‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 12 sur 226 · ahmann, Lehrbuch d. phtjs. Clieinie, \i. rô'i · texte numérisé non relu

ahmann, Lehrbuch d. phtjs. Clieinie, \i. rô'i

3. Rence Joncs, An. clieni. in ils application lo slomacL ant r diseuses, London, 1850, p. 5G.

TlUrrÉ THÉOIIIQUE ET PUATIQUE DE LA GOUTTE.

pareils résultals ne peiiveiU avoir (jii’mie valeur très restreinte.

Les expériences de Bonssingault sur des canards nourris de diirércntes substances sont plus concluantes :

Sous l’influence de la diète, la quantité d’acide urique

rendu dans les vingt-quatre heures fut de Ojr.27

Après l’ingestion de boules de terre glaise, elle fut

encore de 0.27

Sous l’iniluence d’une alimentation composée seulement de gomme elle se maintint à 0 . 29

Après l’administration de caséum, on trouva 10 . 55

Après l’administration de gélatine 10 .21

Après une nouvelle dose de gélatine 13 . 21

Sous l’influence d’une alimentai ion composée de

fibrine 9.10

Sous l’influence d’une alimentation composée de viande 18.91

Le rôle de ralimentation d’une part, de la nature azotée de l’aliinentation de l’autre, se trouve ici nettement accentué ; les dilTérences sont bien plus considéi’ables que dans les expériences de Ranke, de Bence Jones et de Lehinann.

On a étudié l’innuence de diverses boissons, l’eau, l’alcool, la bière, le thé , le café. D’après Genth, l’ingestion d’une grande quantité d’eau ferait baisser l’excrétion de l’acide urique. Avec 1200 à 1300 cc. d’eau le chiffre de l’acide urique est de 0,52 à 0,71. Avec 3200 cc., il n’y en a plus que des traces; avec 5000 cc., l’cicide urique disparaît. On peut se demander si ces résultats ne tiennent pas à la difficulté de constater la présence de l’acide urique dans une urine trop diluée.

D’après HammoiuO, l’alcool ferait baisser la quantité d acide urique, de même qu’il diminue, mais à un plus haut degré, la proportion d’urée. Le thé et le café agiraient dans le même sens (Bœcker).

Au contraire la bière, et surtout la bière forte, augmente suivant Bœcker, le taux de l’acide urique, tout en faisant baisser celui de l’urée^. D’après Liebig il laudrait en dire autant du vin .

c. Variations de l’acide urique sous l’influence des exercices

1 Hammond, American journ of med. Sc., oct. 1856.

2. Bœcker, Ueber die Wirkung des Biers auf den Menschen, Arcb. des Vereins f. Wissenseb. Heilk, Bd 1, p. 343.

3. Liebig, in Moleschott, Handbuch der Didtetik, 1850, p. aib.

DE L’ACIDE mUQUE. ;3I

musculaires. — Ici nous ne D’ouvons que conlradiclions : pour les uns, la qnanlilé (racide urique 'est augmentée; pour les antres, elle est diminuée; d’après ceux-ci, elle ii’cst nullement modifiée; d’après ceux-là, elle est tantôt augmentée et tantôt diminuée. L’idée d’une augmentation de l’acide urique sous riulluencc du travail musculaire est une idée ancienne, qui reposait surtout sur le lait bien connu de la formation de sédiments uratiques à la suite d’une course prolongée. Mais nous avons déjà vu que le dépôt de sédiments briquetés abondants n’est nullement en rapport avec une augmentation réelle de l’acide urique (Prout, Bartels). Toutel'ois un certain nombre d’auteurs, procédant d’une manière plus précise par la méthode des pesées, ont soutenu l’idée ancienne, et Beneke, Gentil, Heller, Speck disent avoir constaté une augmentation dans l’excrétion de l’acide urique à la suite des exercices corporels.

