‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 210 sur 226 · Magdcburg, Millheilungen über Wiesbaden, Wiesbaden · texte numérisé non relu

Magdcburg, Millheilungen über Wiesbaden, Wiesbaden

peut être, dilMagdeburg, regardé comme le type le plus parfait des eaux de Wiesbaden . On utilise avec le Kochbrunnen, U Adlerbrunnen et le Schutzenhofbrunnen (63° et 50“ cent.) qui sont comme lui prescrits en boisson. Une seule source froide, le Faulbrunnen (13“), est conseillée, suivantles circonstances’, c’est le Kochbrunnen qu’on prescrit le plus souvent; on ajoute de l’eau froide à l’eau minérale lorsqu’on veut augmenter son action diurétique. On la boit à la température naturelle, lorsqu’on vise son effet diaphorétique. On ne se contente plus alors, entre chaque verre, de promenade courtes, on exagère la promenade dans ces cas.

Toutes les autres sources servent à alimenter les établissements de bains qui sont au nombre de pins de trente.

Les bains sont préparés avec ces dilTérentes eaux et refroidis par coupage.

Prises le matin à la dose de 15 à 30 onces, elles activent les sécrétions et finissent par entretenir un flux intestinal modéré. Si l’on en élève la dose et si on les fait boire chaudes, l’effet purgatif est plus prononcé.

Frises à petites doses, et à des intervalles convenables, elles ne produiraient que des effets altérants.

Prises à dose suffisamment élevée, les eaux de Wiesbaden agissent rapidement sur les sécrétions du tube digestif. La salive est augmentée, le buveur éprouve une sensation de chaleur au creux épigastrique, l’appétit est habituellement assez vite exagéré.

Il y a hypersécrétion de toutes les muqueuses. Les selles deviennent verdâtres, pins fluides. Elles sont plus riches en chlorure de sodium et renferment plus d’éléments biliaires. On peut constater un mouvement fluxionnaire des muqueuses du nez, des bronches. Les l’ègles deviennent plus abondantes et sont souvent avancées. La sécrétion lactée est augmentée et l’on peut constater que le lait contient plus de chlorure de sodium.

La sueur est plus intense, mais elle ne paraît pas contenir plus de chlorure qu’à l’état normal (Altbaus).

Leponls est accéléré, et il n’est pas rare de conslalèr de temps à autre des poussées congestives vers la tête.

La sécrétion urinaire est exagérée et l’on voit, suivant Braun, monter le chiffre de l’urée et de l’acide urique contenus dans l’urine. Les recherches faites depuis par Genth et Neubauer ne laissent aucun doute sur l’action diurétique de ces eaux et sur la propriété qu’elles possèdent d’augmenter la forma-

TllAlTEMEA’T DE 1>A r.üUTTE.

lion cl l’éliinination de l’urée et de l’acide urique. Avec l’eau de Kochhriuiueu prise peudaiU ciiuj jours, à la dose de 500 cc., l’uriiie s’éleva dans un cas de 1 .404 cc. , à 1 . 707 cc. et dans l’autre de 1 .252 à 1.305. Sous l’inllueiice de cette eau prise eu boisson et en bains, la quantité de d’urine s’éleva dans le premier cas à 2.050 cc. et dans le deuxième à 1.547.

L’urée monta de 33^'' à 39‘J'',G et 42 grammes; et l’acide urique, de Oîc-,49 à 0'J'',60 et O'J',50.

Le poids du corps diminue dans certains cas; il n’est pas rare de voir se manifester quelques éruptions.

Au bout de six à huit semaines, apparaissent des symptômes de saturation. Le malade éprouve pour l’eau une aversion prononcée. La langue se recouvre d’un enduit blanchâtre; la soif est excessive. Le malade se plaint d’une sensation de pesanteur à l’épigastre. On constate enfin tous les symptômes caractéristiques de l’embarras gastrique. Si l’on n’obéissait tà ces indications, si l’on continuait l’usage des eaux, on verrait bientôt survenir des vomissements, dé la diarrhée, de la congestion cérébrale.

