‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 134 sur 226 · II. GOUTTE ET SATURNISME · texte numérisé non relu

II. GOUTTE ET SATURNISME

L’étude des relations de la goutte avec l’intoxication saturnine ne date réellement que du mémoire publié par Garrod en 1854 dans les Medico-Chirurfjical Transactions ^ Mais l’existence d’accidents goutteux dans le cours du saturnisme avaitété signalée bien auparavant, dès le xvriU siècle. On sait aujourd’hui que la maladie décrite autrefois sous le nom de colique de Devonsbire, colique sèche de Poitou, n’est autre chose que la colique de plomb; or, dans les écrits qui traitent de ces coliques, se trouvent mentionnés, d’une manière plus ou moins formelle, les rapports des phénomènes douloureux abdominaux avec des accidents articulaires ressemblant absolument à la goutte. C’est là, on peut le dire, la première mention delà goutte saturnine. Musgrave, Falconer, Huxham ont indiqué cette relation, et Falconer dit explicitement que les eaux de Bath sont utiles dans le traitement des affections goutteuses qui succèdent quelquefois à la colique de Poitou^. A une époque plus rapprochée, Parry, Barlow, Todd, ont été les précurseurs de Garrod et ont rapporté des observations de goutte consécutive à des attaques de colique de plombé

En France, il n’est nulle part question avant Garrod de la goutte saturnine, et Tanquerel des Planches, dans son ouvrage sur.les maladies produites par le plomb, ne parle que des arthralgie.s saturnines.

Le mémoire de Garrod appela définitivement l’attention sur la relation de la goutte avec le saturnisme. L’auteur anglais indique comme un fait remarquable qu’un quart au moins des goutteux admis dans son service d’hôpital avaient éprouvé, à une période quelconque de leur existence, des symptômes d’intoxication par le plomb. — « Les professions, dit-il, ont été notées dans trente-trois cas; et il est vraiment singulier d’observer que huit d’entre eux, environ 25 pour 100, soient peintres en bâtiments ou plombiers.

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