CHAPITRE IJ
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
La caraclcrislique anatomique de la goutte est le dépôt d’urates ans les tissus.
L’existence de ces dépôts dans les cavités et au voisinage des rticulations avait été signalée par les anciens auteurs à maintes eprises, mais sans qu’une relation pathogénique directe fut établie litre ces dépôts et les manifestations de la goutte. Morgagni men- •ionne ces concrétions à propos de l’examen des jointures ' ’un noble Vénitien. Portai, dans son anatomie médicale, dit qu’il a ui le liquide synovial se concré ter parfois au point de présenter apparence du plâtre; il ajoute que dans la goutte intense et invé- ■h’ée les os des pieds peuvent être recouverts d’une matière Hanche.
.Muiiro dans ses Esquisses d' anatomie s’exprime presque dans ■es mêmes termes, en faisant remarquer que, chez les personnes ui ont souffert de la goutte pendant de longues années, les os es mains et des pieds sont parfois couverts, à leur extrémité,
! une matière gypseuse. Les autopsies publiées par Watson (1782)
1 1 Brodie (181 en Angleterre, par Guilbert (1820) et Castelnau i 1843) en France donnent une description très complète des ésions articulaires que l’on peut observer chez un goutteux. L’obervation de Gruveilbier dans son Atlas d'anatomie pathologique es résume aussi d’une façon magistrale, en même temps que la danebe consacrée à ce fait en donne l’image la plus nette.
C(ïs (pielques exemples (pi’on pourrait multiplier suffisent pour iiontrer ipie les lésions articulaires de la goutte étaient connues lepiiis longtemps. Mais à Gai'rod l’evient le mérite d’avoir établi pie K la formation d’un dépôt d’urate de soude est un carac-
mit (le l’inflmninntion goiiUcuse. » Les seize autopsies nt de base à sou arguineulatioii se divisent en ciiu[
l^~Æïïn)psies de sujets alteinls de goutte chronicjuc et présenlanl des concrétions tophacées volumineuses.
2“ Autopsies de sujets goutteux ne présentant ni déformation articulaire, ni dépôts tophacés apparents à l’exception d’une ou deux plaques d’urate de soude sur le cartilage de l’oreille externe.
3“ Autopsies de sujets chez lesquels ou ne rencontrait à l’extérieur aucune trace de dépôts tophacés.
4“ Autopsie d’un sujet chez lequel l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil droit avait seule été occupée par l’inflammation goutteuse.
5“ Autopsie d’un sujet qui n’avait éprouvé qu’un seul accès de goutte survenu treize ans avant la mort.
Dans tous ces cas, sans exception, des incrustations d’urate ont été trouvées dans les jointures, et Garrod conclut que non seulement la formation de dépôts d’urate de soude est un accompagnement nécessaire de l’inflammation goutteuse, mais encore qu’il existe entre ces deux ordres de faits une relation de cause tà effet, à savoir que l’inflammation est subordonnée à l’existence dés
Le microscope a fourni entre les mains de Broca, de Charcot et Cornil, Bramson, Forster, et dans ces derniers temps d’Ebstein, des données intéressantes sur les lésions histologiques des cartilages, qui sont la conséquence ou la cause de ces dépôts uratiques; nous aurons à utiliser tout à l’heure ces l’echerches ; mais voyons d’abord la nature et l’aspect macroscopique de ces dépôts goutteux.