Kreysigf De l’usage des eaux minérales
2. Seegen, Comp.der allgem. und speciell. Ileilquellenlehre, 1858.
3. Porges, Garlsbad, ses eaux thermales; analyse physiologique de leurs propriétés curatives et de leur action spécifique sur le corps humain. l'aris, 1858.
f)4i TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE DE LA GOUTTE.
Secgen en conseille l’usage aux individus forts, en apparence vigoureux, présentant de l’embonpoint et chez lesquels la diathèse goutteuse ne s’est point encore manifestée par des localisations viscérales graves portant sur le cœur ou sur le cerveau.
. Elles trouvent surtout leur emploi dans les cas de diathèse goutteuse avec catarrhe gastro-intestinal, congestion du foie. (Fleckles^). On les conseillera par conséquent aux goutteux atteints de dyspepsie, surtout lorsqu’il s’agit de dyspepsie flatulenle avec ou sans dilatation de l’estomac, lorsqu’il existe une constipation opiniâtre et dans les cas où la constipation alterne avec des poussées diarrhéiques (Fleckles).
Elles combattent victorieusement ces états congestifs du foie qui si fréquemment se rencontrent avec le catarrhe gastro-intestinal et qui si souvent se compliquent d’hémorrhoïdes. Elles sont souveraines pour remédier à ce que les anciens décrivaient sous le nom de pléthore abdominale. Elles conviennent donc merveilleusement aux gros mangeurs qui semblent n’être devenus goutteux qu’à la suite des excès de table auxquels ils se sont livrés.
Elles ne sont pas moins utiles, suivant Flechsig®, pour modifier la nature de l’urine et pour combattre les localisations rénales telles que la gravelle, le catarrhe de la vessie et des bassinets.
Gomme nous le disions, ce qui les rend précieuses c’est que leur thermalité est très variée et que l’on peut suivant la nécessité et suivant l’excitabilité du malade, avoir recours à l’une quelconque des nombreuses variétés d’eau qu’elles comprennent et passer du Schlossbrunnen ou du Muhlbrunnen au Sprudel.
Toutefois, il ne faut pas oublier que leur action est très énergique, qu’à l’égal de celles de Vais et de Vichy elles peuvent devenir dangereuses lorsqu’on les donne à contretemps. Par l’action qu’elles exercent, comme celles de Vichy, sur le travail de nutrition ipi’elles enrayent, puisqu’elles font baisser le chiffre de l’urée de 24 p. 100, elles deviennent facilement dangereuses lorsqu’on les donne avec excès, lorsqu’on en prolonge l’usage ou qu’on les
1. L. Fleckles, Âartsèarfer KiirresuUale in einigen Fdllen von chr. Katar des Magens u. der Resp. Oestr. Zlsch. Ileilk., 1857.
2. R. Flechsig, Bericht iiber die neuern Leistungen au f déni Gebiete der Balneologie. Schmidt’s Jahrb., Bd 111, n° 7, S. 89, 1861, und 'Wiener med. Halle, IL 5, 1801.
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donne à contretemps. Comme celles de Vichy, elles provoqueraient facilement dans ces conditions sinon la cachexie alcaline, du moins l’anémie.
Les troubles de la nutrition sont plus facilement appréciables vers la fin du traitement, alors que le malaise général a disparu et que les eaux n occasionnent plus de pénibles symptômes. Ils sont suffisamment caractérisés par la pâleur du teint, la décoloration des muqueuses, l’amollissement, la mollesse des chairs, la fatigue,
1 essoufflement, la transpiration au moindre exercice, la sensibilité au froid, quelquefois par de la bouffissure de la face et de 1 œdème des extrémités. Sans doute ces signes d’appauvrissement du sang ne sont pas observés chez tous les malades. Il en est qui, pendant leur séjour à Carlsbad, perdent leur apparence cachectique, reprennent de la mine, de la force et même de l’embonpoint; mais ce résultat évidemment indirect, n’autorise pas à attribuer aux eaux des propriétés toniques et reconstituantes, que démentent leurs effets ordinaires et leur composition chimique.
Aussi doit-on éviter d’envoyer à Carlsbad des malades atteints de diathèse goutteuse avancée. La cure ne pourrait alors que hâter 1 apparition de la cachexie due à la diathèse goutteuse elle-même. On n’y enverra pas davantage des malades atteints de lésions organiques graves, attendu que l’arrêt de nutrition déterminé par l’usage des eaux ne pourrait que précipiter la marche de ces lésions.
C’est surtout en boisson que se donnent les eaux de Carlsbad;
1 usage des bains, ainsi que nous l’avons vu, ne constitue pour ainsi dire qu’une partie contingente de la cure.
Caulet* a du reste fait des eaux de Carlsbad une étude, dont nous sommes heureux de mettre le résumé sous les yeux du lecteur.
L action locale exercée sur le tube digestif est complexe : on a d’abord l’action directe, topique, irritante. L’eau de Carlsbad, en somme, n’est qu’une solution de divers agents de la médication substitutive, et c’est surtout à ce point de vue que la considèrent les médecims allemands, lorsque, dans le traitement du catarrhe gastrique, ils l’assimilent au soda-water, au sous-nitrate de bismuth et au nitrate d’argent'.
