Koehler, Der Curort Soden und Taunus. Frankfort
2. Ed. Stabel, Kreuznach, Trailé pratique des eaux, Bruxelles, 187t.
3. Foix, Elude médicale sur les eaux de Salies-de-Déarn, Paris, 1878.
TRAITEMENT DE LA GOUTTE
On les boit d’ordinaire froides; mais pour répondre à certaines susceptibilités de l’estomac, on en élève parfois la température, ou on les coupe avec du lait de cbèvre ou de vache. Mais nous sommes de l’avis de Rotureau qui préfère les voir prendre froides.
On les méla nge parfois avec dubitterwasser, qui est une préparation artificielle, une espèce d’eau mère préparée sur place.
Le traitement externe consiste en bains, douches, préparés à l’aide des eaux du Panduret du Soolen, dont on élève la température.
Le traitement tant interne qu’externe est de trois à six semaines.
Prises à l’intérieur, les eaux de Kissingen sont purgatives, diurétiques et, comme toutes les eaux chlorurées, reconstituantes.
L’effet purgatif est assez prompt à se produire. Il se manifeste d’ordinaire avant le premier déjeuner et est assez peu prononcé : deux ou trois garde-robes au plus, faciles, de consistance molle et comme en purée. Cette purgation n’entraîne ni malaise, ni faiblesse, ni cuissons à l’anus. Elle n’est 'pas d’ordinaire suivie de constipation.
Lorsque les eaux sont mal administrées ou lorsqu’elles ne conviennent (ju’incomplètement au malade, il peut survenir de l’intolérance. Cette intolérance est caractérisée par une sensation de poids à l’épigastre, par de la perte' d’appétit. Il peut même se produire du gonflement épigastrique, des nausées, des renvois. Si cet état se prolonge quelques jours, il y a de l’anorexie et une couche sahurrale de la langue, de la tension abdominale et des vents. Ce sont là des symptômes d’emharras gastrique et intestinal. Il faut alors, modérer, interrompre le traitement, ou recourir à des moyens appropriés.
L’effet diurétique est plus prompt encore que l’effet purgatif. Labat dit ([u’il n’a pas trouvé d’exception à celle augmentation de la sécrétion urinaire. Cet auteur croit que cette propriété des eaux de Kissingen, comme leur action apérilive, n’est pas seulement due au chlorure de sodium, il pense qu’il faut aussi tenir compte du gaz acide carbonique qu’elles renfermeal*.
Le mouvement imprimé aux actes digestifs et aux séci’élions dé[)endaiiles de ce grand appareil ne saurait avoir lieu sans changer les conditions du système vasculaire abdominal. Ces vaisseaux si disposés à rcngoi’gement cl à la stagnation des li([uides se Irou-
1. Labat, Élude sur la slalion el les eaux de Kissingen, Paris, 18G6.
vent soumis à une stimulation quotidienne qui les réveille et qui les tonifie.
L’excitation vasculaire due aux sels, au fer et à l’acide carbonique que contiennent ces eaux, se traduit par l’accélération du pouls, une sensation de chaleur cutanée et intestinale, une aptitude plus grande à lutter contre le refroidissement; cette disposition peut aller jusqu’à l’état fébrile.
Ces eaux doivent sans doute à l’acide carbonique qu’elles contiennent de produire des vertiges.
Les eaux de Kissingen, d’après Labat, ne sont pas moins efficaces en ce qui touche aux actes de l’assimilation. Il cite des faits d’amaigrissement assez considérable qu’il aurait observés. C’est une sorte d’entraînement, pendant lequel les mouvements de décomposition dominant ceux de recomposition, il y a plutôt de l’amaigrissement, même avec un appétit vif et' de bonnes digestions. Labat trouve là comme un reflet lointain de l’idée des médecins méthodistes qui prétendaient guérir les maladies chroniques par la régénération et la reconstitution du corps humain (métasyncrise d’Asclépiade, recorporation de Cœlius Aurelianus).
Employées à l’extérieur, les eaux de Kissingen (Paudur et Soolen) produisent parfois dos phénomènes d’excitation qu’il faut surveiller.
Il résulte de l’action excitante et tonique de ces eaux que, comme toutes les chlorurées sodiques, elles conviennent surtout aux tempéraments lymphatiques, moins bien aux tempéraments nerveux et hilieux, et très peu aux tempéraments sanguins ; qu’elles seront indiquées dans certains états généraux de l’organisme, tels que l’état anémique, l’état de convalescence, contre-indiquées dans d’autres, tels que l’état pléthorique et nerveux. Elles ne sauraient être appliquées au traitement des maladies chroniques présentant des périodes de recrudescence ou d’acuité pendant la durée desquelles les symptômes fébriles ou inflammatoires font cesser l’opportunité de la médication.
L’action physiologique si déterminée du Rackozy sur les organes digestifs, l’action combinée de la boisson et des bains sur les organes génito-urinaires font pressentir la puissance de la cure dans les maladies abdominales, dans ces localisations tenant à un état diathésiqiie tel que la goutte, mais il faut pour cela que la diathèse goutteuse soit arrivée déjà à une périodeavancée. 11 laut qu ou ail affaire à des mqnifestations abdominales de la goutte chronique.
