Theodor, Zlschr. f. Biologie, XI\, s
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les mouvements du corps. En somme, il résulte de ces recherclies que le froid, quelque soit sou mode d’emploi, est uii stimulant de l’économie, qu’il agit eu augmentant l’activité Ibnctiouuelle des différents organes. Les auteurs qui se sont occupés de l’hydrothérapie sont du reste unanimes à reconnaître que c’est bien, en effet, un des principaux résultats que peut fournir cette médication.
Les effets de l’hydrothérapie, dit Beni-Barde, sont multiples. Ils sont antiphlogistiques, sédatifs ou excitants.
Les seuls effets qu’on doive rechercher dans le traitement de la diathèse goutteuse sont les effets excitants, c’est-à-dire toniques et reconstituants; ce sont ceux qui sont en rapport avec la dissociation plus intense des matières azotées, avec la production exagérée de l’acide carbonique ; c’est dire assez qu’à notre point de vue l’hydrothérapie en douches et en affusion ne peut être conseillée aux goutteux que lorsque la maladie est arrivée déjà à une période avancée de son évolution.
Les phénomènes physiologiques qui se manifestent alors sont tout • à fait en rapport avec le travail nutiàtif exagéré qui se produit sous l’influence du froid et qu’ondoit chercher à provoquer à une période avancée de la goutte, alors que l’anémie s’est déclarée et que l’état cachectique est manifeste; voici en effet les résultats que l’on observe on pareil cas, d’après Beni-Barde.
L’hydrothérapie, pas plus que le fer et le quinquina, ne peut opérer un changement matériel dans les éléments constitutifs du liquide nourricier. Comme ces médicaments, et plus sûrement qu’eux dans beaucoup de circonstances, elle aide l’économie à utiliser les véritables éléments de l'éparation que l’homme trouve dans l’air qu’il respire et dans la nourriture qu’il absorbe. Sous son influence, toutes les fonctions se réveillent, la circulation et l’innervation se régularisent, les mouvements d’assimilation et de désassimilation sont plus prononcés, l’écbange des matières est plus actif et finalement l’organisme éprouve une véritable régénération. Ces effets reconstituants sont incontestables; ils offrent une ressource précieuse contre les maladies d’une nature anémique ou asthénique en favorisant l’absorption des éléments réparateurs, et contre les maladies dyscrasiques en aidant tout à la fois l’organisme à se débarrasser des éléments nuisibles et à compenser les pertes qu’il a éprouvées. Nous ajouterons qu’il faut du temps el
I. Beni-Bai'dc, Traité théorique et pratique d’hydrothérapie, P.iris, 18T-1.
TUAITEMIiNT DE LA GOUTTE.
Ci)l
beaucoup de palieucc pour atteindre le but que l’on se propose, c’est-cà-dire la reconslitulion de l’organisme.
En SC plaçant à notre point de vue, c’est-cà-dire si l’on considère (jue la diathèse goutteuse est caractérisée par une hypernutrilion, on ne doit guère penser à utiliser l’hydrothérapie pour la combattre ; tout au plus pourra-t-on avoir recours à quelques-unes de ses applications pour combattre les poussées fluxionnaires des articulations. On ne peut, dans ces cas, demander à l’hydrothérapie que les effets antiphlogistiques qu’elle peut produire. C’est pour obtenir ces effets que quelques médecins n’ont pas craint de conseiller, sur les articulations prises, l’application de compresses d’eau froide, ou bien encore des bains de pieds à une basse température; mais le danger possible d’une telle médication nous paraît trop menaçant pour que nous conseillions jamais d’y recourir.
Mais nous croyons qu’il y a lieu de penser à l’hydrothérapie proprement dite, c’est-à-dire aux douches, aux affusions froides, à une période avancée de la goutte, à sa période terminale, lorsqu’il s’agit de relever les forces du malade, lorsqu’on a à combattre la cachexie et l’anémie, conséquences ultimes de la diathèse. Nous partageons à cet égard l’opinion de Jleni Barde.
Quand la goutte provoque une dépression des forces, quand 1a peau est pâle et les muscles amoindris, quand l’innervation est frappée d’épuisement, quand enfin l’organisme est affaibli et que la cachexie est menaçante, s’il n’existe aucune complication sérieuse du côté du cerveau, des poumons ou du cœur, on peut, en toute sécurité, conseiller des douches froides générales, courtes, ou une friction avec un drap mouillé fortement tordu. On produit, à l’aide de ces moyens longtemps continués, une action tonique très salutaire.
Si la peau est sècb.e et si le malade est assez fort pour supporter l’action prolongée du calorique, on emploiera l’étuve sèche ou l’étuve humide et l’on aura soin de compléter l’action calorique par une application froide ou fraîche. La température de l’eau sera déterminée par le degré de susceptibilité du malade.
S’il existe des douleurs erratiques ou localisées dans certaines j)arties du corps, sur le trajet d’un nerf ou sur un groupe musculaire, on obtiendra d’heureux résultats avec la douche écossaise; si les articulations sont engorgées et que des incrustations salines gênent les mouvements, ou fora précéder la douche générale d’une douche froide localisée sur l’articulation malade; si l’excita-
TIIAITÉ TllEOlUQUE ET
PIIATKJEE de la (iOLTTE.
bililo nerveuse est grande, le procédé (jui rend le plus de services consiste dans t’applicalion du inaillol ou du dend-inaillot d’une heure de durée environ, imniédialemcnt suivie d’une immersion ou plutôt d’une friction avec un drap convenablement mouillé.
