septembre
16 octobre. . . .
18 octobre
16 novembre..
9 décembre. .
10 janvier
15 février
La moyenne de l’urine dans les vingt-quatre heures a toujours été d’environ trois litres. Le dosage des différentes substances est dans toutes les analyses rapporté au litre. La quantité d’urée et surtout celle de l’acide urique a toujours été relativement considérable. La moyenne
ÉVOt-UTlO^ ET TYPES CLINIQUES DE I.A GOUTTE.
n’est pcas tombée au-dessous de 1 gramme par vingt-quatre heures. Le chiffre s’en est souvent élevé à 2 grammes, 2'"', 40.
On ne saurait, dans des cas analogues à celui-ci, mettre en doute l’existence d’un état diathésique goutteux.
Bien que la cachexie soit l’aboutissant souvent fatal de la goutte, il est des malades qui paraissent échapper à cette triste terminaison; il en est ainsi dans les cas de goutte acquise qui n’apparaissent qu’à une époque déjà avancée de l’existence. Il semble que le temps a manqué pour permettre à la maladie de parcourir toute son évolution. Le malade ne présente alors que des attaques articulaires, les viscéralgies font presque complètement défaut et la mort survient le plus souvent d’une façon pour ainsi dire accidentelle et par le fait d’une maladie commune. Il est d’autres cas, plus rares, il est vrai, où la goutte, bien que se montrant à un âge peu avancé, paraît s’atténuer et même disparaître complètement. C’est ce que l’on observe chez les malades qui n’ont présenté dans le cours de leur existence qu’une ou deux attaques articulaires et qui n’ont jamais été en proie à des manifestations viscéralgiques.
Ces faits suffisent pour attester que la goutte peut guérir. La cause de cette guérison échappe le plus souvent à toute explication. Mais on peut parfois s’en rendre compte, dans une certaine limite; la guérison peut être le fait d’un changement dans l’hygiène morale du malade. Nous avons vu souvent les attaques devenir déplus en plus rares et s’atténuer avec la disparition de grandes préoccupations, avec la cessation de travaux intellectuels; d’autres fois, elle est due à un régime plus sévère. On cite des cas de guérison qui ont succédé à des pertes de fortune et qui ont été la conséquence d’une alimentation forcément plus précaire. Van Swieten, § 1255, Hoffmann, vol. V,p. 518 (\\iSijstèmeméilical, etScudamore,p. 583, carient de goutteux auxquels un revers subit de fortune a été un poup du sort fort avantageux. Il existe des exemples de guérison due à l’exclusion presque absolue de toute alimentation azotée.
Toutefois ces privations ne sauraient, dans tous les cas, assurer la guérison; nous n’en voulons pour preuve que l’exemple de SjHenbam qui, malgré la sévérité de son régime, n’a pu enrayer 1 évolution de la goutte dont il était atteint. Ajoutons qu’on ne saulait conseiller, sans danger, un régime ti’op sévère. Nous avons vu de nombreux exemples qui nous permettent d’affirmer qu’en s’y •soumettant on ne lait que bâter l’évolution de la maladie en favo-
il4 TRAITÉ TIIÉÜRIOUE ET PRATIQUE UE LA GOUTTE.
risanl l’apparition des viscéralgics. En le prescrivant on n’enraye pas le plus souvent la goutte, mais on met le malade dans des conditions fâcheuses, on paralyse toutes les forces vives qu’il pourrait opposer à l’affection dont il est atteint. Aussi ne saurait-on être trop prudent à cet égard. Scudamore était complètement de cet avis et, à ce propos, il relate l’observation d un malade qui, piis de goutte héréditaire à l’âge de vingt-quatre ans, s’abstint entièrement de vin et de toute liqueur fermentée pendant quinze mois, qui fut aussi circonspect dans l’usage des aliments et qui, au bout de ce temps fut attaqué de la goutte plus violemment que dans les premiers temps. Il cite également l’observation d’un autre malade (p. 591), chez lequel la sévérité du régime ne procura pas d’intervalles d’accès plus longs, ni n’adoucit pas la sévérité des attaques. 11 ajoute qu’il sentit son estomac si sensiblement affaibli, ses nerfs si déprimés, qu’il revint à 1 usage du vin avec un avantage reel.
C’est au traitement rationnel que la guérison est le plus souvent duc. Nous verrons, en effet, que dans lagénéralité des cas, lorsque l’évolution de la diathèse n’est pas trop avancée, le médecin peut non seulement combattre avec avantage les manifestations articulaires ou viscérales de la goutte, mais qu il peut encore eniayei la marche de la maladie et même la guérir.