‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 128 sur 226 · UE LA GOUTTE · texte numérisé non relu

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à ces (leux époques de l’année. Elles sont tantôt spontanées, tantôt |)rovoquées par une position vicieuse du membre.

En 1879, le malade eut une attaque en chemin de fer; les genoux furent seuls atteints.

Jamais de douleurs renales. Rien au coeur. Foie normal, pas de troubles digestifs; ventre habituellement ballonné. Urines deux litres et demi. Densité 1,018. Urée 20, 2ü. Acide urique 0,52. Acide phospliorique 2 grammes.

2° Type néphrétique. — Certains goutteux n’oiil, peiulanl des années, comme unique manifestation que des attaques de coliques néphrétiques; c’est uniquement cette forme clinique que nous visons ici et nullement les symptômes du rein goutteux des Anglais, lequel est une complication et non une manière d’être de la goutte. j Comme l’accès articulaire, ces coliques, suivies de l’e.xcrétion de graviers ou de calculs uriques, peuvent se montrer accidentellement une ou deux fois dans le cours de l’évolution de 1 une quelconque des formes de goutte que nous avons admises. Mais elles ne caractérisent le type néphrétique que lorsqu elles existent d’une manière pour ainsi dire exclusive, se répétant fréquemment, ne s’accompagnant parfois d’aucun autre trouble viscéial, n étant . remplacées par des localisations articulaires ou ne coexistant avec J ces localisations (lu’après un temps en général très prolongé. q

Ce type néphrétique doit être absolument distingué de ce ([ii’Ehstcin appelle la goutte rénale, en l’opposant, par une exagération évidente, sous le nom de goutte des pciuvres, à la lorine ai liculaire qu’il nomme goutte des riches. La goutte rénale d Ehstein n’est autre chose que le rein goutteux de Todd, et le rein goutteux s’observe chez les riches aussi bien que les manifestations articulaires chez les pauvres.

3“ Type musculaire. — Nous avons insisté sur les nombreuses localisations de la goutte sur les muscles ; ces douleurs goutteuses des muscles peuvent exister seules pendant longtemps, et il y a lieu d’admettre une goutte musculaire comme on admet un rhumatisme masculaire. Il est évidemment difficile de dire si ces douleurs siègent à proprement parler dans le tissu des muscles, ou, comme cela est plus vraisemblable, dans les parties fibreuses. Elles forment en tout cas le fond du tableau sur lequel on voit apparaîire, de temps k autre, tantôt une manifestation gastrique, tantôt une colique néphrétique, tantôt une attaque au gros orteil. L’histoire ([ue nous a laissée de ses propres infirmités Nicolas Chesneau, dans

ses Obserrations médicales, peut être considérée coimne hi meilleure description de ce type spécial de goutte.

Dès ses plnsjeunes années il eut à soulTrir de fln.xions dentaires et perdit presque que toutes ses dents molaires. Déjà, à cette époque, il éprouvait des douleurs dans les régions iliaques. Comme il se livrait avec ardeur au.x études du doctorat et s’appliquait au travail aussitôt après les repas, son estomac en souffrit singulièrement; de plus il devint sujet à la migraine. Plus tard, il eut des douleurs au niveau des côtes, près de la mamelle. Il éprouva des douleurs à la plaide des pieds, autour des talons, et dans la suite à la main; à la région sciatique et enfin aux articulations des pouces du pied, où la goutte, dit-il, commence toujours. Il avait alors quarantecimi ans. Plus tard, il futrepris de douleurs sciatiques aux cuisses, aux genoux, aux pieds; des sueurs qui s’établirent habituellement vers la fin de la nuit firent cesser toutes ces manifestations doulouj'euses.

Les sueurs ayant cessé, il redevint sujet à des douleurs aux lombes, au sacrum; il souffrit même dans la région de l’uretère et éprouva presque tous les symptômes d’une néphrite calculeuse, excepté l’émission de graviers. Le muscle oblique du ventre lui parut affecté par une irritation qui gagna la cuisse. Enfin une cardialgie atioce le tourmenta cruellement. Vers l’âge de cinquantedeux ans, il eut pendant plusieurs années une espèce de l’huraatisme au genou. La douleur des côtes revint par intervalles. A l’âge desoixante-six ans, plus sensible aux impressions du froid, il éprouva des douleurs au ventre et â la tête, au muscle crotaphyte, au mastoïdien, à 1 articulation de la clavicule avec le sternum. En même teinps, il souffrit des dents, d un coryza, d’un catarrhe pulmonaire. L’épaule, le bras, la base de l’omoplate et les côtes furent sérieusement entrepris; puis le coccyx, les épines sciatiques, la région po])litée, lesmusclesqui se rendentau talon. Plus tard les douleurs remontèrent vers les parties supérieures, la tête, le cou, les épaules, les bias, les côtes, allant et venant en diverses régions du corps.

4® Jype névropathique. Beaucoup de traits du tableau précédent appartiennent au type névropathique; mais ce type diffère de la goutte proprement musculaire par les manifestations nerveuses portant sur le cerveau, la moelle, les nerfs périphériques. Les ( ou CUIS xagues, eriatiques sont Iréquentes chez les goutteux névropathes, inais c’est chez eux aussi qu’on observe surtout les vertiges, les céphalées, les battements de cœur, les accidents bizarres

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([lie nous avons diicrits sous le nom de goutte cervicale, souvent l’astliine ou des accès de dyspnée et d’angoisse précordiale simulant l’angine de poitrine. La goutte articulaire apparaît tardivement chez ces malades; elle ne se traduit que par quelques accès au gros orteil; elle n’a pas de tendance à se généraliser, et si la plupart des articulations peuvent devenir sensibles et douloureuses, il n’y a pas le plus souvent d’attaque franche, d’arthrite proprement dite, ailleurs qu’au gros orteil. Sauf parfois quelques petits tophus aux oreilles, il n’y a pas de dépôts uratiques. Enfin l’irritabilité du CcOractère, la propension aux idées noires, l’iiypochondrie sont encore le propre de cette forme de goutte, qui répond en grande partie à ce que Musgrave appelait la goutte mélancolique. L’observation suivante nous paraît être un exemple du type névropathique.

