Neubauer, Ibid., supplem. Il, s
j| DE L’ACIDE URIQUE.
Une seconde expérience, soulevée par la théorie de Wôhler et
Frerichs S consiste à vérifier si l’acideurique introduit dans l’intestin
et dans le^sang peut déterminer dans l’urine la présence de l’acide oxalique et des autres produits de l’oxydation de l’acide urique, acide oxalurique, allantoine. Pour 1 acide oxalique, les lesultats obtenus sont contradictoires. Dans la plupart des cas ni 1 ingestion î de l’urate de potasse dans l’estomac, ni l’injection dans les veines' n’a fait apparaître de l’acide oxalique dans l’urine. Toutefois, dans une observation faite sur lui-même, Gallois a vu l’acide oxalique , dans l’urine à la suite de l’ingestion d’une certaine quantité d’ui rateL D’autre part, Robert etKussner prétendent que l’acide urique injecté dans le sang se Iranslorme en acide oxalique et produit de la somnolence, de la parésie des extrémités inférieures et la mort. En admettant que ces derniers résultats soient exacts, ils ne prouveraient guère en faveur de la transformation normale de 1 acide urique en urée. D ailleurs, si telle était la destination de l’acide urique, il devrait se produire dans cette oxydation des quantités telles d’acide oxalique que l’existence de calculs d’oxalate de ehaux seyait un fait normal chez l’homme.
La physiologie expérimentale est donc plutôt contiaiie à 1 opinion classique. Que penser d’arguments tels que celui qui repose sur la présence en grande quantité de l’acide urique chez les animaux à sang froid, à respiration lente, et de 1 absence de 1 urée? Il est trop facile d’y répondre par l’exemple des oiseaux qui présentent les mêmes particularités du côté des urines dans des conditions respiratoires et circulatoires diamétralement opposées. Chez ces animaux à sang chaud par excellence, dont la température normale est au-dessus de 40”, dont la circulation et la respiration sont d’une activité excessive, dont le travail de combustion intime doit être d’une intensité extrême, l’acide urique devrait être réduit au minimum, sinon avoir disparu complètement sous 1 influence d’oxydations aussi énergiques, pour faire place uniquement à de l’urée. Or c’est précisément l’inverse que l’on observe; l’urine des oiseaux ne contient pas d’urée, mais seulement des proportions considérables d’acide urique. On comprend à la rigueur que 1 in-
t. Woliler et Frerichs, Modifications que diverses substances éprouvent en passant dans l'urine (Journ. fur prakt. Chem., 18-i8, t. LXIV, p. 60).
2. Gallois, in Cl. Bernard, Leçons sur les liquides de l’organisme, 1869, t. II, p. 53.
lensile des oxydations achève dans l’organisme même de ces animaux le dédoublement de l’urée en acide carbonique, en azote et en eau, qui sont éliminés par les voies respiratoires; mais on ne voit pas SI l’acide urique n’était pas un produit spécial, destiné a etre excrété tel qu’il est formé, pourquoi, dans de semblables conditions d’activité comburante, ce produit serait rendu en si grande abondance dans cet état d’oxydation inférieure.
Beneke, qui ne croit pas à l’origine commune de l’acide urique et de 1 urée, se demande pourquoi, si l’urée se forme aux dépens de cet acide, le reliquat urique est toujours à peu près le même; pourquoi, par exemple, quand l’urée est excrétée à la dose de 60, 80 grammes, l’acide urique ne disparaît pas complètement de rurine. Il admet cependant qu’une certaine quantité d’acide urique peut être métamorphosée en urée. Rien n’empêcbe, en effet, que 1 acide urique comme toutes les autres matières extractives puisse donner naissance à de l’urée. Mais rien ne prouve non plus qu’il constitue, comme on le croit généralement, une étape nécessaire de la transformation des matières albuminoïdes en urée. Pour nous, comme pour Beneke et pour Voit, l’urée et l’acide urique sont’ dans leur formation au sein de l’organisme, deux substances absolument indépendantes l’une de l’autre.
Ce 11 est pas de 1 urée en effet que se rapproche l’acide urique au point de vue de sa constitution chimique; c’est des autres matières dites extractives, et en particulier de la xanthine dont il ne diffère que par un atome d’oxygène en plus. La formule de la xanthine étant
La formule de l’acide urique est représentée par