‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 45 sur 226 · Stokes, Traité des mal. du coeur et de l'aorte, p · texte numérisé non relu

Stokes, Traité des mal. du coeur et de l'aorte, p

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 111

L side au. développement des affections valvulaires rhumatismales;

! eu d’autres termes, elles ne sont pas le résultat ou le reliquat d’une j endocardite aiguë passée à l’état chronique. Le mécanisme est , plutôt celui des lésions valvulaires athéromateuses qui évoluent , d’emblée sous une forme chronique, par une induration et une rétraction progressive du tissu fibreux des valvules. Les incrustations crétacées de ces valvules ont été analysées dans quelques cas et ! divers auteurs y ont constaté la présence de l’acide urique. Lobstein cite un fait où des plaques ossiformes contenues dans l’épaisseur des valvules mitrales étaient composées, suivant une analyse due à Mazuyer, de phosphate et d’urale de chaux et de soude L S. Edwards, Lancereaux, ont rapporté des cas analogues L , Dans un deuxième groupe il fait ranger les cas d’hypertrophie j du cœur sans lésion valvulaire. Cette hypertrophie n’est qu’une j conséquence indirecte de la goutte. Ce que nous avons dit des j lésions rénales du,goutteux suffit pour l’expliquer. Ici, comme dans I le mal de Bright ordinaire, l’hypertrophie du cœur reconnaît pour I cause l’atrophie rénale; elle est en relation directe avec la néphrite i interstitielle due à l’urate de soude. C’est à ce titre seulement et i par ce mécanisme détourné qu’elle relève de la goutte.

La lésion cardiaque qui appartient en propre à la goutte est la dégénérescence graisseuse. Sur ce point tous les auteurs sont d’accord. « La dégénérescence graisseuse, dit Stokes dans un remarquable chapitre consacré à cette lésion, se rattache souvent, mais non constamment à la goutte^. » D’après Barclay, les affections cardiaques goutteuses sont toujours de nature dégénérative, dégénérescence athéromateuse quand elles portent sur la membrane interne, dégénérescence graisseuse quand le myocarde est i atteint Quain, Gairdner, Garrod, Charcot professent la même I opinion. « Il résulte, dit Bail, de la lecture des observations auj thentiques qui relient la goutte aux affections cardiaques que c’est î surtout la fibre musculaire qui souffre en pareil cas : la dégénéres-

^ cence graisseuse voilà la cardiopathie goutteuse par excellence “. »

! 1. Lobstein, Traité d'anat. palli., 1833, l. II, p. 527.

I 2. Edwards, The Lancet, 1850, t. I, p. G73. — Lancereaux, Traite d'anal.

patli. i. U.

' 3. Stokes, Loc. cit. p. 338.

' -i. Barclay, Goût and vheumatism in relation to diseuses of llie heurt,

I London, 18Gü, p. 12.5.

Page 1