« L’application de ces eaux, disent avec raison les auteurs du Dictionnaire général des eaux minérales, peut se diversifier et se combiner d’autant mieux qu’on y met en œuvre des degrés variés de chaleur, et que la médication basée sur les bains partiels et généraux, les douches et les étuves, s’aidera de cette lhermalité même et d’une minéralisation effective pour devenir tantôt excitante et substitutive, tantôt résolutive, le plus souvent tonique et reconstituante. »

L est surtout dans les états morbides où la faiblesse prédomine qu’on les emploie, dans tous les cas où il faut relever les forces :générales.

La diathèse goutteuse avancée, c’est-à-dire la diathèse goutteuse (jui se traduit parles manifestations décrites sous le nom de goutte chronique et par l’anémie, est inscrite au premier l'ang des spécialisations de AViesbaden. C’est la forme torpide qui selon Braun est le plus heureusement modifiée par les eaux de AViesbaden. La tendance aux paroxysmes en restreint l’emploi. Il faut se méfier d’une stimulation trop vive, qui, pour être utile dans la goutte atonique ou dans les cas de déformation ét de nodosités articulaires, présenterait ici, comme à llombourg, Aaubeim et même Kissingen, des dangers réels.

I. Diclion. f/éuéral des eauv minérales, l. II, l'aris, 18ü0. LKconciiÉ, GuuUe.

(i7i TIIAITÉ TllÉülUOUE ET l'RATlOÜE DE LA GOUTTE.

Celte réserve faite, on emploiera les eaux de Wieshaden pour comljallre les contractures, les ankylosés, (pii se nianifestenl à une période avancée de la goutte.

Elles ne seront pas moins utiles dans les cas de catarrhe clironiipîe de l’estomac et de l’iulesliu. On les conseille encore dans les cas de paralysie d’origine périphériipie, survenant chez les goutteux à la suite de compression des nerfs par des nodosités, par des hyperplasie.s du névrilème.

Comme elles sont diurétiques , elles favorisent l’élimination de l’acide urique et tendent à en débarrasser le sang.

Cergeus assure que, lorsque les paroxysmes de la goutte ont cessé d’affecter les articulations pour se jeter sur des organes internes, l’usage graduel et modéré des eaux de Wiesbadeu pourra ramener la goutte vers son lieu d’élection C Magdeburg les conseille aux goutteux qui présentent les symptômes de la pléthore abdominale, aux graveleux. Il les croit utiles dans tous les cas de goutte, ipiello qu’en soit la variété.

A'^oici selon Roth quelles sont chez les goutteux les propriétés des eauxdc Wiesbadeu-.

1» Elles font disparaître les restes de l’inflammation des joint'nres.

Elles facilitent la résorption des dépôts.

Elles diminuent le nombre des attaques.

.i“ Elles atténueuH’intensité des affections rénales.

5“ Elles font disparaître du sang l’acide urique.

0" Elles peuvent être employées dans les cas de diathèse simple ou de manifestations viscérales goutteuses sans mauilestalions articulaires.

Nous pensons qu’en dehors de la maladie ce qui doit primer toute autre indication des eaux de Wiesbadeu comme celle de toute eau chlorurée, c’est l’asthénie du malade, c’est le besoin qu'a l’organisme d’être stimulé et réparé. Pendant la cure de AViesbaden il u’est pas rare de voir se produire une attaque de goutte ; mais, l’attaque passée, la santé générale s’améliore rapidement et le malade se trouve pour plusieurs années tà l’abri de toute espèce do malaise.

Les cures se font surtout au printemps et en automne. La cha-

1. Gergens, Trailé des eaux min. du Duché de ISas'uni, l8o-J.

i. l’voUi. Virchoiu’s Arch., t. IV, S. 398.

rilAITEMEiNT DE LA COLITE. C75

leur e.vcessive qu’il fait l’été àAViesbatleu en rend le séjour pénible et désagréable, constatation que nous avons pu faire nous-inêine. On poui'rait au besoin prolonger la cure tlaiis une saison avancée et mêine la faire l’hiver.

Eaux de Baden-Baden. — Les eaux de Baden-Baden, bien que moins renommées que les eaux de AViesbaden, partagent avec elles la propriété d’être conseillées dans certains cas de diatbèse goutteuse avancée.

Les eaux de Baden-Baden sont des eaux chlorurées sodiqiies dont la température varie de 44® à 67° G.

Les sources y sont nombreuses; quelques-unes contiennent du fer comme le Stahlbad. La principale de ces sources est la Hauplquelle. Deux d’entre elles seraient très lilhinées ; on les utilise en boissons; ce sont laMurquelle et la Festquelle.

