Edwin Lee, Cheltenham and Us ressources, Londres
TRAITEMENT DE LA GOUTTE. 6G9
velle urique, de manileslatioiis cutanées de provenance goutteuse.
Il tes croit plus utiles que celles de Wiesbaden avec ses bains, dans les cas où Ton craindrait de produire cliezle malade une excitation trop grande.
On les conseille d’ordinaire au printemps, l’été, et en automne.
On les prend froides à la source ; ce n’est qu’exceptionnellement et pour répondre à certaines susceptibilités qu’on en élève la température.
Eaux de Leamington. — Les eaux de Leamington, voisines des eaux de Cheltenham, sont comme elles des eaux chlorurées sodiques. Elles ne contiennent toutefois pas de fer. Leur réputation est plus ancienne que celle des eaux de Cheltenham. Elles étaient connues déjà au xvi“ siècle, mais leur vogue date du xviiR siècle. Scudamore les conseillait et en laissa une analyse.
Il existe à Leamington cinq sources différentes; la plus anciennement connue est l’Old Well ou Lord Aylesford’s Well.
L’eau de ces sources renferme en moyenne 4 grammes de chlorure de sodium par litre.
On en prescrit l’usage dans les cas de goutte atonique avec catarrhe gastro-intestinal, état congestif du foie. Leurs indications et contre-indications sont à peu près les mêmes que celles des eaux chlorui'ées allemandes.
B. — Eaux chlorurées thermales. — Eaux de Nauheim. — Les eaux de Nauheim, voisines de celles de Hombourg, sont comme celles d’Elisabeth et de Ludwig, des eaux chlorurées simples.
Il existe à Nauheim quatre sources dilîérentes : le Kurbrunnen, dont les eaux se donnent à l’intérieur; le Kleiner Sprudel,qui sert pour les bains de gaz; le Grosser Sprudel et le Friedrich- Wilhelm, qui alimentent les bains.
Elles sont beaucoup plus fortes que celles de Hombourg et, comme elles, contiennent en assez grande proportion du gaz acide carbonique.
Elles sont thermales (18“ Réaumur à 31“.) D’une manière générale cette eau est laxative et purgative. On a remarqué toutefois que de petites doses, quatre onces prises en deux fois par e.xemple, amènent la contipation. Trois verres de quatre onces, à dix minutes l’un de l’autre, produisent une purgation plus complète que s’ils sont pris par demi-heure. Enfin les divers sujets de Lahat, bien (|u’en apparence dans des conditions a peu près semblables, étant
soumis aux mêmes doses, nous présentent tous les degrés, depuis la sensibilité abdominale la plus vive jusqu’à l’inertie.
Il arrive que la constipation succède aux selles trop fréquentes et trop liquides du début; c’est un contretemps dans la cure. Ce contretemps arrive du reste aussi pour les eaux de Hombourg; on y remédie en prenant de temps à autre le matin, avant l’eau de Hombourg, un demi-verre d’eau d’Hunyadi Janos.
Survient-elle plus tard; s’accompagne-t-elle d’embarras gastrique? ce peut être un phénomène de saturation.
Que si nous cherchons, dit Labat^à nous rendre compte de ces effets immédiats sur 1e tube digestif, nous sommes enclins à les rapporter au chlorure de sodium, principe dominant.
Le chlorure de sodium est en trop faible quantité pour être invoqué. Du reste la physiologie enseigne que le chlorure de sodium, au contact des muqueuses stomacale et intestinale, provoque un stimulus sécrétoire très net; d’où l’appétit plus vif les premiers jours, suivi de l’irritation gastrique; d’où la constipation après les selles liquides, enfin l’embarras des première voies, quand la perversion des actes sécrétoires succède à l’hyperémie. Or, ces accidents ne sont point particuliers aux eaux de Nauheim. Ils proviennent des eaux chlorurées fortes et semblent d’autant plus intenses que ces eaux s’éloignent de la proportion de 1 p. 100 de matériaux salins, (moyenne déjà élevée), et qu’elles renferment moins de gaz. Le gaz est bien un stimulant de la muqueuse digestive, mais il possède en même temps des vertus calmantes qui se manifestent secondairement et qui tempèrent l’irritation des tissus et des membranes.
La diurèse et la diaph orèse sont peu marquées par suite de la trop grande concentration du liquide salin.
La modification des fonctions plastiques due à l’usage de ces eaux se traduit par l’état des urines. Il résulte des recherches de Beneke^ que,sousl’innuence des eaux de Nauheim, l’élimination de l’urée augmente de -g- à — lorqu’on les prend en boisson, de
“ÜT ^ 1T seulement lorsqu’on les prend en bains. L’acide carbonique, par le fait de la transformation exagérée des matières azotées, serait éliminé par la peau avec plus d’activité. Il y aurait on outre diminution d’élimination de l’acide phosphorique, ce qui
1. Labàt, Élude sur la station e lis eaux de Nauheim, Paris, t86S.
Deneke, 1860.
TRAITEMENT DE LA GOUTTE
constituerait au profit de l’organisme un bénéfice net des sels phosphatés. Lehmann et Wimmer seraient arrivés aux mêmes résultats.
En vertu de ces prémisses, Beneke conclut à l’administration de ces eaux dans le traitement des maladies qui sont constituées par un retard dans la transformation des matières azotées et le manque de phosphates.
Plus que celles de Hombourg les eaux de Nauheim prédisposent aux mouvements fluxionnaires; aussi ne nous paraissentelles qu’avec réserve devoir être prescrites aux individus atteints de diathèse goutteuse, avancée, auxquels conviennent mieux les eaux de Hombourg, ou mieux encore, celles de Wiesbaden, Baden- Baden, Kissingen.
Si, dit Labat, quelques goutteux ont trouvé par les bains de gaz un allègement à leurs souffrances, et un mojen sudorifique; si les bains minéraux ont pu amener la disparition de produits pathologiques, il n’en reste pas moins vrai que les eaux de Nauheim sont, d’une manière générale, un peu trop- fortes et trop excitantes, administrées aux goutteux. H faudrait qu’ils ne fussent ni trop sanguins, ni trop nerveux,- ni trop affaiblis; en un mot il y aurait trop de restrictions à faire.
Laissus^, à propos des eauxdeSalins-Moutiers, déclare qu’elles sont d’une efficacité reconnue dans les affections rhumatismales chroniques, soit musculaires, soit articulaires, ainsi que dans la goutte atonique, en dehors des accès. A ce propos il est bon de rappeler qu’elles sont très lithinées et très salées.
Eaux de Wiesbaden. — Les eaux de Wiesbaden sont des eaux chlorurées sodiques chaudes, qui jouissent pour le traitement de la goutte chronique d’une grande renommée (Flechsig*). Les sources en sont nombreuses; la température varie de 13“ à 69“.
Ce sont certainement de toutes les eaux chlorurées celles qui peuvent être le plus souvent utilisées dans les cas de diathèse goutteuse arrivée à une période avancée.
On les prend en boisson, en bains et en douches.
Le Kochbrunnen^, dont la température est la plus élevée (69“ G.),
1. Laissus, Les eaux lhevmales de Brides-les-Bains el de Salins-Mouliers, Paris, 1881.
2. Flectisig, BericlUüber die neuern Lieslungen auf dem Geboteder Balneologie, Schmidl’s Jahrb. Rd 103, ii° 7, S. 70, 1859,