I.A GOUTTE DANS LES ORGANES
Plombières, à Capvern. La diarrhée augmenta après la cure de Contre.\éville. Capvern fut au contraire bien supporté et détermina une amélioration notable au point de vue de la fréquence des selles et des coliques.
Ors. XXX. — Catarrhe gastro-intestinal, avec alternatives de diarrhée et de constipation.
H..., trente-huit ans; un de ses oncles goutteux. Grand, maigre, assez bien constitué, d’une bonne santé habituelle.
Ilémorrhoïdes ; poussées eczémateuses de 1 anus, du scrotum ; douleurs fréquentes mais peu persistantes des orteils. Angine granuleuse.
11 y a cinq ans survinrent des troubles gastro-intestinaux qui le conduisirent successivement à Plombières, Hombourg, Cauterets.
Ces troubles gastro-intestinaux n’ont pas toujours eu le même caractère. Ils consistaient au début dans des alternatives de diarrhée et de constipation. D’habitude constipé, le malade était tous les trois à quatre jours pris d’une diarrhée abondante précédée de coliques; puis tout rentrait momentanément dans l’ordre, laissant toutefois le ventre plus ou moins endolori.
L’appétit s’est toujours maintenu bon. Depuis quelque temps ces troubles se sont modifiés; il n’y a plus ces alternatives de diarrhée et de constipation ; les selles sont toujours rares et assez peu abondantes. Ce qui tourmente le malade maintenant ce sont des douleurs, comme produites par des pincements fréquents, qui le réveillent parfois la nuit et qui souvent cèdent à la sortie de gaz, tandis que son appétit est resté régulier, et que ses digestions stomacales sont bonnes.
Cet état de souffrance de l’intestin a eu sur son moral un retentissement des plus fâcheux. 11 est devenu très mélancolique, soucieux de sa santé, porté aux idées noires.
Il est actuellement très nerveux, éprouve parfois le besoin de pleurer, sans motif. Toujours courbaturé, il croit sa vie en danger.
11 accuse des palpitations, il ne peut se coucher sur le côté. On ne trouve rien à l’auscultation et le foie paraît intact.
Ors. X.XXI. — Troubles gastro-inlestinatix cédant brusquement à une attaque de goutte au gros orteil.
X..., âgé de quarante ans. — Ce malade fait une cure de vingt et un jours à Vichy en juillet 1883. Il quitte Vichy en bonne santé. Le 16 août, il est pris de maux d’estomac et de diarrhée sans coliques. Sept à huit selles par jour, bilieuses, mélangées de matières mal digérées. Inappétence complète. Éructations incessantes. Insomnie, cauchemars. Tous les remèdes dirigés contre cette diarrhée restent impuissants.
Un matin, le 1" septembre, il éprouve à l’orteil gauche, une douleur assez vive qu’il attribue à sa chaussure. Cette douleur peu marquée persiste pendant sept à huit jours, accompagnée de douleurs ■dans le ventre, le thorax, le long de la cuisse gauche. Le 9 au soir.
toiiles ces douleurs disparaissent pour faire place dans la nuit à une attaque de goutte fraiiclie localisée au gros orteil gauche. A dater de ce jour, les troubles gastriques et la diarrhée cessèrent complètement.
Ods. XXXII. — Typhlüe coïncidant avec une attaque de goutte au gros orteil.
L..., câgé de quarante ans, entré le 26 décembre 1883 à la maison Dubois. Ce malade est employé dans un bureau de poste; ne fait aucune espèce d’excès, ne fume ni ne boit. D’une bonne santé habituelle, il ne se rappelle pas avoir fait de maladie grave jusqu’à cette époque.’ Au moment de son entrée, il est malade depuis un mois à peu près. Le premier accident qui l’ait frappé est une douleur dans la miction et surtout après la miction, douleur ayant pour siège l’bypogastre. Il n’avait pas d’écoulement, pas de mictions fréquentes; les urines ne semblaient présenter aucune particularité. Les phénomènes douloureux de la miction ont duré huit jours. Ils ont été remplacés par des douleurs de ventre violentes; ces douleurs s’e.xaspéraient surtout la nuit. Le malade avait la sensation d’une barre, d’une étreinte à la partie^ moyenne du ventre. Ces douleurs étaient suffisantes pour 1 empêcher de marcher et l’obliger à s’asseoir.
Sa bouche était pâteuse, sa langue très chargée. Il y avait de l’inappétence. Après chaque repas, le ventre se gonflait et le malade était obligé de se déboutonner pendant la digestion. Quelques douleurs, des crampes, des renvois qui sont continuels mais insipides.
La constipation était la règle, quand il ne prenait pas de laxatifs.
Le médecin qui fut consulté prescrivit le régime lacté, l’eau de Vichy, un lavement chaque jour et un exercice modéré.
A son entrée ici, ce qui frappa était l’état du ventre; celui-ci était très ballonné, très tciulu. 11 y a du tympanisme à la percussion. Dans la fo.sse iliaque droite, il existe une tuméfaction, une résistance insolite; la pression de cette région est douloureuse. Il y a un peu d’essoufflement, de gêne mécanique de respiration.
Rien au cœur, rien aux poumons. Pas d’œdème des jambes.
Le diagnostic porté fut typhlite probable. On le mit au lait ; administration de purgatifs et de lavements.
Il y avait dix jours que ce malade était en observation lorsqu’il fut pris sans cause appréciable, brusquement au milieu de la nuit, d’une douleur sourde qui le réveilla. Cette douleur occupait la face interne de l’articulaÇon métatarso-phalangienne du gros orteil droit et s’étendait jusqu’à l’extrémité do la face dorsale de cet orteil. Cette douleur, cl abord peu intense, s’est accrue pour atteindre son maximun dans la journée; elle na pas été suffisamment vive pour empêcher le malade de se lever et de reposer sur son pied, c{ui, il est vrai, était logé dans un chausson.
En même temps que celle douleur, nous constatâmes à la visite du matin un gonflement œdémateux occupant toute la racine du gros orteil, ainsi qu’une rougeur diffuse très accusée surtout sur la face interne de l’articulation.