‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 33 sur 226 · Strecker, Ann. d. Chem, und Pharm., Bd. CXLVI, p · texte numérisé non relu

Strecker, Ann. d. Chem, und Pharm., Bd. CXLVI, p

DE 1/ACIDE URIQUE

Schullzen et B’ilchne ont relire aussi du glycocolle de l’acide urique traité pendant plusieurs heures, à une température de 110 il 130°, par de l’acide sulfurique concentré^ Pour Schultzen, l’acide urique comme l’urée se produit dans l’organisme par subsilitution. En nourrissant des poules avec de la sarkine, il ne trouva iplus d’acide urique dans les excréments; cette substance était rem- I placée par une série de corps azotés, dont l’azote additionnée fai- >sait la somme de l’azote de l’acide urique absent. Schullzen pense i-que l’acide urique est le résultat de l’union de deux radicaux, et que la sarkine a pu, dans ses expériences, se substituer à l’un de jices radicaux pour former d’autres combinaisons. En supposant ! que l’un de ces radicaux soit le glycocolle, l’autre reste inconnu.

Comme Schultzen, Salkowski pense que l’acide urique ne pro- • vient pas d’un dédoublement de l’albumine, mais naît par synthèse dans l’organisme. Nous avons vu plus haut que Horbaczewski pi'é- ' tend avoir réalisé celte synthèse en dehors de l’économie et nous avons indiqué le procédé mis en œuvre ; mais le résultat annoncé : par le chimiste allemand demande confirmation.

Lieu d’origine de l’acide urique. — Si les chimistes ne s’ac- ' cordent pas sur le mode de formation de l’acide urique, les phy- ^siologistes ne s’entendent guère non plus sur le lieu où il prend I naissance dans l’organisme. Les opinions suivantes ont été émises >successivement : l’acide urique se formerait :

i° Dans l’économie tout entière; c’est l’opinion classique qui ; assimile l’acide urique à l’urée;

2“ Dans les globules blancs (Beneke) ;

3“ Dans la rate (Ranke) ;

4“ Dans le foie (Meissner) ;

5“ Dans la moelle des os et dans les muscles (Ebstein) ;

()“ Dans le tissu conjonctif (Chrzonsczewski) ;

7® Dans le tissu fibreux (Robin) ;

8® Dans le rein (Zalesky).

Nous ne reviendrons pas sur la première opinion ; nous avons ' déjà donné les raisons qui ne permettent pas de croire que l’acide I urique soit un produit analogue à l’urée; pour nous, c’est un produit de désassimilation spéciale ayant son origine propre et indépendante de celle de l’urée.

Se forme-t-il aux dépens des globules blancs, comme le suppose

1 . Schultzen et Filohne, Dericht der deutsch. chem. Gesell- in Berlin, 1868.

Beneke? Le seul argumenl à invoquer en faveur de celte liypolhèse est raugmentalion de l’acide urique chez les leucémiques. Nous ferons remarquer d’ailleurs que Beneke se contente de poser la question. « Doit-il se confirmer, dit-il, que l’urée vient des globules rouges de sang? Ne pourrait-on pas se demander si l’acide ■ urique ne provient pas des globules blancs*? » ^

On peut rapprocher de cette hypothèse l’opinion de Ranke qui || fait de la rate le lieu de formation de l’acide urique. Or l’opinion de ■ Ranke se fonde sur ces deux faits, à savoir : 1° que l’on trouve cons- ■ tamment de l’acide urique dans le tissu splénique; 2“ que dans la I leucémie, où la rate est si remarquablement hypertrophiée, l’acide A urique est excrété en excès. Mais on trouve, comme nous le verrons | tout à l’heure, l’acide urique dans bien d’autres organes que la rate, et, d’autre part, s’il y a augmentation de l’acide urique dans ; l’hypertrophie splénique de la leucémie, cette augmentation n’a pas été constatée dans des cas d’hypertrophie de la rate due à d’autres causes (Mosler, BaiTels, Schindler).

