide urique. 11 n’est pas douteux pour nous que ces névralgies multiples ne fussent des symptômes initiaux de la diathèse goutteuse que notre malade tenait de son père.

^ Obs. LXXXII. — Névralgies goutteuses multiples. âgé de dix-huit ans, employé de commerce, eiitcé le 12 janvier 1879. Père goutteux depuis l’àge de vingl-huil ans; âgé maintenant de quarante et un ans, ayant des délormations des pieds et des mains, des douleurs par crises dans les jointures, et des dépôts topliacés aux oreilles. Mère bien portante, lionne santé jusqu’à l’àge de (luinze ans. .4 cet âge, pour la première fois, douleurs erratiques dans les jointures pendant deux à trois jours. Depuis cotte époque, il est suiet a des maux de tète occupant la région frontale, sans nausées.

Au mois d’août 1878, douleur à la base du thorax gênant la resn’ration, disparaissant au bout de deux jours. Au mois d’octobre, mêines t ou eurs, tantôt dans un côté, tantôt dans l’autre. Au mois de novembre douleurs p us vives vers le côte droit, faisant eomme une demi-ceinture dans la région de l’iiypochondre. Des ventouses, un vésicatoire des douches modilierent un peu cette douleur qui, au bout d'un mois’

^ se porta dans 1 bypocliondre gauche, puis elle repassa à .droite. ’

Depuis dix jours, douleurs qui se promènent dans les jambes le I bras gauche, le bras droit. jamnes, m

État actuel. — Garçon robuste, bien constitué. Aucun trouble respiratoire. Rien au cœur. Pas de troubles digestifs. Selles régulières. Urines souvent chargées d’un dépôt rougeâtre abondant Il se plaint dune douleur 0.xe sous le sein gauche et de douleurs •vagues dmis les membres. 11 dit que la douleur du sein gauche est la plus constante et la première a apparaitre chaque fois qu’il va avoir juelque autre manifestation douloureuse. Névralgie intercostale limitée lu cinquième nerf gauche avec les points douloureux antérieiir, laté- •al et dans la goultiere vertébrale.

Douleur à la jiression des points sus et sous-orbitaires gauches, lu point sous-orbitaire droit. ®

uc!dh!rnvV" au coude. Le

ntdian n est pas douloureux. -Sensation de gène pénible dans les

I aouvements çlu petit doigt à droite. Pas de douleur à gauche •a.n'’“nr!' PO'ats lombaire, iliaque, fessier, fémo-

j .ier c,

I'-. '1- ICIMicol. .4; Irés

Itidcs. Liée dO.892, a. urique D'280. Ni sucre ni albumine.

I LECOltCllÉ, Goutte.

Sort le '20, ayiiul loujoiirs des poinls douloureux niull'ndes el variables.

Üus. LXXXllI. — GouUe urliculaii'e. — Coliques néphrétiques cl hépatiques. - Phlébite. — Sciatique coïncidant avec une attaque de goutte au gros orteil et à la niain. . , ■

Mme X... a eu, dil-elle, une alRuiuc de rluimalisme arüeulaire^en 1809. Des douleurs oui. pci-sislé dans les membres inférieurs en 1870-

En 187.4, crises de coliques néphrétiques cl de coliques hépatiques. En 1875, accès de goutte dans l’orteil gauche ([ui dura huit jours. Depuis lors, à plusieurs- reprises, retour de la douleur dans le meme orteil, mais deux à trois jours de repos sufrisenl a faire disparaître

es sYinptüiucs douloureux. . . . i •

En 1877, bronchite qui se prolonge pendant trois mois el cede a une

allanuc de goutte dans le genou gauche.

En 1879, à la suite d’une saison à Vichy, phlcbite de la cuisse

*^^En 1883, scialiiiue gauche d’abord isolée, |mis compliquée dune poussée goutteuse dans les orteils et le cou-dc-pied du meme cote; les jointures des doigts de la main gauche se prirent en meme temps Divers traitements furent essayes sans succès ; le tout dispaïul quelques jours, à la suite de l’emploi de la teinture de colchique.

0ns lAWIV — Goutte héréditaire. — Coliques néphrétiques. — alternance des douleurs articulaires et des douleurs névralgiques avec les douleurs

MmeX àû-ée de quarante-cinq ans. Pere goutteux. iN a jama s eu (le mio-niinè, d’éruptions, d’astlune. En 1872, colique nephretique d une duréc°de quelques heures; en 1873, nouvelle crise qui dura plusieui. jours Depuis cette époque, sables fréquents dans les dans la région loml/aire et sur le trajet des uretères. La malade rend inrfnis des oraviers sans accès douloureux. •

' “ , s pteion... a, .nées, n.anitoslaüons -''-a?:"* '

•aua mains II n'y a pas de dét.m.l.an aua P'*i J V,

médius et le pouce de la main gauche, le pouce et 1 index de

„,S!r.^ia„Æe an lied da^n-^a jema^ '

îimpEenTenTq^^^^ douleurs sciatiques et les dou-

leurs des mains et des pieds.

Ons.

jy^XXV. — Goutte héréditaire. — Sciatique gauche. Attaque de gouile un an apres.

LA GOUTTE DANS I.ES ORGANES. 355

orauuleiise. En 1880, scialiqiin gauche (jui tluro un an cl qui guérit à la suite d’une saison à Gautorcls. En mars 1882, attaque de o-oulte au gras orteil gauche pendant un mois. Le malade est hicii portani depuis cette époque et n’a ou ni sciatique nouvelle ni accès de goutte.

Obs. LX.X.WT. — Goulte héréditaire. — Deux attaques de goutte par an. -- Sciatique remplaçant un accès de goutte articulaire.

Mme

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