‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 3 sur 226 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

que nous ont fait accepter les nombreuses recherches auxquelles nous nous sommes livré.

Les arguments qui nous paraissent militer en laveur de cette dernière opinion sont nombreux ; nous les examinerons avec soin. Actuellement nous ne voulons en signaler qu’un, mais qui nous paraît sans réplique. Nous le tirerons de la nature du traitement propre aux goutteux. Il est une médication de la diathèse goutteuse qu’a consacrée l’usage et que prescrivent tous les médecins, même ceux qui ne voient dans la goutte qu’une maladie par suboxydation ou par nutrition retardante, c’est la médication alcaline, bicarbonatée et sulfatée sodique. Or cette médication, qu’on conseille à tous les goutteux dont les manifestations sont de date récente, alors que la maladie est dans toute son acuité et dans toute son intégrité, consiste dans l’administration d’eaux minérales qui, telles que celles de Vichy, de Vais et de Garlsbad, font baisser le chiffre des dissociations azotées. Pour comprendre l’action salutaire de ces eaux, pour en légitimer l’emploi, il faut donc de toute nécessité qu’il existe chez les malades atteints de diathèse goutteuse une véritable hypernutrition. S’il en était autrement, loin d’être favorable au traitement de cette diathèse, l’usage de ces eaux ne pourrait que l’aggraver, puisqu’elles ont la propriété de ralentir la nutrition.

Mais cette hypernutrition, qui, pour nous, engendre la goutte et qui réclame la médication alcaline, ne constitue pas la seule indication thérapeutique à remplir chez le goutteux. C’est à tort, à notre avis, que la généralité des médecins, trop confiants dans les préceptes anciens, se contentent, en présence des manifestations goutteuses, de conseiller l’expectation; on ne doit point hésiter à les combattre. Telle a toujours été du moins notre conduite et jamais nous n’avons eu d’accidents à déplorer. Nous sommes même convaincu qu’il est dangereux d’agir autre-

IMIÉFACE.

ment. En respecUintces manifestations, en les laissant suivre le cours régulier de leur évolution, on ne facilite pas seulement l’apparition de lésions locales souvent irrémédiables; on laisse à la diathèse le temps et la facilité d’évoluer tout à son aise et de conduire fatalement cà la cachexie les malades, alors qu’une médication énergique, sagement employée, en aurait enrayé la marche, si elle n’en avait pas amené la guérison.

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