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II. — DE l’acide urique AU POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE

L’acide urique, nous l’avons dit, est un des produits constants de la sécrétion urinaire. C’est par les reins que se fait son élimination. C’est donc dans l’urine que nous allons d’abord en étudier les caractères et les variations. Nous verrons ensuite dans quelles parties dè l’organisme il se forme et aux dépens de quelles substances.

TRAITÉ THÉORlüUE ET l'RATIOUE DE LA GOUTTE.

g I«'. — Excrétion de l’acide urique

C’est k l’état de combinaison avec la soude, sous la forme d’urate de soude, que l’acide urique se trouve dans Turine normale.

Sous certaines influences, physiologiques ou pathologiques, l’urate de soude n’est plus tenu en solution et apparaît sous 1 aspect de sable ou de sédiment jaunâtre ou rougeâtre. La caractéristique des sédiments uratiques est de se dissoudre par la chaleur.

La diminution de la quantité d’eau amenant une concentration exagérée de l’urine, l’acidité dn liquide urinaire, l’excès d acide urique, l’abaissement de la température extérieure, telles sont les conditions indiquées par les auteurs comme causes de la formation des sédiments uratiques : d’où leur plus grande fréquence dans les urines fébriles à réaction très acide, et en hiver. Pour notre part nous doutons fort que ces dépôts soient plus fréquents l’hiver que l’été ; car, si l’abaissement de la température extérieure Joue un rôle dans la précipitation de l’urate de soude, le degré de concentration de l’urine est une condition à coup sûr non moins importante. Or il n’est pas douteux que l’hiver le refroidissement favorise la formation des sédiments, mais il ne faut pas oublier que la quantité d’eau est notablement augmentée à cette époque de l’année. Si, au contraire, l’été, la première cause fait défaut, par suite de l’exagération de la perspiration cutanée, la quantité de l’eau urinaire est à son minimum. Il ne faudrait donc pas exagérer l’influence de la saison froide sur la formation des sédiments uratiques.

D’après Voit et Hoffmann ‘ la formation des sédiments serait due, dans certains cas, à la présence du phosphate acide de soude; le précipité est d’autant plus rapide que la solution de phosphate est plus concentrée. Pour Bartels, la présence du phosphate de soude ne serait pas une condition nécessaire; d’autres acides que l’acide phosphorique pourraient produire ces dépôts.

En tout cas, il ne faut admettre qu’avec réserve que les sédiments uratiques indiquent une formation d’acide urique en excès (Voit). Ce qui peut arriver parfois, c’est que 1 acide uri(iue libre se

t. Voit cl Hoffmann, Sifïimff. der Münchcr Acad., 1867, Bd II.

DE L’ACIDE URIQUE

trouve mêlé aux uralcs. Ce dépôt peut se faire même dans des urines neutres ou alcalines. Voit cl Hofrinann donnent l’explication suivante : il y aurailséparation de l’iirale de soude en acide urique et en soude libre qui masquerai! l’acidité du liquide. Toutefois, dans les urines' alcalines, c’est l’urate d’ammoniaque qui apparaît d’ordinaire avec ses caractères habituels.

L’acide urique existe en faible quantité dans l’urine physiologique. D’après Becquerel et Rodier, la moyenne, pour 1000 parties d’urine, oscille entre 0,40 et 0,60 L Garrod dit que les reins en excrètent Os'',5176 par jour ^ Pour Beneke la moyenne rendue dans les vingt-quatre heures est de 0s'',55, les chilfres extrêmes étant O®'', 30 et 0*’'‘',80^ Pour Ranke elle est de 0°’^,30. Pour Lehmann la quantité oscille de O^^BO à O®", 90; pour Beale, de O^^BO à Os',40. Le chiffre indiqué par Salkowski est plus élevé; laquantilé d’acide urique éliminée chaque jour varie, d’après lui, de O^^BO à 1 gramme

Avant d ’éludier les conditions qui sont susceptibles d’influencer à des titres divers l’excrétion de l’acide urique, il nous paraît nécessaire d’indiquer en quelques mots les différents procédés qu’on peut mettre en usage pour la détermination quantitative de cette substance.

Dosage de l’acîde iiriqiic. — Divers pi'ocedes ont ele proposes pour le dosage de l’acide urique dans l’urine. On peut les diviser en trois catégories :

Le dosage à l’aide de liqueurs titrées ;

Le dosage de l’acide urique à l’état de gaz, par le procédé dit gazométrique.

Le dosage à l’état d’acide urique précipité en nature et pesé, par les procédés proprement chimiques.

1° Nous serons bref sur les premiers modes de dosage. Les liqueurs titrées employées ont été la teinlure d’iode et le permanganate de potasse. Corvisart, Petit, Terreil, Dechambre et Delpech, Max Huppert, Vogel et Schmidt ont expérimenté la teinlure d iode.

D’après Schmidt et Vogel, une solution d’iode iodurée versée dans une solution d’acide urique de la densité de l’urine est décolorée dans la proportion del atome d’acide urique pour 2 d iode;

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