1. Caulct, Etude médicale sur la cure de Carlsbad, Paris, 1870.
2. Menneyer, Patli. inter. Tract, de Culmaiiii cl Sengol, Paris, 1865.
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En outre, on sait, depuis les travaux d’Aubert S que l’introduction dans le sang des sulfates alcalins provoque dans le système de la veine porte une stase sanguine, véritable obstruction qui, selon les cas, se résout peu à peu à mesure que le sel s’élimine, ou se juge brusquement par une transsudation séreuse purgative.
Ainsi donc irritation locale, d’où fluxion et stase hyperémique. Si chez des sujets sains cette action se manifeste par des accidents gastro-intestinaux assez intenses pour altérer la santé et déranger secondairement les autres fonctions, on comprend quelles perturbations elle doit produire dans tes cas d’affections du tube gastrointestinal. Chez ces malades, le premier effet des eaux est une aggravation considérable de tous les phénomènes pathologiques. La dyspepsie et l’iiypochondrie s’exaspèrent parfois à tel point que le patient n’y peut tenir et refuse de continuer un traitement qui l’éprouve de cette façon. Ces effets locaux ne durent pas indéfiniment. Après un certain temps, soit par le fait de l’épuisement graduel de l’action topique, irritante de l’eau, soit par suite de l’alléralion du sang qui rend plus facile la transsudation séreuse, l’irritation et la congestion des organes abdominaux se dissipent.
Cette réaction contre l’obstruction se fait généralement dans le cours des troisième ou quatrième septénaires. On peut l’observer plus tôt, et quelquefois dès les premiers jours; alors il n’existe pour ainsi dire pas de période de malaise, mais c’est l’exception ; souvent au contraire, et c’est le cas des sujets atteints d’affections abdominales, la réaction larde tant à s’établir, l’aggravation pathologique qui l’accompagne se prolonge si longtemps, qu’il serait imprudent d’en attendre le terme. Ce n’est qu’après plusieurs saisons, lorsque le mal s’est amélioré, que l’on voit enfin la cure présenter ses deux périodes et le malade entrer plus franchement en voie de guérison.
Abstraclion faite des propriétés stimulantes passagères, fugaces comme leurs principaux facteurs, le calorique elle gaz acide carbonique, la cure de Carlsb.ad est essentiellement altérante et dépressive. Cette modification du procédé nutritif, qui forme le fond delà médication, doit être rapportée à l’action directe des sulfates alcalins, autrefois désignés sous le nom de sels fondants, dont la présence caractérise l’eau minérale. Quant au bicarbonate de soude, aux effets purgatifs de la cure, à la sévérité du régime, ce sont
1. Aubert, Exper. Unters. üb. die Frage. Zeilsch. f. rat. Med., t. H, p. 225, 1852.
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autant de circonstances favorables ai/ développement des vertus antiplastiques des sulfates alcalins.
Fleclisig reconnaît que si, sous l’influence de ces eaux, les attaques deviennent plus rares, plus régulières, les dépôts moins abondants, les raideurs dues aux dépôts d’urate, les contractures et les paralysies ne bénéficient d’ordinaire en rien de l’usage des eaux de Carlsbad.
Eaux de Marienhad. — Les sources de Marienbad sont au nombre de huit; on en a découvert récemment une neuvième, la Rodolpliquellen, qu’on utilise dans les affections des organes génito-urinaires.
La plus utilisée de ces sources, celle que fréquentent tovs les baigneurs, est la Kreuzbrunnen. Puis viennent la Waldquelle et la Carolinenbrunnen. La Moorlagerbrunnen sert à donner les bains de boue.
La température de l’eau de ces so urces est peu élevée ; elle varie de 7 à 10® centigrades.
Elles contiennent d’assez grandes proportions de sulfate de soude; 4,75 (Kreuzbrunnen), 5 gr. (Ferdinandbrunnen) par litre. L’eau des autres sources en renferme moins; 0,25 (Ambrosiusbrunnen) et 0,95 (AValdquelle).
Elles se donnent en bains et en boisson; mais surtout en boisson, à la dose de cinq à huit verres par jour, le verre étant d’environ 180 cc. Elles ont été étudiées par Kreysig, RotureauL
Bien que plus riches en principes minéralisateurs que les eaux de Carlsbad, leurs congénères, les eaux de Marienbad, que nous avons pu étudier sur place, doivent à leur atbermalité de ne posséder qu’une action médicatrice plus restreinte.
Elles se prescrivent à peu près dans les mêmes conditions que celles de Carlsbad; toutefois on les préférera loi'squ’on n’aura pas besoin d’une action thérapeutique aussi énergique.
Comme celles de Carlsbad, elles conviennent aux goutteux gros mangeurs, ayant un certain embonpoint et présentant les signes plus ou moins nettement accusés du catarrhe gastro-intestinal avec congestion hépatique et hémorrhoïdes. C’est à la Kreuzbrunnen qu’on doit avoir recours pour modifier ce syndrome pathologique.
