‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 94 sur 226 · llrilisU Med. Journ., 1875, l. I, p. 70I · texte numérisé non relu

llrilisU Med. Journ., 1875, l. I, p. 70I

28G TllAlTÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE DE UA GOUTTE.

provoquai! l de vives souirrances dans cet organe, mais en inèine temps, un priapisme persistant très pénible. Voici le résumé de ces observations.

Un homme, dit Smitb, qui souffrait de doulcursavec tuméfaction vers les e.\trémités inférieures, fut pris tout d’un coup d’une douleur vive dans la verge, en même temps que disparaissait la tuméfaction du gros orteil. Une semblable métastase s’était déjà produite deux ans auparavant. On prescrivit du vin de colcbique et des lotions saturnines; les accidents cédèrent rapidement U

Dans le cas de AVeise, il s’agit d’un homme de quarante-cinq ans atteint de goutte depuis plusieurs années. Dans le cours d’une attaque, la goutle se porta du pied sur le pénis, déterminant une érection persistante avec douleurs vives occupant toute la ver^e, de sa racine à son extrémité. Les douleurs étaient surtout vives dans l’après midi. L’urine était normale; la miction se faisait lentement. Au bout de trois semaines, cet état cessa pour faire place à des douleurs dans le pied gaucbe et dans le coude droit. Bientôt survinrent des sueurs, une urine épaisse, et tous les symptômes cédèrent à ces phénomènes critiques L

11 n’y a t|ue peu de chose à dire des manifestations de la goutte sur les organes génitaux de la femme. Les anciens admettaient bieiules métrorrhagies et une leucorrhée goutteuses. Mais ce qu en dit Barthez suffit pour juger la question. « On ne peut être éclairé, dit l’auteur du Traité des maladies rjoulteuses, sur la nature de ces flux qu’autant qu’on est instruit ou que la malade a eu des maux goutteux, ou qu’elle a été exposée à la contagion du mal vénérien. Mais ces connaissances sont quelquefois incertaines et ne donnent que des l’ésultats douteux. »

La dysménorrhée a été regardée aussi comme de nature goutteuse. Jaccoud et Labadie-Lagrave citent un exemple de goutle alternante revêtant la forme d’une attaque de dysménorrhée. L’action si rapidement sédative du salicylate de soude chez les femmes dysménoiThéiques pourrait peut-être s’expliquer dans ceitains cas par celte origine goutteuse de l’affection.

Nous avons observé un cas de métrite pseudo-membraneuse lemarquable par sa persistance cirez une femme, dont les antécé-

1. Smith, Douleurs goutteuses dans le pénis, London Med. and Surg, mars

2. Weise, Priapismus ex causa arlhritica, Med. Zeitung, V. f. H. in 62, 1837, n. 26.

1,A GOUTTE DANS LES ORGANES

dents, en l’absence de toute manilestation articulaire, l'ont une goutteuse avérée. En outre, fait capital, la présence de l’acide uri(iiie que nous avons constaté dans le sang des règles nous parait une démonstration indiscutable de la nature réelle de ces accidents.

Obs. LI. — Metvite pseudo-membraneuse de nature goutteuse.

Madame X... vingt-six ans. Depuis dix ans rejet de fausses membranes au moment des règles (métrite pseudo-membraneuse). Ces fausses membranes sont devenues déplus eu plus grosses. C’est le quatrième jour des époques, à niidi ou à minuit, qu’est rendue la fausse membrane. Acide urique dans le sang des règles. Rhumatisme articulaire? avant mariage. Hématurie après un mois de mariage.

Peu de rapports sexuels.

Cure à Royal; à la suite, douleur en urinant.

Mère rhumatisante. Oncle palernel goutteux; plusieurs membres de la famille maternelle goittleux.

Diabète du côté paternel; père, oncle.

Ses digestions sont souvent laborieuses. Appétit irrégulier, parfois considérable après avoir mangé.

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