‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 32 sur 226 · C3U'*AZ · texte numérisé non relu

C3U'*AZ

La formule de l’hypoxanthine ou sarkine, produit immédiatement inférieur à la xanthine, est

C3HUz*0.

La comparaison de ces formules suffit pour expliquer l’idée des chimistes qui font de ces trois substances trois étapes successives du passage des matières albuminoïdes à l’état d’urée. Mais encore

DE L’ACIDE URIQUE

une fois, s’il est possible, quoique non démontré directement, que l’acide urique ne soit que de la xanthine oxydée, il reste absolument discutable que l’urée provienne de ces substances. D’après Gorup-Bezanez, l’acide urique sous l’influence de l’hydrogène : naissant se transforme en xanthine et en hypo.xanthine^ Strecker -et Reineck ont fait, à l’aide d’un amalgame de soude, de la sar- Ikine et de la xanthine avec de l’acide urique ^ D’autre part, il est ■:une autre substance, immédiatement antérieure à l’hypoxanthine, lia guanine, qu’on trouve dans les excréments des animaux infé- 1 rieurs, mais non chez les animaux supérieurs. Cette substance t dont la formule est

CSIPAz'iO.

ne diffère de l’hypoxanthine que par AzH. Or sous l’influence des o.xydants, Strecker est parvenu à la transformer en xanthine, acide parabanique, acide oxalique et urée. Ces faits sont inté- I ressauts, mais ils ne prouvent nullement ni qu’il en soit ainsi i dans l’organisme, ni que la guanine passe à l’état de xanthine et ; d’acide urique avant de se transformer en urée; car il n’a jamais ■ été possible de constater la production des divers termes de la >série, hypoxanthine, xanthine et acide urique, pendant ces phéno- ' mènes d’oxydation (Gorup-Bezanez).

I D’autres faits ont été invoqués en faveur de cette manière de -voir, en particulier la coexistence fréquente de l’hypoxanthine, de lia xanthine et de l’acide urique dans les mêmes organes, foie, rrate. D’après Gautier, ces trois substances se rencontrent dans la ;ratedetous les mammifères. On sait que chez les leucocythémiques, il y a non seulement augmentation de l’acide urique, mais 'aussi de l’hypoxanthine, dont Mosler avait fait la caractéristique de l’urine de ces malades.

On comprend dès lors que du jour où Salomon démontra que la xanthine naît directement de la fd)rine et d’autres corps albuminoïdes par le fait de la digestion stomacale et pancréatique et 'SOUS l’action des acides étendus, on en conclut que l’acide urique, ■si voisin comme constitution chimique de la xanthine, provenait également de l’albumine. Mais on n’a pu, jusqu’à présent,

1. Gorup-Bezanez, Trailé de chimie phiisioL, f. 1, p. 345, 1880.

2. Strecker et Reineck, Ann. d. Chem.ùnd Pharm., 1864,15(1 CXXXI, llfll.

tirer directemenl l’acide urique des matières albuminoïdes.

Ou aurait pu toutefois chez les oiseaux démontrer la formation de l’acide urique aux dépens des produits de décomposition de l’albumine. Mais ces faits sont susceptibles de diverses interprétations. D’après les recherches de Knieriem, les acides amides se transforment chez le poulet en acide urique U Cet auteur a démontré cette transformation pour l’acide des asperges, le glycoscolle, la leucine et l’asparagine. Ces substances qui, chez les mammifères, aboutissent à l’urée, aboutissent chez les oiseaux à l’acide urique. Ceck et Salkowski ont constaté de leur côté que l’urée, chez les oiseaux, disparaît presque complètement. De 4 grammes donnés à un poulet, ils n’en l’etrouvèrent plus dans l’urine que Qs'’,25. Meyer et Jaffé ont fait les mêmes observations et concluent que l’urée s’est transformée en acide urique.

On pourrait aussi justement conclure que l’urée a achevé son oxydation en acide carbonique, en azote et en eau. La même objection peut être faite à Schroder qui affirme que dans les mêmes conditions, le carbonate d’ammoniaque se transforme presque entièrement en acide urique®.

D’après Strecker l’acide urique dériverait du glycocolle. En portant, dans un tube fermé, A une température de 160 à. 170° un mélange d’acide urique et d’acide chlorhydrique ou iodhydrique concentré, ce chimiste a obtenu du glycocolle, de l’acide carbonique et de l’ammoniaque, d’après l’équation suivante :

Csir*AzA)3 + 5 H^O = C2ll3Az02 + 3 Co^ + 3 AzIP (acide urique) (glycocolle)

Strecker, considérant l’acide hippurique comme un glyco-benzoïque,

C7H0O2 + G^flSAzO^ — H'20 = onPAzO^

(acide benzoïque) (acide hippurique),

admet que l’acide urique est un glyco-cyanurique,

C3H3AZ3Q3 + C2R3Az02 — 2R20 = CSHUz‘03.

(acide cyanurique) (acide urique)

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