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Itegnaull, Ann. de la Soc. il'hijdi'ologie, t. II

TUAITEME.NT DE LA GOUTTE

dose de l gramme par litre; ni au sulfate de soude que cou-

tieiment les eaux sulfatées sodiques dcGasteiii et de Plombières, à la dose de O", 2 à 0'i’',05 par litre ; ni au chlorure de sodium que reufermenl leseauxdeAVildbadàladoseO'J'VlOparlitre. Les 0''’’, 4 de bicarbonale de soudé que contiemient les eaux de JNéris ne donnent pas davantage l’explication de l’efficacité de ces eaux.

On a cherché à expliquer par l’état électrique de ces eaux leur action curative. Mais les travaux de Scoutteten ne nous paraissent pas jusqu’à présent avoir servi à élucider la question. Aussi se trouve-t-on forcé d’attribuer à leur thermalité plus ou moins élevée l’action thérapeutique qu’elles possèdent dans certains cas.

La thermalité élevée est du reste un caractère commun à ces différentes eaux. Cette thermalité est assez variable. Tandis que nous voyons en effet la température des eaux de Plombières osciller entre '11° et 71° centigrades, celle de Néris entre 46° et 52° centigrades, celle de Gastein entre 31° et 71", nous constatons que celle des eaux de Tœplitz est de 36° à 40° degrés centigrades, que celle des eaux de Pfâffers n’est que de 35° et 36°, et celle des eaux de Wildbad de 35° à 38“.

Ces eaux peuvent se prendre à l’intérieur, mais c’est surtout à l’extérieur qu’on les prescrit sous forme de bains, de douches. A Tœplitz on administre même des bains de boue, Ce n’est en soniine que de l’hydrothérapie chaude qu’on fait à ces différentes stations-,, aux(|uelles nous pourrions ajouter cellesde Bath etde Buxton,donl nous avons déjà parlé à propos des sulfatées et des bicarbonatées calciques. C’est probablement à cause de leur thermalité que certaines eaux nettement minéralisées comme celles d’Aix-en-Savoie, d’Aix-la-Chapelle, ont été, dans ces derniers temps, prescrites avec avantage dans les mêmes conditions que les eaux précédentes.

Lorsqu’on recherche, dans les travaux spéciaux, les indications de ces eaux, on voit que l’usage en est recommandé dans les cas de troubles de l’innervation; qu’elles sont conseillées contre les névralgies, contre le rhumatisme musculaire, contre les paralvsies de provenance rhumatismale. Mais en général les auteurs soûl assez réservés lorsqu’il s’agit d’individus atteints de goutte. Pour nous, nous n'hésitons pas, après avoir expérimenté laplupai't d’entre elles, à dire qu’elles nous pai'aissent tout à fait appropriées au traitement de certains cas de diathèse goutteuse.

Que la diathèse goutteuse se soit déjà traduite par des manifestations articulaires ou viscérales, (|u’elle n’ait encore accusé sa

I»i'éseiicc ((uo p;ir l\>lat des urines, il arrive parlbis qu’elle ne cause que des Irouhles variés de nalure nerveuse ou musculaire; c’est dans ces cas que ces eaux diles indilTérentes nous senililent ! Justement indiquées.

On les conseillera donc aux goutteux qui se plaignent de névral- | gies du trijumeau, du cubital, du sciatique, comme nous en avons II observé plusieurs cas, aux goutteux afl'ectés de certaines formes de fi gastralgie ; àceux qui sont tourmentés de ces hémicranies qui parais- I sent siéger dans le péricràne; à ceux qui accusent de la douleur à la nuque, de la pleurodynie, de la rachialgie.

Elles conviennent aux malades atteints de goutte chronique, et qui, dans leurs manifestations, présentent les caractères du type nerveux et du type musculaire que nous avons décrits plus haut.