Dans les cas de goutte viscérale, l’hydrolhérapie peut être utilisée et rendre d’immenses services, mais on ne devra y avoir recours qu’avec la plus grande circonspection et ne pas oublier que, si la réaction ne se fait pas, les manifestations viscérales ne peuvent que s’aggraver. On devra à cet égard tenir grand compte de l’étal des reins; l’e.xislence d’une néphrite, la possibilité de la voir naître sous l’influence du froid constituent pour nous une condition défavorable à l’hydrothérapie. S’il existe des lésions matérielles du cœur, l’hydrothérapie ne nous paraît devoir être conseillée (|iie dans des cas exceptionnels.
Les névroses goutteuses i«jus semblent à meilleur litre plus justiciables de l’eau froide.
Quelle que soit du reste, dit Béni Barde, la ligne de conduite (]ue l’on suive dans le trailemeul de la goutte, il ne faut pas oublier que l’hydrothérapie a pour but de favoriser le mouvement d’assimilation et de désassimilation, de faciliter les sécrétions et notamment celles de la peau et des reins, de régulariser l’innervation, de prévenir les congestions cérébrales en facilitant la circulation cutanée et en définive de ramener l’équilibre dans toutes les fonclioiis de l’organisme.
Il existe un préjugé, surtout parmi les malades, préjugé difficile à déi'aciner, c’est que dans la goutte les bains sont à éviter; et cependant nous voyons les médecins les plus autorisés en cette matière ne pas hésiter à les prescrire. Ainsi Desaul et Lobb conseillent les bains chauds comme utiles et facilitant la circulation du sang. Scudamore croit que c’est à sa thermalilé que Buxlon doit son efficacité dans le traitement de la goutte. En présence des heureux effets qu’on retire, dans le traitement de la goutte, de cures faites à Wildbad, à Gastein, à Pfâfers, nous avons cru pouvoir prescrire, dans certains cas de goutte chronique, l’hydrothérapie chaude sous, forme de bains, de douches, à la température de 25°à40“ centigr., et nous n’avons eu qu’à nous féliciter de celle détermination. iNous en avons retiré de bons effets comme médication sédative dans les cas d’hyperesthésie, de myalgies, qui se rencontrent si souvent dans le cours de la goutte chronique. Il nous arrive souvent d’administrer simultanément, dans ces cas tenaces, le salicylate de
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somleàla doso de I i>ranime par jour, coiilinuée pendant plusieurs semaines. Nous sommes heureux de pouvoir signaler que le !)'■ Lemarrhaud, qui dirige depuis de longues années un établissement liydrolhérapi([ue au Tréport, nous a dit avoir employé avec succès les douches chaudes en pareil cas.
Nous nous sommes parfois 1res bien trouvé de conseiller les douches de vapeur localisées, que déjà prescrivait Barthez lorsqu’il s’agissait de modifier l’état d'une jointure déformée et douloureuse.
Des itnins ci’nii* eouiprimé. — -Les ti’avau.x relatifsau processus d’assimilation et de désassimilation qui se passe dans l’économie et auxquels nous avons fait appel à propos de la pathogénie pour démontrer ce que l’on devait actuellement comprendre sous le nonidetravail nutritif, démontrent surahondammenl que l’oxygène ne joue clans ce travail qu’un rôle secondaire. On ne peut plus le regarder comme l’agent principal de ce travail qui, lui-même, ne saurait plus être considéré comme le fait d’une combustion, ainsi (|ue l’avaientsupposéLavoisieret plus tardLiehig. Introduiten excès dans l’économie, l’oxygène n’augmente pas les combustions. Du reste, il paraît démontré que, quelle que soit la forme sous laquelle on le jerésente, qu’il s’agisse d’air suroxygéné ou d’air comprimé, qu’il s’agisse même d’inhalations d’oxygène pur, la quantité qu’en absorbent les globules sanguins n’est nullement augmentée.
C’est donc à tort que les partisans des bains d’air comprimé pensent pouvoir, à l’aide de ces bains, augmenter l’oxygénation du sang. Il n’en est rien, et d’ailleurs en fût-il ainsi, cet excès d’oxygène dans le sang ne modifierait en rien le processus nutritif.
Ce n’est assurément point à la quantité plus considérable d’oxygène qu’il renferme que le bain d’air comprimé emprunte son action efficace dans le traitement des états cachectiques et anémiques. Ce n’est point à ce titre qu’il peut être utile de le prescrire aux goutteux arrivés à une période avancée de la maladie.
Lorqu’on étudie l’action de l’air raréfié sur l’économie, on voit qu’une de ses conséquences les plus certaines, c’est la production de l’anémie. De ce fait il était tout naturel de conclui’e, ainsi que l’a fait Jourdanet S que l’air comprimé doit avoir une action opposée et par conséquent doit être propre à combattre l’anémie. Il en parait être ainsi, si l’on en juge d’après les résultats que disent avoir obtenus les médecins les plus recommandables, dans les étals
I. Jourdanot, Influence de la pression de l'air, l^u•is. 1875.
cachecliques quelle qu’cn soilla provenance. A ce Dire les bains d’air comprime nous ont semblé favorables dans certains cas de caclie.xie goutteuse. Quant à attribuer leur efficacité, dans ces cas, à leur action sur les matières organiques, sur l’acide urique dont ils activeraient la combustion, cette opinion, nous le savons, est actuellement insoutenable. Nous pensons que l’action favorable qu’ils ont sur l’économie est due tout entière aux modifications qu’ils exercent sur la circulation parle fait de l’augmentation delà pression atmosphérique, et par suite sur les différents organes dont ils luodilienl favorablement les fonctions.