Elsnei-, Kœni^fsberg
2. SchœSer, Dissertatio de angina pectoris, Gælteiigen, 1787.
3. Butter, Alreatiseon the disease commoiilij called Angina pectoris, 1791.
LA GOUTTE DANS LES ORGANES
AVichmami esl le seul auteur qui ait protesté contre l’opinion de ses conleinporains. « Je n’ai point trouvé, dit-il, confirmée dans ma pratique l'idée de quelques savants sur la cause supposée arllirilique de cette maladie. Parmi les sujets que j’ai eu l’occasion d’observer (leur nombre peut s’élever à treize environ), je n’en ai vu manifestement aucun qui eût la goutte bien caractérisée, ou seulement cachée; et, chose bien singulière, les deux premiers ipiej’ai observés, atteints de l’angine de poitrine, étaient aussi les seuls qui eussent quelque chose de semblable à la goutte, sans que celle-ci fut alors bien caractérisée. Si la goutte était la véritable cause de l’angine de poitrine, elle n’aurait pas dû manquer chez tous les sujets que j’ai vus atteints ou mourir de cette maladie. On aurait dû au moins en apercevoir quelques (races. Je ne pourrais pourtant pas assurer qu’un malade de la goutte ne soit jamais exposé à être atteint par l’angine de poitrine ou que celui qui a l’angine de poitrine ne soit jamais sujet à l’artbritis ; car pourquoi une personne affectée d’angine de poitrine devrait-elle être garantie plus que toute autre de la goutte? Celle-ci est aussi peu cause de celle-là que la maladie vénérienne est cause de la vraie gale lorsque celte dernière se montre dans la vérole - ».
Il y a là un mode de raisonnement vicieux qui est fort habituel aux médecins. De ce que tous les goutteux n’ont pas des accès d’angine de poitrine, ou de ce que toutes les angines de poitrine ne s’observent pas uniquement chez des goutteux, on ne saurait légitimement conclure que la goutte ne peut être la cause de l’augor pectoris. Sans invoquer, avec Macqueen l’âge, le sexe,
1 habitus des malades, sans donner comme arguments en faveui' de la nature goutteuse de l’alfection « les éructations, le soulagement que procurent souvent les remèdes aromatiques, l’influence de certaines eaux, etc. », on peut citer des faits où la relation de cause a effet entre les deux maladies ne paraît pas douteuse. Macqueen lappoj'te plusieurs observations de ce genre; lions résumerons la suivante.
Un homme de soixante ans, accoutumé à bonne ebère, avait en pendant plusieurs années des accès de goutte régulière aux pieds; depuis six mois, tandis que les pieds étaient légèrement affectés, il a\ail épiouvé une faiblesse générale cl des vertiges qui revenaient
Boiu’gis, in Jourii. géiu de
“296 TUAITÉ TllÉOIUOÜE ET Pr.ATIQUE DE LA GOUTTE.
IVéqucmmcnt; s’élaiil a(lres.sé à son apolliicairc, celui-ci l’avait saigne et lui avait ouvert un cautère au bras gauche. Bientôt après^ la goutte abandonna les extrémités inicricures et le malade ressentit une première attaque de douleur avec constrictiou en travers de la région précordiale. Cette dernière maladie reparut sous la l'orme d’accès courts cl légers, qui augmciitèreiil peu à peu d’iutensité. Depuis qu’ils se sont manifestés le malade a été exempt de toute affection goutteuse. Macqueen ordonna un régime qui amena un soulagement passager. Mais quelques jours après, le malade fut saisi, pendant la nuit, par un paroxysme violent qui dura presque sans interruption pendant vingt-quatre heures. Une demi-once de teinture fétide volatile et un peu d’élixir parégorique firent cesser l’attaque d’une manière presque soudaine. La nuit suivante la goutte parut au pied droit. Cet accès de goutte fut très douloureux et dura fort longtemps, car le malade fut retenu chez lui pendant plus de trois mois, pendant lesquels il n’eut pas la plus légère sensation de la douleur avec resserrement de la poitriueL
Dans une observation du docteur Johnston, il survint de même chez le ministre Gregory un léger accès de goutte pendant le cours d’une attaque d’angine de poitrine, accès qui suffit pour soulager le malade de tous les symptômes de l’affection angineuse; mais ce mieux ne fut que de courte durée, car le ministre mourut presque subitement quelque temps après On trouve des détails analogues dans l’histoire de la maladie dont mourut le célèbre Hunier^ Sur plusieurs cas d’angine de poitrine chez des goutteux, nous avons nous même observé un fait où les accès de suffocation paiaissaieut cédera l’apparition de la goutte articulaire.
Obs. h\ II. — Angine de poitrine disparaissant sous l'influence d'un accès de goutte articulaire.
M... âgé de cinquante et un ans, typographe, entré en février 18/8 à la maison Dubois.
Toujours bien portant jusqu’à l’âge de quarante ans.
A partir de cette époque, le malade eut plusieurs accidents.
Ce furent d’abord des crises névralgiques assez intenses, la première surtout; elles avaient été considérées par le médecin traitant comme des crises d'angine de poitrine. Ces douleurs avaient pour point de départ la région précordiale; elles survenaient brusquement
t Macqueen, Z,on//o/i Wed. /oH/71., t. V, p. 162.
2. Johnston. — Mém. de la Soc. de méd. pratique de Londres, t. I, p. J/i-