Elles ne paraissent avoir aucuneaction sur la diathèse goutteuse elle-même; elles n’agissent très probablement que sur les manifestations. Seulement il n’est pas rare de les voir, en agissant sur le système nerveux, modifier la nature de ces manifestations au grand profit du malade. Tantôt elles les attéinient, les font disparaître. Tantôt elles provoquent des manifestations articulaires, c’està-dire qu’elles transforment une goutte viscérale ou irrégulière goutte articulaire et régulière. Aussi ne doit-on pas s’effrayerde voir un malade être pris, sous l’influence do ces eaux, d’une attaque de goutte articulaire. Il n’y a qu’à s’en féliciter. Voici du reste certains détails utiles à connaître sur quelques-unes de ces eaux.

Eaux de Wildbad. — Ces eaux sont proscrites à l’intérieur et à l’extérieur, mais surtout à l’extérieur, sous forme de bain général on partiel, sous forme de bains de piscine, de douche.

A l’intérieur on les prend le malin avant de déjeuner, elle soir après la digestion. On ajoute à l’eau, selon le besoin, du lait ou du ,|| petit lait. La boisson chaude, dit Burckhard, est de plus en plus | en usage, et tel malade ne vient ici que pour boire de notre source, i Celte eau produit souvent la constipation. Parfois l’ingestion en 2 est souvent suivie de malaise, de manque d’appétit, de coliques, fl Dans ces cas il faut diminuer la dose et, si le dégoût persévère, fl renoncer à l’usage interne. fl

Les effets des bains sont assez variés. La lassitude, l’alTaissement, j le vertige, le mal de tête, la somnolence, la fièvre qu’ils provoquent jî parfois, constituent desasymptômes qui, s’ils prenaient de la durée, nécessiteraient un changement ou une interruption dans la cure. L’appétit d’ordinaire augmente après les premiers bains et la

TRAITEMENT DE LA GOUT'l'E.

initio s’ainéliüre. Le corps gagne en poids à mesure (jne la santé s'améliore. Les Ibnctionsde la peau eUles reins sont heureusement modiliées.

Les névralgies, les hyperesthésies partielles, les spasmes locaux, les contractions toniques et les crampes, ainsi que les paralysies des nerfs périphériques, trouvent souvent leur guérison.

Les désordres dans les nerfs sympathiques, causes d’une foule d'accidents névralgi((ues, ont parfois été traités avec succès.

AVildbad doit sa renommée à l’éti’anger, ajoute le même auteur, aux heureux effets que ses sources produisent sur les affections de la moelle épinière et de ses enveloppes; outre l’irritation des nerfs de la sensibilité et de la locomotion, les paralysies à tous les degrés ont été arrêtées, améliorées ou guéries par l’asage de MOS thermes. Nous avons constaté ces effets dans des cas provenant de lésions de nature diverse et entre autres de nature goutteuse.

Les résultats qu’on obtient pour le rhumatisme chronique sont très satisfaisants. On peut en dire autant, quoique à un moindre degré, de la goutte. Les médecins qui sont d’avis que les thermes indifférentes, ditBurckhard, ne conviennent pas à ce genre de maladies, pourraient se convaincre chez nous du contraire dans des cas où des eaux plus riches ont été sans efficacité. Le goutteux devra s’observer pour le régime et savoir que des bains prolongés amènent aisément des attaques aiguës.

Les cures se font l’été, mais tout est disposé à Wildhad pour pouvoir entreprendre ou continuer les cures l’hiver.

Eaux de Gastein. — Les eaux de Gastein se prescrivent à l’intérieur et à l’extérieur, mais surtout à l’extérieur en bains d’eau, de vapeur, en bains locaux. Les eaux de Gastein se boivent chaudes ou refroidies.

La température de ces eaux doit être appropriée aux différents tempéraments, dit Præll : froides pour les tempéraments bilieux, sanguins ou mélancoliques, disposés aux congestions ou aux alfections dont le caractère est celui de l’irritabilité et lorsque les fibres sont tendues ; — chaudes (au-dessus de 28“ Réaumur) pour hts tempéraments qui sont pblegmatiques ou faiblement mélancoliques, disposés à l’anémie ou aux alfections dont le caractère est celui de )•elàchement‘ .

