Heberden, Comment., 1802, p
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métastases. Une saignée intempestive peut même (Jéterminei' un accès de goutte, et Todd rapporte l’observation d’un malade qui, à plusieurs reprises, futpris d’une attaque articulaire après avoir été saigné au bras. D’autres exemples de ce genre avaient été cités par les anciens. Dominique Sala a vu une saignée du bras transporter du pied au bras la douleur goutteuse. Paulmier a vu la saignée du bras produire une goutte remontée.
Enfin Garrod, qui repousse aussi l’usage de la saignée, n’admet pas qu’on retire plus de 150 cà 200 grammes de sang dans les cas où on croit utile de combattre un état de pléthore trop accusé-. Jamais, ajoute-t-il, on ne doit perdre de vue que toute émission sanguine qui dépasserait le but aurait pour elfet, presque à coup sûr, d’aggraver la maladie et d’en prolonger la durée.
Quant aux saignées locales faites à l’aide de sangsues ou de ventouses scarifiées appliquées au niveau de la jointure affectée, recommandées par Hoffmann, par Barthez, par Cullen, elles sont aujourd’hui proscrites par la plupart des auteurs. Scudamore, Todd, Garrod conseillent de s’en abstenir. Elles ne produisent d’abord, en effet, aucun soulagement local.
En deuxième lieu, elles peuvent être l’origine de complications érysipélateuses ou plilegmoneuses au point d’application.
Très souvent elles ne font que provoquer le déplacement de l’attaque articulaire qui se porte sur une autre jointure.
D’après Todd, elles déterminent comme conséquence ultérieure une faiblesse permanente des parties affectées.
Enfin GaiTod a rapporté l’histoire de deux goutteux chez qui les articulations des genoux furent rapidement frappées d’ankylose complète, après deux ou trois attaques de goutte seulement. Or, dans les deux cas, on avait chaque lois coinhaltu l’arthrite par l’application de nombreuses sangsues sur les jointures enfiammées.'
En résumé, la saignée locale est nuisible dans la goutte articulaire. La saignée générale est inutile. Nous u’admettons l'emploi des émissions sanguines locales que dans les cas de goutte musculaire ou névralgique. Eu pareil cas, l’application de sangsues ou de ventouses scarifiées au niveau de la nuque, sur la région lombaire, sur les parois thoraciques, au niveau du sciatique, amènent souvent un soulagement rapide.
II. — Médication alcaline. — Les alcalins ne paraissentavoirjoué dans la thérapeutique des anciens qu’un rôle assez insignifiant. Toutefois on retrouve çà et là quelques indications qui semblent
TUAITEMENT DE LA GOUTTE
démonlrer qu’ils avaient soupçonné l’action de ces médicaments Suc les coiiccétions.
Ainsi Pline dit que les coquilles d’escargots chassent la pierre.
Vitruve parle d’eaux minérales qui, comme celles de Lynceste, de Tlieano et autres lieux, ont la propriété de dissoudre les calculs qui s’engendrent dans la vessie. Galien parle de pierres que l’on trouve dans les éponges et qui rompent la pierre des rognons.
Paul d’Eg'ine cite des auteurs qui parlent des dissolvants qui favoi'iseni l’accroissement des calculs, quand ils sont mal administrés.
Sydenham vante dans l’hydropisie les sels lixiviens comme diurétiques.
Robert Boyle, un des premiers, proposa diiïérents moyens internes empruntés soit aux acides, soit aux alcalins, pour dissoudre chimiquement la pierre dans la vessie.
Boerhaave admet l’action fluidifiante des alcalins. «Lorsque les éléments de certains corps sont coagulés ensemble par l’interposition dequelque acide qui sert de colle ou de lien commun, souvent il arrive qu’on peut résoudre ces corps par les alcalins qui attirent à eux l’acide et alors les éléments n’étant plus retenus unis se séparent les uns des autres. »
Huxham parle des inconvénients qui résultent pour ceux qui s’accoutument à user des sels alcalins fixes et volatils; pour ceux qui prennent pendant longtemps la drogue alcaline, savonneuse de JP*' Stephens; et à ce propos, il cite les inconvénients qui en résultèrent chez un gentilhomme du comté de Cornouailles qui souffrit de la pierre pendant des années. Nous nous réservons de parler, à propos des eaux alcalines, des prétendus dangers que fait courir aux malades l’usage des alcalins.
Cullen conseilla aux goutteux l’usage de la chaux, du savon, de certaines terres absorbantes. 11 basait ses indications thérapeutiques sur les recherches de Wollaston, qui avait découvert que les dépôts tophacés sont formés d’acide urique. Son but était de neutraliser l’action nocive de l’acide urique, cause des manifestations goutteuses et des dépôts tophacés. Il semble prévoir le danger qu’il peut y avoir à les conseiller à haute dose ou à les prolonger trop longtemps, lorsqu’il cite douze cas de goulte qui, à la suite de l’usage de la poudre du duc de Portland, s’étaien t tous terminés par des hydropisies se masquant sous différentes
(ormes telles que l’apoplexie, la p.aralysie] et les épancliemenls dans le cerveau.
Sir Everard Home et Brande conseillent la magnésie dans le traitement de la goutte et de lagravelle. Wliytt préconise l’eau de chaux (Essay on Lime Water, Ediiib., 1752).
Les recherches subséquentes démontrant toute l’importance des alcalins, tous les auteurs de traités sur la goutte ont depuis lors conseillé l’usage de ces médicaments. C’est ainsi que Scudamore, Barthez, pour ne citer que les principaux et les plus anciens, recommandent l’usage des carhouales alcalins et ammoniacaux.
1“ Sels de potasse et de soude. \ — Les sels dessoude sont certainement de tous les sels alcalins ceux qui ont été le plus généralement employés dans le traitement de la goutte. C’est la soude qui formait la partie active des sels lixi viens i^préconisés par Sydenham, des savons conseillés par Van Swieten, Cullen, Boerliaave, Colborn, Falconner et Ingenhousz. Ce sont encore actuellement les sels sodiques qui sont le plus souvent employés dans le traitement de la diathèse goutteuse et de ses manifestations. En Angleterre et en Allemagne toutefois, il faut le reconnaître, certains médecins paraissent leur préférer les sels de potasse (nitrate, carbonate ou acétate) et dans ces derniers temps, Garrod a vanté la supériorité des sels de lithine dont nous aurons tà nous occuper dans un instant.
La notoriété des sels de potasse est de date plus récente que celle des composés sodiques. C’est .lames Guérin qui le premier appela l’attention du corps médical sur l’efficacité de ces sels dans le traitement de la gravelle urique (1746). Il vit sous l’influence d’une solution de potasse ses urines devenir alcalines et perdre leur caractère d’opalescence.
Puis vient Mascagni^ en 1804 qui, à l’aide du carbonate de potasse pris à la dose de 3 grammes par jour, arriva à se débarrasser des malaises que lui causait la gravelle.
En 1863 et en 1865, Parhes^ Thompson* et Wilks* firent paraître leurs recherches relatives à l’action du carbonate, de l’acétate et du nitrate de potasse sur la composition des urines.