Il est vrai que Hammond conclut de ses recherches que, sous la même influence, l’acide urique diminue. De son côté Lehmann, analysant sa propre urine a remarqué une diminution notable, dans le rapport de l’acide urique à l’urée; ce rapport, étant, à l’état de repos, .de 1 à 38, n’était plus, après un exercice musculaire considérable, le régime n’ayant subi aucune modification, que de 1 à 77.

D’autre part, d’après H. Ranke, la proportion d’acide urique diminue par le fait d’une marche modérée, tandis qu’elle augmente à la suite d’une marche forcée, ayant déterminé un sentiment marqué de fatigue dans les membres.

Enfin, pour Bence Jones, le travail musculaire n’exercerait aucune action sur l’excrétion de l’acide urique.

Si l’on veut tirer une conclusion de ces résultats contradictoires, la seule qui soit permise est que l’influence des exercices corporels sur l’élimination de l’acide urique est des plus variables, et qu’a côté et peut-être au-dessus de cette influence isolément envisagée il en existe d’autres dont les observateurs, préoccupés d une seule idée, u’ont pas tenu compte et qui expliquent sans doute ces variations; conclusion qui, au fond, se rapproche singulièrement de la négation de Bence Jones.

d. Variations de l’acide urique suivant l’état des fonctions respiratoires. — Pour les chimistes, l’acide urique étant le produit d’une combustion des matières azotées moins avancée ipie l’urée, puisque celle-ci ne contient (|ue île l’ammoniaque et de

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l’acidc carbonique, il était tout indiqué d’attribuer dairs les val'iatious de cette substance une influence capitale à l’oxygénation plus au moins complète des tissus. Aussi Licbig ii’a-t-il pas manqué de faire jouer, sous ce rapport, un rôle de premier ordre à la fonction respiratoire. Pour lui, les animaux qui, dans un temps donné, développent le moins de chaleur sont ceux qui fournissent le plus d’acide urique. Sou argument fondamental repose sur les caractères de l’urine des reptiles. Il constate que, les conditions d’alimentation étant les mêmes, les carnassiers excrètent une proportion minime d’acide urique, taudis que l’urine des serpents est pour ainsi dire uniquement constituée par cette substance; or la quantité d’oxygène absorbée est au minimum chez ces derniers, tandis que les fonctions respiratoires sont au contraire très actives chez les carnassiers. Si spécieux que paraisse cet argument, il ne supporte pas’ un instant la critique, car il suffit de rappeler que l’iirine des oiseaux est au moins aussi riche en acide urique que celle des serpents; et il n’est à coup sûr pas d’animaux dont les fonctions respiratoires soient plus développées et l’oxygénation plus active que les oiseaux.

Robin et Verdeil ajoutent encore une autre considération : « Malheureusement pour le fait de la combustion, disent-ils, il se trouve que tous les herbivores ont des urines dépourvues d’urate et d’acide urique, si ce u’est lorsqu’on les tient longtemps à la dicte. Pourtant, d’autre part, il paraît certain que dans la masse de végétaux qu’ils ingèrent chaque jour, il se trouve a peu près autant de substances azotées que dans la nourriture des carnivores. Ici, comme dans le cas de la production de 1 acide carbonique, le fait, quoique chimique au fond, est bien plus complexe, soumis à un bien plus grand nombre de conditions susceptibles de varier à l’infini, que ne l’est la combustion... 11 ne faut donc, ajoutentils, n’admettre l’hypothèse de la combustion que provisoirement, faute de mieux, et se tenir prêts à la rejeter dès que l’on pourra la remplacer par une autre plus en rapport avec la complication des phénomènes offerts par la matière des corps vivants L »

Bartels a repris pour son compte cette théorie de raugmeutatiou de l’acide urique par le fait d’une oxydation incomplète, et il a essayé de la soutenir à l’aide d’arguments empruntés à la pathologie. Chez un malade atteint de bronchite capillaire, il a tiouvé

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