L’analogie des fonctions de la moelle des os et de la rate (analogie hypothétique elle-même d’ailleurs pour beaucoup d’auteurs) a conduit Ehsleiii à faire de ce tissu un des organes formateurs de l’acide urique. Voici son raisonnement : les recherches de ^ Salkowski , de Heymaim ont montré que l’hypoxanthine se trouve dans le suc de la moelle des os chez les leucémiques- On n’y a pas encore, il est vrai, constaté la présence de 1 acide urique; mais cette substance ne peut-elle pas s’y former aux dépens de la xanthine et de l’iiypoxanlhine? On voit que la théorie d’Ebstein ne repose que sur des hypothèses encore à démontrer, hypothèse de l’analogie fonctionnelle de la rate et de la moelle des os, hypothèse de la formation de l’acide urique par oxydation de la xanthine et de l’hypoxanthine.

Pour Ebstein d’ailleurs, l’acide urique ne provient pas seule- < ment de la moelle des os, mais aussi des muscles. Ses arguments en faveur de cette nouvelle origine ne sont pas plus probants. De ce que Meissner a retiré une petite quantité d’acide urique des muscles d’un poulet nourri de viande de bœuf, de ce que Neu- komm en a trouvé, avec de la créatine, de la créatinine, de 1 urée et de la leucine, dans le pectoral d’une jeune tille de dix-neuf ans morte de tièvre typhoïde, ou dans le myocarde d’une femme morte de

•1. Beneke, loc. cil., p. 135-

DE L’ACIDE ÜDIOUE.

achexie sypliililiqiie, on ne voit pas trop comment on pourrait en ■léduire la preuve de l’origine musculaire de l’acide urique; d’auant mieux que si l’on trouve normalement dans les muscles comme roduits d’oxydation azotée, la créatine, la xanthine, la sarkine, nn’vapas signalé, comme le reconnaît lui-même Ebstein, la préence de l’acide urique. Et l’on avouera que c’est une idée singu- , èrement paradoxale que d’assigner, comme lieu d’origine à une nbslance, deux tissus où cette substance ne se rencontre pour insi dire jamais L

L’idée de rattacher la production de l’acide urique au tissu fibreux ppartient au professeur Ch. Robin. D’après lui, les urates se proluisent au sein du tissu fibreux par désassimilation ^ « Lorsque it-il, on considère les tissus fibreux de l’économie, on voit que, '..ans l’acte de la nutrition, ils s’assimilent les substances albumiiOïdes qui vont se changer en géline, partie constituante de ces ■issus; dans l’acte de la désassimilation cette géline se dédouble n principes cristallisables, au nombre desquels prédominent les

■ rates et l’acide urique. » Cantani et Charcot paraissent se ratta- ;her jusqu’à un certain point à cette théorie quand ils disent, i.un que le lieu de formation de l’acide urique dans la goutte se

■ ’ouve dans les tendons et dans les cartilages, l’autre que la pré- ‘ence de l’acide urique dans le tissu fibreux des goutteux n’est lue l’exagération de l’état normal.

L’opinion de Clirzonsczweski et de Bartels est voisine de celle re Robin. Pour des raisons différentes, ces deux auteurs placent Hi source de l’acide urique dansle tissu conjonctif. Chrzonsczewski [ n cherchant l’origine des lymphatiques, chez des poulets dont il

■ vait détruit les uretères, trouva des dépôts d’urate de soude dans es noyaux et les cellules du tissu conjonctif, ainsi que dans les icunes d’où naissent les lymphatiques.il conclut de ces recherches, onfirmées plus tard par Colossanti, que c’est dans le tissu conenctif que se forme l’acide urique. Quant à Bartels, fidèle à sa 'léorie de la formation de l’acide urique par oxydation incom- 1 lète, il fait du tissu conjonctif et du tissu cartilagineux le lieu •’origine de cette substance, parce qu’il regarde ces tissus comme 3S parties de l’organisme où le travail de nutrition est le moins nergique; en raison de leur pauvreté en capillaires, des difficultés

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