Des observations récentes sembleraient démontrer, dit Labat, que la goutte elle-même, lorsqu’elle se présente sous la forme atonique ou lorsque le principe arthritique se porte vers les voies digestives et donne lieu à des manifestations irrégulières, pourrait être tributaire de ces eaux.
Quelques médecins ont réussi à dissiper certains engorgements articulaires (tophus) en empruntant le secours du Mutterlauge.
Nous n’hésitons pas à les prescrire dans tous les cas d’anémie survenant chez les individus atteints de diathèse goutteuse et nous pouvons dire que nous nous en sommes bien trouvé. Il n’est pas rare de voir, sous l’influence de ces eaux, survenir des douleurs articulaires, parfois même une véritable attaque de goutte. Ces manifestations, loin d’être inquiétantes, sont l’indice d’une amélioration.
Les manifestations congestives du poumon, du cerveau, que peut provoquer l’usage des eaux de Kissingen sont moins fréquentes qu’avec les eaux de Hombourg et de Nauheim. Aussi devra-t-on les préférer lorsqu’on pourrait avoir des raisons de redouter ces congestions.
Eaux de Cheltenham. — Ces eaux, qui peuvent soutenir avec avantage la comparaison avec les différentes eaux chlorurées d’Allemagne, sont utilisées dans le traitement des états cachectiques goutteux (1721, Baird, Gréville.)
Ces eaux sont très abondantes, et les sources très nombreuses. On y distingue 1“ le vieux Puits (Original Spaou Old Well) 2® le Puits Thompson ou de mont Pellier (Thompson Well ou Montpellier Spa); 3“ l’eau de Sherborne; 4“ la source Pittville; 5“ des sources ferrugineuses. Les principes salins qu’elles renferment varient avec la profondeur des puits dont on les extrait. Il en est toutefois de simplement chlorurées, il en est de chlorurées ferrugineuses comme celle du Royal old Well, la plus anciennement employée. Cette coexistence d’eaux chlorurées ferrugineuses permet de les prescrire simultanément aux malades comme on le fait à plusieurs autres stations thermales similaires, comme on fait à Hombourg, par exemple.
Elles sont légèrement laxatives et provoquent des selles sans exciter l’intestin, sans causer de coli([ues.
Elles sont diuréticiues et agissent favorablement sur le système nerveux qu’elles stimulent légèrement. Dans certains cas, toutefois, elles provoquent un peu de somnolence.
On les prescrit avec avantage dans les cas de diathèse goutteuse avancée, aux dyspeptiques ; car elles ne sont pas seulement purgatives, elles exercent aussi une action tonique sur la muqueuse de l’estomac (Percival). Du reste, en augmentant suivant le besoin la proportion de ces eaux, on peut leur faire produire à volonté de effets apéritifs, purgatifs, altérants ou diurétiques.
On les conseille également avec succès dans les cas de diathèse goutteuse avancée avec congestion hépatique, avec affection rénale, lors de gravelle, de néphrite. Nous avons pu constater sur place les heureux effets que l’on obtient de leur'-administration ; dans ces cas, la quantité quotidienne est d’environ un litre ci un litre et demi. Pour éviter les nausées qui se- produisent parfois et la distension de l’estomac, on prend la dose en deux ou trois fois avec un quart d’heure d’intervalle et de promenade.
La durée de la cure est de quatre à cinq semaines; mais, lorsqu’il s’agit de remédier à des cas sérieux de cachexie ou d’anémie, il faut parfois prolonger l’usage de ces eaux pendant plusieur.s mois. Il est bon alors d’en interrompre l’usage de temps en temps.
D’ordinaire, on fait suivre la cure d’eau chlorurée simple d’une cure d’eau chlorurée ferrugineuse. En Allemagne le plus souvent ou fait marcher de front la cure d’eau chlorurée et celle d’eau ferrugineuse. Les eaux ferrugineuses s’emploient d’ordinaire concurremment avec les chlorurées simples. On les prescrira surtout dans les cas de lymphatisme manifeste, quand la constitution a été fortement ébranlée, quand la débilité générale est très marquée, la force musculaire diminuée, sans qu’on puisse constater toutelois l’existence de lésions organiques. Elles sont surtout utiles dans les cas où il est nécessaire de relever le travail d’assimilation, de stimuler la dépression du système nerveux, de combattre les symptômes d’hypochondrie.
Edwin Lee^ croit qu’il est utile de faire suivre la cure faite à Cheltenham et dirigée contre l’atonie du foie et de l’estomac d’une cure de bains faite à Bath par exemple, et plus spécialement dirigée contre les manifestations articulaii’es delà goutte, ou plutôt, contre les restes de ces manifestations (dépôts tophacés, ankylosés, paralysies.
Il les a vu prescrire avec succès dans les cas de catarrhe chronique gastro-intestinal avec hémorrhoïdes, dans les cas de gra-