Wilks, /Jri/, med. Journ., 1875, t. I, p
LECORCiiÉ, Goutte. aa
434 TRAITÉ TllÉORlQUI'] ET PRATIQUE RE LA GOUTTE.
l)rusque de l’excrclion d’acide urique, puis la fonclion des reins se rélablissail en partie, d’une manière interinitlenle, ainsi que cela a communément lieu chez les sujets qui sont sous l’influence de la goutte L
Un troisième ordre d’arguments peut être tiré de l’action des mêmes substances chez les individus déjà goutteux. Dans plusieurs cas, où des sels plombiques avaient été prescrits chez des goutteux atteints d’épistaxis ou de quelque autre hémorrhagie, l’absorption lie ces médicaments provoqua de violents accès de goutte; « et le i-etour des accès, quand la médication avait été répétée, a montré d’une manière très nette qu’il y avait là, entre l’administration du plomb et l’apparition de la crise de goutte, un rapport de cause à elTet difficile à nier^ ».
Comment agit le plomb dans ces cas? Y a-t-il accumulation de l’acide urique dans le sang par simple insuffisance de l’élimination rénale ou par excès de formation dans l’organisme? Garrod admet la première hypothèse. La fréquence des lésions rénales que nous avons signalées chez les goutteux saturnins semblerait plaider en faveur de cette opinion. Mais, d’nne part, le rein contracté se retrouve chez un grand nombre de saturnins qui n ont jamais eu aucune manifestation goutteuse; et de l’autre, au moment où la goutte se développe chez les sujets intoxiqués par le plomb, il est rare d’observer chez eux les signes cliniques de la néphrite interstituelle. Nous avons, il est vrai, noté chez deux de nos malades de l’albuminurie au moment de l’aCcès de goutte; mais cette albuminurie fut passagère et ne peut être considérée comme un symptôme de lésion profonde et permanente du rein.
Nous croyons donc plutôt qu’il y a excès de lormation de 1 acide urique, et que le plomb agit directement sur le processus d’assimilation qu’il trouble de façon à produire cet excès d’acide urique. Cetle hypothèse est celle qu’a soutenue Wilks dans le travail que nous avons déjà cité. S. AVilks invoque le rôle que le plomb joue dans la dénutrition générale de l’organisme, amenant l’atrophie des muscles et du système cérébro-spinal, l’affaibllissement du corps et
la cachexie de toute l’économie, et il pense que c’est à ce travail de dénutrition qu’il faut attribuer le mode d’action du plomb dans la productioiule la goutte. Mais, pour lui, le plomb arrêterait le pro-
t. Garrod, Re la 'goutte, etc. Trad. fr., p. 319.