I.A (iOUTTK DANS LES OIDiANES
(■‘iilre ciiujii.'uilo el soix.anlo-r.iiiq ans parlicnlièremonl, qui avaienl. cessé d’avoir leurs attaques liahiluelles de goutte, et qui étaient irrégulièrement alTeclées de symptômes nerveux d’une manière si remarquable qu’elles s’imaginaient que la matière goutteuse était répandue par tout le corps, sans se fixer sur l’endroit particulier où elle aurait dû exercer exclusivcmeut son action. Dans de tels exemples, la tête. est atTectée de douleurs et de confusion; les yeux parfois de brouillard ou autres troubles de la vision; les oreilles d’une sensation de bruit comme l’eau qui bout ou le son d’une cloche ou d’une sonnette plus légère et plus continuelle. Quand là tête est sur l’oreiller, on éprouve une sensation pénible de battements. Dans des cas plus urgents, le battement affecte la tête aussi durant le jour, .l’ai connu un malade dont les sensations de douleur se portaient sur un cheveu qui paraissait se dresser. Par quelque agitation de l’esprit ou par un exercice trop actif du corps, le cœur partage le trouble nerveux et est alTecté de palpitations. » Tourmenté par ces troubles incessants, qui se portent tantôt sur un point, tantôt sur l’autre, inquiété par un état vertigineux, souvent continu, en proie à des accès de céphalalgie ou de névralgie, torturé par des douleurs erratiques dans la nuque, dans les reins, dans les membres, ne dormant pas, mangeant mal, le goutteux • finit par aboutir presque fatalement à l’hypochondrie. Et cette hypochondrie n’est pas imaginaire; elle repose sur un fonds de -souffrances qui ne sont que trop réelles. Mais multipliées et exa- -gérées par une imagination troublée, ces souffrances deviennent la -source d’idées noires continuelles; le malade se croit atteint des ; affections les plus terribles, des lésions les plus incurables; il se 'voit déjà mort et pense n’avoir plus qu’à préparer sa tombe.
Nous ne saurions mieux faire que reproduire ici la description ■si exacte que donne Gairdner de l’hypochondrie goutteuse : « Le malade est tourmenté par des souffrances vagues et inexprimables •de toute espèce. La douleur est l’élément le moins pénible de ces -souffrances; ce qui inquiète le plus le patient, c’est un sentiment -général de malaise qui le porte à croire que c’est tantôt un endroit, tantôt un autre qui va devenir malade, et le tient ainsi dans une angoisse continuelle. Sa position lui inspire les idées les plus •sombres, et quand même son médecin n’ap|U'éhende aucun danger actuel, il ne s’en prépare pas moins à une attaque subite de quelque maladie grave et n’entretient ses amis que de sa mort prochaine. Quoique en général la douleur ne soit pas la partie lapins
3G'i. TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE DE LA GOUTTE.
impoiTanle de ses soiiiïi’ances, elle n’en devient pas moins rjuolfpiefois très vive. Le malade est pris de migraine, de douleur dans l’occiput; il a des points de côté, de la dyspnée, une expectoration abondante de mucosités; les palpitations, les intermittences du pouls, les défaillances augmentent d’intensité et de fréquence. »
Ous. XC. — Goutte héréditaire. — Tophus aux oreilles. — Coliques néphrétiques. — Troubles dyspeptiques. — État névropathique caractérisé par des crises liystéri formes. — Vertige et agoraphobie.
G..., âgé de cinquante ans. Un oncle et nn cousin goutteux; un autre oncle a eu la pierre. Manifestations goutteuses légères limitées aux orteils ne durant que quelques jours, le gênant seulement un peu pour la marche. Plusieurs to|dms à l’oreille droite. Très gros mangeur, obésité. Hémorrhoïdes.
En 1867, il a été pris de troubles nerveux variés, avec vertige et tendances syncopales. On l’a considéré à ce moment comme anémique. Ces malaises ont duré plusieurs mois.
Eu 1869, attaque de colique néphrétique; mais il n’a rendu que des sables uriques. Sou urine était alors très riche en acide urique. Elle contenait 0''',90 à J gramme par litre. La quantité en était nor- ■aiale.
En 1877, à la suite d’une chute de voiture qui avait amené une contusion assez violente de l’épaule il a vu de nouveau survenir des accidents nerveux plus caractérisés. En môme temps, [nous constations' dans ses urines une moins grande proportion d’acide urique, les douleurs rénales étaient moins fréquentes, et il remarqua que ses urines déposaient moins dans son vase.
Cet état nerveux est caractérisé par uii étal de dépression habituel et par des accès multiples^ se répétant souvent plusieurs fois par jour. L’état de dépression est d’autant plus prononcé que les accès sont plus fréquents.
Ces accès sont de nature diverse. A l’étal complet, ils consistent dans une sensation, tantôt de gène, tantôt de frémissements, tantôt de douleur au niveau du cœur, bientôt suivie d’une sensation de vide dans le cerveau, au sommet de la tête.
Le malaise que produisent ces troubles est quelquefois tellement grand, qu’il provoque des crises de larmes.
Ces sensations sont suivies d’une dépression extrême qui laisse le malade craintif.
Parfois ce trouble nerveux ne se traduit que par une sensation de vertige qui fait que le malade s’arrête dans la rue qu’il n’ose traverser.
Lorsque ces crises sont intenses, on constate que les extrémités sont froides, que la face est pâle, que les yeux semblent plus petits qu’à l’ordinaire.
C’est surtout au matin qu’elles apparaissent ; les soirées sont bonnes et le malade va volontiers dans le monde.
LA GOUTTE DANS LES ORGANES
Lorsqu’elles sont rréqueiites, elles laisseiil a|)i'ès elle une lentlunco vertig’ineuse |)lus prononcée. Le nialaile a hon’eur des espaces en ville ; à la cani|)agnc, il n’éprouve pas la même sensalion.
Le sommeil est cepemlanl c.\cellenl; l’appélil esl toujours (rès bon; les selles sont régulières. Les digestions cependant s’accompagnent loujüurs de ballonnement du ventre.
Rien au cœur.
Gel élal a persisté avec plus ou moins d’inlensité pendant toutes les années 1878, 1870, 1880, et ne s’est dissipé que vers la lin de l’année 1881.
Pendant tout ce temps, ce malade n’a été tourmenté par aucun troubb; urinaire; il n’a ressenti que de vagues douleurs passagères des index et des orteils. 11 a eu à plusieurs reprises des poussées hémorrhoïdaires.
En 1882, ces troubles à peu près complètement dissipés ont fait place à de la gastralgie.