ET GÉNÉRALISÉES
Quantité.
Densité.
Color.
Acidité.
Urée.
Ac. urique.
'ô 23 sept.
jaune
j. rouge
\ oO
jaune
j 2 ocl.
aie.
j. rouge
rt ) Il —
jaune
j. clair
jaune
neutre
!§ / 4- nov.
jaune pâle
ale.
jaune
Attaque 19 nov.
— Peu acide
16 déc.
2 janv.
L’examen détaillé de ces observations nous permettra
de faire
ressorlir les parücularités que présente la constitution de rurine,lors d’attaque survenant chez les malades atteints dégoutté chronique.
La quantité de l’urine, rendue dans les vingt-quatre heures, n’est pas aussi notablement diminuée que dans les cas d’accès de ,
goutte aiguë. Elle peut, il est vrai, tomber à 1000 cc. au lieu de p
1750 et 2000 que rendait le malade avant l’attaque. Mais cette | diminution n’est pas aussi considérable que dans les cas de goutte aiguë et surtout elle n’est pas aussi constante, puisque dans les observations IV et V nous voyons le chiffre de l’urine se maintenir à 1500 et 1250 cc. (obs. V) à 1500, 2500 cc. (obs. IV) au fort de t l’attaque, bien que le chiffre de l’acide urique, rendu par le malade | de cettedernière observation, se soit élevé presque autant que dans S une attaque aiguë à ls'’,03; Is^OT par vingt-quatre heures.
La densité si faible, en dehors des attaques, dans les cas de goutte chronique subit toutefois, au moment de l’accès, une légère élévation. Ainsi dans nos observations VI et IV nous voyons l’urine peser 1011, 1012, 1013, 1015, au moment de l’attaque, et descendre après l’attaque à 1009, 1007, 1006, 1005; même cette ^ influence de l’attaqué sur la densité de l’urine n’est pas constante. Chez le malade de notre observation V la densité reste, pendant comme après l’attaque, à 1011, 1010, 1009.
La coloration subit également l’influence de l’attaque de goutte.
Elle peut même dans certains cas, comme chez le malade de notre ; observation IV, être aussi prononcée que dans les cas de goutte aiguë, puisque chez ce malade la coloration était de 3, 4, le maximum étant 6. Ce n’est du reste qu’exceptionnellement que la colo-
DU SANG ET DES UIUNES DANS LA GOUTTE
ration d’ordinaire si peu prononcée est aussi fortement modifiée; c’est à peine si le pins liabitnellement l’attaque de goutte fait passer : l’urine du jaune pâle au jaune ou rouge jaune.
Comme dans les cas d’accès de goutte aiguë, l’élimination de i l’acide urique présente des oscillations qu’il est utile de connaître t et qui diffèrent un peu de celles qu’on constale dans la goutte ; aiguë.
L’état chimique de rurine,dans les cas de goutte chronique, est à peu près nul en dehors des attaques ; c’est à peine si l’on constate i un léger degré d’acidité qui parfois s’élève jusqu’à 0,20; 0,25;
' 0,50; souvent l’urine est neutre, même alcaline.
L’acidité devient plus prononcée au moment de l’attaque 1 qui toujours modifie l’état de l’urine lorsqu’elle était neutre ou I alcaline. Cette acidité n’est toutefois jamais aussi prononcée qu’à i l’état aigu. Elle était de 0,50; 0,60; 0,80, chez le malade de notre I observation VI, dont l’urine, en dehors de l’attaque, était légèrej ment alcaline. Elle s’éleva jusqu’à 1,75 chez le malade de notre 1 observation IV qui élimina des proportions d’acide urique presque I aussi considérables qu’un malade atteint de goutte aiguë.
‘ Comme dans les cas de goutte aiguë, il y a, au moment de l’at- , taque, un abaissement manifeste de l’élimination. Dès le premier j jour le chiffre de l’acide urique tombe- à 0s‘’,20 (obs. V), 0?’’,30 I (obs. IV). 0s‘',40(obs. VI); mais cet abaissement n’est que passager.
I II ne dure pas trois, quatre, cinq jours comme dans les cas de goutte i aiguë. Dès le deuxième jour ou le quatrième jour au plus, l’élimi- ! nation se relève (obs. IV, V); mais il est rare que le chiffre atteigne,
: comme dans notre observation IV, un gramme par vingt-quatre I heures; le plus souvent il n’est que de 0s*’,50, 0s‘’,65. Il est rare I aussi que cette élévation du chiffre de l’acide urique se maintienne I aussi longtemps que dans les cas de goutte aiguë. Au bout de quelques jours, le chiffre retombe à l’état normal. Lorsque il les attaques sont subintrantes, ou très rapprochées, comme dans i notre observation VI, l’élévation du cbiffre de l’acide urique peut P même ne pas être précédée de cet abaissement si caractéristique 1: dans les attaques de goutte aiguë.
! Toutefois, alors même que le chiffre de l’acide urique est peu !' considérable, aussi bien dans le cours des attaques que dans leur I intervalle, alors même qu’il ne dépasse pas 0k'',40, 0s‘‘,35, 0s‘‘,42, comme dans notre observation IV, il est encore relativement très élevé, en comparaison de laquantité d’urée éliminée puisque le rein
15“2 traité TIIÉORIUUE ET PRATIOUE DE LA GOUTTE.
qui, dans ces cas, laisse passer 08% 40, 0b'',35, 0k'’,4>2 d’acide urique, u’éliiniiie que Se'', 12, 38‘',84, 6«'’,40 d’urée. Ou voilqu’il y aloin de la proportion que présente ici l’élimination de l’urée et de l’acide urique à celle qu’indiquent, comme normale, les travaux de Ranke.