Obs CIV. — Goutte. — Vertiges. — Coliques néphrétiques. — Dyspepsie. — Palpitations. — Eezéma. — État névropathique. — Deux accès de goutte au gros orteil.

X..., âgé de cinquante ans; d’une constitution assez robuste, a toujours eu cependant des tendances à riiypochondrie, redoutant d’aliord la phtisie pulmonaire, il crut plus lard être atteint d’une affection cardiaque ; des intermittences du pouls avaient été l’origine de cette crainte, intermittences qui avaient du reste pour cause des troubles digestifs assez intenses, [/appétit en elfet était assez irrégulier, les digestions [(énibles; après le repas se manifestaient des aigreurs, des renvois. Ua face devenait rouge, des bouffées de chaleur montaient à la tôle avec sensation de battements dans les oreilles, surtout à gauche, puis survenaient des palpitations. Ces phénomènes gastriques duraient deux ou trois heures.

Des diarrhées assez fi’équentes étaient aussi la conséquence de ces troubles digestifs. Le sommeil était presque nul en raison de ces divers malaises, peut-être aussi à cause de l’inquiétude. Un peu d’ipécacuanha triomphait parfois de cette dyspepsie.

Une cure faite à Ilombourg, en 1865, amena une amélioration sensible et lit disparaître les intermittences.

Il faut compter aussi parmi ces troubles digestifs de la pharyngite chronique, accusée par une sensation de sécheresse de la gorge et le rejet de quelques mucosités le matin.

Entre temps le malade fut pris, depuis 1860, d’une poussée eczémateuse qui se montra chaque année, du mois d’avril au 15 juin. Cet eczéma siège toujours à la face dorsale des deux premiers doigts et du pouce de chaque main. Ce sont des vésicules s’accompagnant de vives démangeaisons qui font place à des ulcérations superlicielles d’un rouge vif et se recouvrant très rapilement d’écaillcs. Aux premières chaleurs tout disparaît.

Voi-s la même épo(|iic, le malade ressonlit quelques douleurs vagues très légères dans les orteils.

En mai 1875, il eut une colique uéphrétique qui apparut subitement du côté gauche; il n’y eut pas de rejet de graviers, mais la douleur caz-actérislique, des nausées, des vomissements mettaient le diagnostic Izoz's de doute.

En 1880, ;i la suite d’un excès de travail, survint de l’insomnie et lin état de malaise que ne modifia nullement une cure faite à llombourg.

.V son retour à Paris, le 20 octobre, le malade fut pris de vertiges, avec tendance syncopale, apparaissant lorsque le malade se levait' redressait la tête, lorsqu’il la retournait trop brusquement. Ges vertiges étaient facilités par la chaleur, lorsque le malade entrait dans une pièce trop chaude, par la fatigue, la station verticale prolongée. Du reste, le malade avait déjà eu antérieurement quelques vertiges légers très passagers; ils s’étaient manifestés lorsqu'il se retournait brusquement dans son lit, ou bien encore lorsqu’il marchait en fixant le sol et en inclinant la tête. Gette tendance vertigineuse qui, dans les premiers temps, s’était montrée sans céphalalgie, s’accompagna bientôt d’une sensation de gêne sur le front et le sommet de la tête avec des points douloureux dans la région pariétale, tantôt à droite, tantôt à gauche. Sujets à des exacerbations parfois sans motifs, d’autres fois inlluencés par 1 état de 1 atmotsphère, un temps lourd et couvert, par exemple, ces vertiges durèrent un mois.

Le malade était devenu très nerveux, très inquiet, très impressionnable, en raison des craintes que lui faisaient éprouver ces symptômes. Cependant un état déplorable du tube digestif expliquait bien simplement cette tendance au vertige. L’appétit était nul, la digestion très pénible, ainsi que 1 accusaient desbàillements, des renvois, des aioreurs une sensation de sécheresse à la gorge. C’était, du reste, au rnoment de ces (roubles digestifs que les malaises avaient le plus d’intensité. Et ce qui démontre bien plus encore que là était la cause des verdoies cest qu il suffisait parfois de quelques pastilles de menthe ou de chocolat, ou bien de la suppression de certains aliments du matin pour leur (aire perdre leur intensité,

Dans la nuit du 16 au 17 novembre, survint la première attaque de goutte qui vint e.xpliquer les divers malaises dont le malade se plLmiait

depuis longtemps et particulièrement depuis un mois. ^ ^

\ ers onze heures du soir, brusquement, sans prodromes, une violente douleur se fit sentir au niveau de l’orteil gauche ; de onze heures à six heures du matin, élancements à la base du gros orteil et des deux orteils suivants. Ces élancements deviennent plus rares, moins intenses vers e matin Les parties malades sont rouges, très tuméfiées. Toute la nuit il y eut des bourdonnements d’oreille.

La soulfrance a continué toute la journée du 17 mais sans élincc ments. Quantité des urines 1 400 grammes, rraïtment. Cataplasmes sur le pied, liqueur de Lavillc. i^es cataplasmes procurent un soulagement très sensible.

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