Les eaux de Baden-Baden se prescrivent en boissons, en bains, en douches.

Ces eaux paraissent constiper, ce qui tiendrait, selon Althaus, à l’élévation de leur température. Aussi les mélange-t-on volontiers, lorsqu’on les donne à l’intérieur, aux eaux de Carsbald; de même qu’on additionne assez fréquemment l’eau des bains d’eau mère de Kreuznacb.

On les prescrit d’ordinaire aux goutteux atteints de gravclle.

Elles conviennent surtout aux goutteux affaiblis par la longueur de leurs souffrances ou épuisés par des traitements intempestifs, aux goutteux de constitution délicate.

Sous l’influence de ces eaux, prises surtout sous forme de bains, de douches, de bains de vapeur, on voit l’état des jointures se modifier, les membres reprendre leur activité. Elles paraissent agir non seulement sur la jointure elle-même, mais encore sur le système musculaire et nerveux. Cette amélioration est toutefois souvent précédée d’un mouvement fluxionnaire des articulations, qui momentanément semble aggraver l’état du malade.

On les prescrit encore avec succès dans les cas de céphalalgie de nature goutteuse, qui se limitent à un côté du crâne et qui a|)paraissent d’une façon périodique.

Nous sommes convaincu que, parmi les eaux minérales françaises, il est des eaux chlorurées sodiques faibles qui, dans certains

cas, remplaceraient avec avantage lescbloruréessodiquesallemandcs

et anglai.ses; telles sont celles de Bourbonne, de Bourbon-l’Ar-

676 TllAlTÉ TllÉOlUQUE ET PllATlQL’E DE ].A GOUT I'E.

chainbaull, tic Bourbon-Laiicy, tle Balaruc, donl la tberinalité est très élevée (47% 58“ cent.), et dont les cffels lbérapeuti([nes doivent se rapproeberde ceux que produisent les eaux de Wiesbaden ou de Baden-Baden. Telles sont encore celles d’üriagc, de Salins (Savoie) dont la tbermalité est plus basse (27“ à 38»). Mais, lorsqu’on recberebe, dans les travaux qui ont trait à ces eaux, quelles en sont *

les indications, on s’aperçoit que c’est surtout contre le rbuma- J*

lisme qu’on les prescrit. C’est cà peine si l’on y trouve l'ormulées •

(luelques indications ayant trait à la goutte. ;

Toutefois nous voyons le B’’ Régnault conseiller les eaux de Bourbonne aux individus atteints de rbuinatisme goutteux, surtout f lorsque chez ces malades les manifestations présentent un certain | caractère d’atonie'. i|

Lebret signale d’autre part que, sous l’influence des eaux de |

Balaruc prescrites à des goutteux, on voit se dissiper d’une façon |

temporaire ou durable les engorgements articulaires dont ils sont i

atteints.

Enfin il ne faut point oublier que ces eaux à haute tbermalité sont prescrites avec avantage, comme celles de AViesbaden, aux individus atteints de paraplégie, d’bémiplégie, de nodosités articulaires, et tout porte à croire que leur mode d’action est le même. Aussi ' n’bésitons-nous pas à penser qu’elles ne seraient pas moins effi- , races qu’elles dans le traitement de la diatbèse goutteuse avancée.

JY. — Daiix «liles îmlifTércntes. — Les hydrologistes c désignent sous ce nom des eaux caractérisées par une tbermalité nettement accusée, et qui d’autre part ne sont qu’assez faiblement J

minéralisées. ^

Les principes minéralisateurs que contiennent ces eaux sont assez variés. Les unes en effet, comme Gastein, Plombières, sont des sulfatées sodiques; d’autres sont des bicarbonatées calciques comme Ragatz-Pfâffers, Treplitz, ou des chlorurées sodiques comme Wildbad, ou des bicarbonatées sodiques mixtes, comme Néris.

Le principe minéralisateur de chacune de ces eaux est en pio- ^ portion si insignifiante, qu’on se trouve forcément conduit à i expliquer autrement que par leur composition chimique les propriétés thérapeutiques dont elles jouissent. On ne sam ait . , en effet attribuer l’effet curatif de ces eaux au bicarbonate de cbaux que les eaux de Tœplitz et de Ptàffers contiennent a la

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