Pour le bain, la température de l’eau^loit être agréable. Il est

I. Gaslein, slaliou thermale et climatérique d'été, Vienne, t87i).

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TIIAITK TllÊOniOül>:

ET l'UATIOUE DE LA GUl^TTE

prépim! en paiTies égales d’eau ordinaii e bonillanle el d’eau minérale. On allend pour le prendre (ju’il ail la tempéralui'e voulue el l’on y reste aussi longTemps que l’eau ne devienl pas sensiDlenienl l'raîclie.

Præll conseille de ne se décider à (aire une cure à Gaslein que si l’on a la certitude qu’après la cure on pouixa passer trois mois sans se (atiguer le corps et sans troubler la douce quiétude de sou cœur et de son esprit.

C’est le matin qu’on doit de préférence boire les eaux de Gastein. Chaudes, elles constipent, excepté dans les cas d’anémie; froides elles provoquent des évacuations légères.

Ces eaux sont essentiellement toniques. Elles stimulent l’appétit qui augmente malgré une nourriture simple. Elles stimulent les systèmes musculaire et nerveux.

L’excrétion de l’urine s’accroît, les sueurs sont plus abondantes.

La production on l’augmentation générale de la cbaleur du corps est un des effets les plus constants de ces eaux prises à l’intérieur ou à l’extérieur.

On peut envoyer à Gaslein, dit Præll, tout malade alfecté d’un mal (même si son siège est inconnu), qui dure plus d’une année, pourvu qu’il n’ait pas de fièvre et que son mal n’augmente pas à la suite d’un repas si modeste qu’il soit. Tonte faiblesse de l’organisme, quelle qu’en soit la cause, relève des eaux de Gastein.

Elles sont souveraines dans l’état clironique du rhumatisme et de la gonite, sous toutes les formes et avec toutes leurs suites, s’il y a véritablement faiblesse.

Elles ne sont pas moins efficaces contre les localisations de la goutte, qu’il y ait douleur, raideur ou ankylosé.

On les prescrira de préférence en boisson lorsqu’on voudra, chez les goutteux, agir sur les reins plutôt que sur la peau.

Les eaux de Gastein ontpour propriété d’exagérer les soulTrance.s du malade avant d’en amener la disparition ou l’amélioration, c’est ce que Præll appelle la crise ou la réaction. Tout mal que Gaslein fait paraître, dit cet auteur, est guéri par le mèine agent.

Il faut savoir distinguer ces phénomènes de crise salutaire des phénomènes de saturation qui d’ordinaire ne se manifestent que vers le di.x-septième bain, quelquefois vers le septième, neuvième ou onzième. On ne saurait trop tenir compte des phénomènes de saturation; car si l'on prolongeait au delàdu,terme l’usage de ces eaux, on pourrait non seulement détruire tout le bien obtenu par

TUAITEMEXT DE LA GOUTTE. GSI

la cure, mais encore rendre l’étal du malade plus grave qu’auparavanl.

On évitera d’envoyer à Gastein des goutteux présenlanl dans leurs manifestations un certain caractère d’acuité. L’hiver, le printemps et l’automne sont les meilleures saisons de l’année pour se rendre à Gastein. L’époque la plus favorable est du 7 août au 15 octobre.

Eaux de Pfàfers-Ragatz. — Ces eaux, qui de PftU’ers sont conduites à Ragalz, se prennent à Ragatz plutôt qu’à Pfàfers où le confort est moins grand.

Légèrement chargées d’acide carbonique, elles se prescrivent en boissons et en bains; mais c’est surtout sous forme de bains isolés ou de bains de piscine qu’on les prend.

Elles sont sans odeur ni saveur et se boivent à la dose de un demilitre à un litre par jour.

