CHAPITRE PREMIER
DE l’acide urique
Parmi les substances formées dans l’organisme, qui, en s’accumulant dans les tissus et dans les liquides de l’économie, sont susceptibles de provoquer l’apparition de manifestations morbides plus ou moins graves, plus ou moins prolongées, il faut placer au premier rang l’acide urique.
Certes, à n’en juger que par la quantité excrétée par l’homme sain, — 0s*',50 environ dans les vingt-quatre heures, — on ne se ferait guère une idée de l’importance pathologique que peut acquérir cette substance. Il n’en est pas moins vrai que, dans certaines conditions, cet acide urique, si insignifiant en apparence, prend, pour ainsi dire, le pas sur tous les autres produits de désassimilation et que dans la goutte les tissus en sont, à proprement parler, imprégnés. On peut dire, sans rien préjuger d’ailleurs do la patbogénie vraie de la goutte, que cette imprégnation urique caractérise la maladie goutteuse à aussi juste litre que la présence du sucre dans l’urine caractérise le diabète sucré. Aussi nous sômble-t-il (|u’une étude d’ensemble de l’aciilc
LECOnCIlÉ, Gouiic. ^
urique est une préface obligée à un ouvrage sur la goutte, et qu’une connaissance exacte de ses caractères chimiques, de ses lois et de ses lieux de formation, de ses variations physiologiques et pathologiques, est une condition indispensable pour aborder avec intérêt l’histoire de la maladie.