‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 93 sur 226 · Souligoux, Étude sur la goutte, etc., 1882, p · texte numérisé non relu

Souligoux, Étude sur la goutte, etc., 1882, p

LA GOUTTE DANS LES ORGANES. 285

goutte très complète ; cette attaque commençait toujours par un flux (le ITirèthre, semblable à une chaudepisse, dont la matière, en se séchant, prenait la l'orme d’une substance crayeuse finement pulvérisée L Deplaigne dit de même avoir observé une succession alternative de goutte au gros orteil etd’un écoulement par l’urèthre qui était parfaitement semblable à un flux vénérien. Dans la seconde reprise de cet écoulement, il fit appliquer un vésicatoire sur l’articulation goutteuse; la fluxion reparut en peu de jours sur la jointure, « ce qui fit cesser le flux de l’urèthre^ ». Paget croit sans réserve à l’iiréthrite goutteuse : (c L’inflammation aiguë de la muqueuse uréthrale, dit-il, accompagnée des signes ordinaires de la blennorrhagie, écoulement purulent, brûlement, miction fréquente,et érections douloureuses, peut être déterminée par lagoutte. J’en ai vu des cas authentiques, qui s’étaient produits sans qu’il y eût eu infection et qui eux-mèmes n’étaient pas infectieux®. »

Nous avons vu de notre coté, dans deux cas, un écoulement uréthral survenu pendant le cours d’une attaque de goutte, sans que les malades eussent eu l’occasion de s’exposer à contracter une blennorrhagie. Mais il est fort possible qu’il existât, antérieurement à 1 attaque de goutte, même à l’insu des intéressés, un reliquat de quelque ancienne inflammation de l’urètlire; lagoutte n’aurait agi, dans ce cas, que comme cause adjuvante pour réveiller d’une façon aiguë cette uréthrite restée à l’état chronique.

La même explication s’applique sans doute aussi aux exemples de prostatite ou d’orchite goutteuses rapportés par les anciens; la goutte provoque simplement une poussée aiguë dans des organes déjà plus ou moins anciennement altérés.

Nous rapprocherons, à titre de curiosité, de l'uréthrite goutteuse les deux observations suivantes citées par Smith et Weise cojnme (tes cas de goutte pénienne. La possibilité de la formation de tuphus dans le tissu fibreux des corps caverneux a déjà été iiidi({uée plus haut. Dans les faits suivants, aucun dépôt uratique ne s est produit, mais des phénomènes douloureux se sont localisés sur la verge. Dans un cas, les symptômes se bornèrent à une violente douleui succédant à la disparition de la goutte du gros orteil. Dans l’autre, la goutte se porta de même du pied sur la verge, en

1. Kœmpf, Abhandlung von einer neuen Melhode der harlnackigslen KranhheUen, etc., 2' édit., p. 540.

"l. Deplaignc, Journal de médecine, mars 1788.

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