Le bain s’administre mainlenanlàRagatz comme partout ailleurs. La durée est d’une demi-heure à une heure. On en prend deux par jour. Autrefois onprenaitle bainde 10 àlâheures; ou observait alors, comme à Loecbe, le phénomène de la poussée. Aujourd’hui l’éruption exanthémateuse s’obtient moins fréquemment, sans que les médecins aient lieu de le regretter.

Ces eaux sont très manifestement diurétiques et ne paraissent point augmenter le chiffre normal de l’urée et de l’acide urique. (Franz Daffner) L

Elles agiraient très favorablement, suivant Ludwig, sur les nerfs sensitifs et les centres nerveux et augmenteraient ainsi l’étendue des mouvements réflexes. Elles seraientdu reste sans influence sur la fréquence des battements du cœur et des mouvements respiratoires.

On les prescrit aux individus affaiblis, atteints de diathèse goutteuse avancée avec paralysie ou raideurs articulaires. Daffner fait remarquer (pie les goutteux constituent la classe la plus nombreuse des malades qui se rendent à Ragalz. Mais on doit se garder d’envoyer à celle station des malades dont l’excitabilité sérail exagérée. Dans ces conditions on ne pourrait que voir s’aggraver leur étal. Celle réserve faite, on prescrira ces eaux aux goutteux alleiiils de névralgie (sciatique, lie douloureux). Leur iiilervenlion (‘St souvent efficace dans beaucoup de cas de dyspepsie avec prédomiuancede l’élément nerveux. Ou voit alors se régulariser proiujile-

1. Franz DalTiicr, Die indifl'erenie TItenne von f* fit féru Ragal-^ in (1er Schweii. Wicn, IS7f5.

OS'i Tr.AlTÉ TIIÉ0H1(.)UH ET l'IiATlOfE DE I.A GOUTTE. :

itieiil les lonclions digestives a mesure qu’nno révulsion presque j insensible s’établit à la surlacc de la peau soumise aux bains j'épétés,

Eaux de Néris. — Bien qu’on n’ait pas l’iiabilude de prescrire les eaux de Néris et de Plombières dans les cas de diathèse goutteuse, nous sommes convaincu qu’elles trouveraient leur application dans des cas analogues tà ceux qui relèvent de Wildbad, Gaslein et Bagatz. Du reste nous trouvons dans les auteurs qui se sont occupés de ces eaux des indications qui, bien qu’exprimées avec réserve, ne laissent aucun doute à cet égard.

Voici en quels termes s’exprime Bonnet de Malherbe relativenient à l’action des eaux de Néris dans le traitement de la goutte.

« A Néris néus admettons les goutteux, mais dans une certaine mesure, surtout pour résoudre ces engorgements passifs des articulations qui persistent longtemps après les accès; mais en nous associant à cette remarque de M. Rotureau, que l’emploi des eaux est inutile lorsque ces engorgements sont compliqués de toplius nombreux, déformant les petites articulations et rendant leurs mouvements presque impossibles '. »

De Ranse dit de son côté : « J’ai observé beaucoup moins fréqueninient la goutte que le rhumatisme chez les malades que.j’ai eu à traiter àNéris. Dans la plupart des cas la disposition générale arthritiipie était dominée et en quelque sorte dissimulée par un état névropathique des plus accentués. Le traitement hydro-minéral agit favorablement sur cet état névropathique »

Nous n’hésitons pas à croire que ces eaux seraient efficaces dans les cas d’hyperesthésie musculaire, de névralgies faciale, sciatique, intercostale, de paralysies périphériques, qui ue reconnaissent d’autre cause que la diathèse goutteuse, et qu’on pourrait, avec utilité pour les malades, généraliser l’usage de ces eaux.

Eaux de Plombières. — Depuis les temps les plus reculés, disent Hulin et Bottentuit^, les goutteux sont venus demander aux ('aux de Plombières un remède à leurs maux. Leur affluence était lelle que le bain des Capucins s’appelait aussi bain des goutteux - Chaque année un grand nombre de ces malades viennent à Plombières.

1. lionnct de Malheibc, Guide médical des eaux de Néris, l’aris, 1871.

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