Ce l'ait seul suffirait pour militer en faveur du rôle important que joue l’acide urique dans la genèse de la diathèse goutteuse et dans ses manifestations.
L’attaque terminée, le chiffre de l’acide urique retontbe à sa normale qui varie suivant l’état cachectique du goutteux.
11 ne faut pas s’attendre à rencontrer, dans les cas de goutte chronique, une élimination d’urée aussi considérable que dans les cas de goutte aiguë et l’on aurait tort de vouloir trouver dans les faibles quantités d’urée que contient l’iirine la caractéristique de la maladie. Le malade, ainsi que nous l’avons indiqué, est épuisé par de longues souffrances. Il n’y a rien d’extraordinaire que l’assimilation et la désassimilation soient profondément lésées. Il en est de la goutte comme de toute affection susceptible de produire un état cachectique. La maladie perd, pour ainsi dire, le cachet qui lui est propre et la petite quanlité d’urée que renferme alors l’urine n’est pins que l’expression des états morbides divers, si débilitants, que provoque la goutte. Aussi ne doit-on pas être surpris de voir le chilfre de l’urée tomber à 6s‘',40, 5s'‘,12, 3s'',84
(obs.lV) 6s"',40 (obs. V). Un fait cà signaler toutefois, c’est que ce i chiffre semble augmenter au moment des attaques, c’est-à-dire lorsque la diathèse reprend un certain caractère d’acuité. Aussi * voyons-nous le chiffre de 8,96;6,40; 5,12;3,11, remontera 12,81 ; '
16,65; 19,21 , au moment de l’attaque (obs. IV). Il peut monter encore plus haut et dans notre observation IV, nous'le voyons s’élever de 11,34 à 18,91 , 26,90,28,37. Il en est ainsi surtout lorsque la constitution de l'individu n’a pas encore été trop fortement touchée par la maladie.
On pourrait se demander si chez les goutteux il n’existe pas une diminution des bases contenues dans l’urine. Eh bien, nous pouvons répondre à cette question, nous appuyant sur des recherches que nous avons faites et que nous rapportons plus loin, à propos du traitement, que cette diminution n’existe pas. La chaux, la magnésie, la potasse, la soude y sont en proportion normale, qu’il s’agisse de goutte aiguë ou de goutte chronique. Nous dirons même qu’elles nous ont paru quelque peu plus abondantes dans les cas de goutte aiguë.
DU SANG ET DES URINES DANS LA GOUTTE
2). État de Vurim dans les cas de goutte viscérale. j Les altérations de Turine que nous venons de passer en revue j ne sont pas les seules qu’on puisse rencontrer dans le cours de la i^outte. Il n’est pas rare d’observer chez les goutteux des ! urines albumineuses ou sucrées. Ces manifestations, bien que > de nature spécifique , c’est-à-dire goutteuse , n’ont pas dans tous les cas la même valeur. Elles ne répondent pas dans tous les cas aux mêmes lésions , mais ce qui leur donne une importance I capitale, c’est qu’elles permettent d’affirmer l’existence de locali- I sations de nature goutteuse portant sur tel ou tel organe. Elles sont I par conséquent symptomatiques de certaines variétés de goutte viscérale. Lorsqu’il s’agit de goutte aiguë, l’albumine ne se rencontre le plus souvent dans l’urine que d’une façon toute passagère. Elle y est en faible quantité et, pour en déceler la présence, il faut parfois avoir recours aux réactifs les plus sensibles. Parfois même ce n’est qu’accidentellement qu’on en soupçonne l’existence, à i la difficulté qu’on éprouve à filtrer les urines qu’on a traitées par l’acide chlorhydrique pour endoser l’acide urique. C’est le plus souvent dans le cours de l’accès qu’on peutobserver cette variété d’albu- I minurie;elle ne dure habituellement que quelques jours. Elle pa- I raît due, comme l’albuminurie dont nous avons, déjà parlé à propos ; de l’état de l’urine avant l’attaque de goutte, à la simple irrita- ; tion des canalicules urinifères par l’excès d’acide urique qu’éli- I mine le rein, vers le troisième ou quatrième jour de l’attaque; et ce : qui semble donner une grande valeur à cette manière de voir, c’est que l’élimination d’acide urique baissant, cesse l’albuminurie.
Le sucre peut également se rencontrer dans l’urine des malades ! atteints de goutte aiguë. Mais il ne s’y rencontre jamais qu’en assez faible proportion, 15 à 20 grammes par litre, parfois seulement 3 à 4 grammes. La quantité en est même si faible que, dans cer- ! tains cas, on serait en droit de se demander si la réduction de la I liqueur de Febling n’est pas le fait de l’action de l’acjde urique en ' excès. Mais on ne peut le plus souvent douter de l’existence du sucre qu’on dose facilement, à l’aide du polarimèlre. s Cette glycosurie légère n’est du reste pas, constante et l’on ne I saurait la confondre avec ces véritables diabètes qu’on observe si fréquemment dans le cours de la goutte chronique. L’existence de ^ la glycosurie peut toutefois, comme l’albuminurie passagère dont I nous avons parlé, être considérée comme la caractéristique d’une I localisation goutteuse légère portant sur le foie.
Celle glycosurie esl d’ordinaire toute passagère. Elle se montre habituelleinenl en dehors des localisations articulaires et cède parfois, comme dans l’observation suivante, à une attaque de goutte. •
Obs. III. — Gravelle. — Goutte. — Glycosurie. — Cessation de la ylycosurie à la suite d’un accès de goutte.