Lorsque la diathèse goutteuse se traduira en outre par des acci-
1. Rolureau, Des principales eaux minérales de l’Europe, Paris, 1858.
dents du côté des voies urinaires (gravelle, catarrhe de la vessie des bassinets), on conseillera la Rudolphquelle. ’
Les contre-indications sont les mêmes que pour les eaux de Cailsbad, on doit éviter d envoyer a cette station des malades arrivés déjà à une période avancée delà diathèse goutteuse.
Ces eaux s’administrent à l’intérieur comme celles de Carisbad. Ce n’est qu’accidentellement qu’on y prend des bains. Toutefois nous avons vu des goutteux atteints de névralgie sciatique, de douleurs subaigüesdes articulations de provenance goutteuse, prendre des bains de boue avec succès.
Nous ne possédons pas de sources sulfatées sodiques magnésiennes analogues à celles de Carisbad et de Marienbad; mais nous sommes très riches en sulfatées calcaires et nous n’hésitons pas à dire que, dans la généralité des cas, sauf les indications que nous avons spécifiées, elles rendent des services qui ne sont pas moins grands dans le traitement de la goutte. Elles ne se prescrivent d’ordinaire qu’à une époque avancée de la diathèse, lorsque les manilestations ont déjà perdu de leur acuité, ou lorsque la maladie, bien que de date récente, porte sur des sujets peu vigoureux et plus ou moins débilités. Elles paraissent avoir la propriété, si nous en jugeons d’après nos analyses finies avec les eaux de Vittel, de faire baisser plus que toutes les autres le chiffre de l’urée et surtout celui de l’acide urique, jouissant apparemment de la propriété de modifier d’une façon spéciale l’action du foie. En Angleterre, on trouve une eau sulfatée calcaire de première qu'alité, c’est celle de Batb, qui doit à satbermalité élevée sa notoriété de vieille date. En France, nous n’avons que des sulfatées calcaires froides, Aulus, Capvern, Contrexéville, Vittel, Martigny. Aussi en présence de ce fait n’hésitons-nous pas, comme le fait du reste Bouloumié, à les prescrire avec succès dans tous les cas de goutte aiguë ou chronique.
Nous les examinerons successivement.
Eaux (le Bath. — Il existe à Batb des sources assez nombreuses. Les trois principales sont le King’s-Batb (bain du roi) le Cross- Batb (bain de la croi.x) et le Hot-Batb (bain chaud). Le King’s-Bath est 1a plus importante de ces sources.
La température de ces eaux varie de 43“ à 47» centigrades.
Le sulfate de chaux, qui constitue leur caractéristique, s’y trouve dans la proportion de lS'Vl4 par litre.
Les eaux de Bath se donnent à l’intérieur et à l’extérieur. C’est
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l’eau de King’s-Balh qu’on prescrit à l’intcrieur, à la dose d’une demi-pinte à une pinte et demie par jour. On les administre à l’extérieur en bains isolés ou en bains de piscine dont l’eau est renouvelée chaque jour, ainsi que nous avons pu le voir nousmême. Il existe aussi des bains de vapeur annexés au Hot-Balh. La cure est d’un mois environ.
Elle se fait de préférence en automne et au printemps, parfois en hiver. Les médecins paraissent redouter les chaleurs de l’été.
Ces eaux étaient déjà conseillées aux goutteux parSaunders^ et Scudamore, qui attribuaient leur efficacité surtout à leur thermalité élevée.
Il est des cas de diathèse goutteuse, dit TunstalP, où les bains seuls doivent être prescrits; il en est d’autres où les bains doivent ‘alterner avec les douches. Dans certains cas, on prescrira en même temps l’eau en bains et en boisson; dans d’autres cas, on ne doit avoir recours qu’aux boissons.
Les eaux de Bath, dont la réputation est fort ancienne dans le traitement de la goutte puisque, au dire de Tunstall, les goutteux commencèrent à y affluer dès le règne de la reine Anne, ne conviennent pas à tous les cas de goutte; on ne doit les prescrire que dans les cas où la maladie a déjà perdu de son caractère d’acuité.
Prises en boisson, elles accélèrent le pouls, dit Falconer% augmentent la température du corps. Elles ont de la tendance à produire de la constipation, bien qu’elles passent pour être purgatives. Ce n’est qu’à doses élevées qu’e.lles ont cette propriété; elles augmentent l’appétit et sont diurétiques.
Administrées en bains, les effets en sont à peu près les mômes. Elles semblent donner du ressort et augmenter la vigueur.
Elles agissent très favorablement dans les cas de goutte avec localisations vers la tête, l’estomac et les intestins. Elles dissipent ces différentes manifestations, en provoquant une attaque articulaire.
Elles font cesser les troubles dyspeptiques qui peuvent persister dans l’intervalle des attaques de goutte. Sous l’influence de ces eaux prises en boissons, on voit l’appétit renaître, les fonctions digestives se régulariser, les urines se modifier, et se résorber les dépôts uratiques qui commencent à se former. Elles sont utile-