‹ Traité théorique et pratique de littérature (volume 2)Chapitre 12 sur 79 · Parmi les transpositions, il en est d'élégantes , comme · texte numérisé non relu

Parmi les transpositions, il en est d'élégantes , comme

Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces.

(Boileau.) Malherbe d'un héros peut chanter les exploits.

(LE MÊME

Jamais de la nature il ne faut s'écarter.

(LE MÊME

Des sottises du temps je compose mon fiel (le même.) Aujourd'hui même encore une voix trop fidèle M'a d'un triste désastre apporté la nouvelle.

(LE MÊME

Lorsqu'à la bien chercher (la rime) d'abord on s'évertue, L'esprit à la /ro«i;er aisément s'habitue.

' Voyez ma Grammaire française , § 181 , où toute la théorie du participe se trouve réduite à une seule règle.

yéu joug de la raison sans peiae elle fléchit.

(LE MÊME

A de plus hauts partis Rodrigue peut prétendre.

( Corneille. )

Le Ciel vous y voulut l'un et Vautre amener : Vous pour porter des l'ers , elle pour en donner,

(RAcmE.)

Il en est de vicieuses , comme :

Et si quelque bonheur imes armes accompagne...

Quoi ! voit-on , revêtu de l'étole sacrée ,

Le prêtre de l'autel s'arrêter à l'entrée ?

Craignez de votre orgueil de vous rendre la dupe.

Que toujours la fierté, l'honneur, la bienséance

De cette folle ardeur s'arrête à la naissance.

Il faut sans différer ses ennemis combattre.

(Racine.) i Si de cette maison approcherYon vous voit.... \ Après avoir vaincu de Ferdinand l'armée

§ 7. — De la Disposition.

f . Que comprend la disposition poétique? — s. Quel est le principe général pour la disposition des rimes i" — 3. Combien y a-t-il de sortes de riiiies? — 4. Qu'appcUe-t-on rinics plates ou suivies^ et àquels poèmes conviennent-elles? —s. Qu'exigc-t-on pour quatre rimes plates consécutives ? — fi Qu'appelle-t-on rimes croisées et à quels poèmes conviennent-elles? — 7. Qu'appelle-t-on rimes mêlées et à quels poèmes conviennent-elles ? — s. Peut-on répéter la même rime plus de deux fois de suite? — 9. Qu'appelle-t-on pièce en vers libres? — lo. Qu'est-ce qu'une stance ? — II. Quelle est la règle à observer dans les stances? — 12. Comment divise-t-oii les stances ? — 1 3. Quelle est la régie des stances de 4 vers ? — ^14 De la stance de g vers? — is.De la stance de 8 vers? — rs. De la stance de 10 vers?— 17. De la stance de», de 7 et de 9 vers? — I8. Qu'appellc-t-on stances régulières? — 19. Qu'appcUe-t-on stances irrégulières ? — 20. Qu'appelle-t-on stances mixtes?

- 1 . La disposition poétique comprend la disposition des

r'ines et la disposition des vers.

2. Un principe général et sans exception, c'est qu'il faut entremêler les rimes masculines et les rimes fémin nés, de manière que deux vers masculins ou féminins qui ne rimeraient pas ensemble ne se trouvent jamais à la suite l'un de l'autre.

', 3. 11 y a trois ^( i tes de rimes : les rimes plates ou suivies,

\les rimes croisées et les rimes mêlées. ^ 4. On appelle riyyies plates ou rimes suivies celles qui présentent alternativement deux vers masculins et deux vers féminins , ou deux vers féminins et deux vers masculins.

IS TRAITÉ DE LITTfiBATUKE.

Les satires , les épîtres , les ouvrages didactiques , les épopées, les tragédies ', les comédies, les élégies, etc., sont composés en rimes plates.

"5. Cette marche, un peu monotone, exige qu'on évite l'identité de consounance entre les deux vers masculins et les deux vers féminins , comme dans cet exemple :

On voit en un instant dps ablmos ouverts. De noirs lorrenls de soufre épandds daii.s les airs, Des balailluD» entiers par ce nouveau Umnerre Empurtés , déchirés , engloutis suus la lerre.

(Voltaire.)

Elle veut aussi que les mêmes rimes ne se répètent qu'à un certain intervalle.

On appelle rimes croisées : 1° celles où une rime masculine alterne avec une rime féminine, et réciproquement; 2° celles ou deux rimes masculines sont placées entre deux rimes féminines , et vice versa. Ex. :

Fortune, dont la main couronne Les forfaits les plus Inouïs, Du faux éclat qui l'environne Serous-nous toujours éblouis?

(J.-B. Rousseau.) Pourquoi, plaintive Ptiilomèle, Songer encore a. nos malheurs.

Quand pour apaiser vos douleurs Tout cherche a nous mari|uer son zèle?

Loin de vous l'aquilon fougueux Souille sa pi(|uante froidure, l>a terre repren I sa verdure.

Le ciel brille des plus beaux feux.

(LE MÊME

Presque toutes les odes , tous les sonnets, tous les rondeaux et toutes les ballades sont en rimes croisées.

7. On appelle rimes inélées celles ou l'on ne suit point un ordre uniforme , comme dans le plus grand nombre des fables, des madrigaux , des chansons.

'8. On ne doit placer de suite que deux rimes de même nature. Quelquefois cependant on répète la rime trois et quatre fois de suite, dans les sentiments impétueux ( Voy. chap. 11,5 I 5 11° 10) , ou dans la narration rapide. Ex. ;

Cieiix, écoutez ma voix ; terre, prête l'oreille; ISedis plus, ô Jacob, que Ion Seigneur sou)ineilIe; Pécheurs, disparaissez, le Seigneur se réveille.

(Racixe.)

' Excepté le ra?ic/-f(Zede Voltaire, qui est en rimes croisées.

POÉIIQUE. 19

Jnpin en a bientôt la cervelle rompue.

Donnez-nous , dit ce peuple , un roi qui se remua. Le monarfiue des dieux leur envoie une grue

Qui |p,s croque, qui les lue,

Qui les gobe à son plaisir.

(La Fontaine.)

llMais ces exemples sont fort rares.

'^ 9. On dit qu'une pièce est en vers libres, lorsqu'elle est composée de vers de différentes mesures, les uns grands , les autres petits , sans auoun ordre symétrique; telles sont les fables de la Fontaine, excepté onze , le Rat de ville et le Rat des champs^ le Coq et la Perle, etc.

10. Une stance est un nombre déterminé de vers, après lequel le sens est fini. Dans l'ode , on l'appelle le plus souvent strophe (du grec dTpÉ-poj, tourner), et dans les cbansons , couplet.

11. La m.esure des vers et le mélange des rimes peuvent varier presijue a l'infini dans les stances. Tantôt les vers et les rimes sont assujettis à des retours symétriques , tantôt ils sont mêlés irrégulièrement : cela dépend des genres et de la volonté de l'écrivain. La seule règle à cet égard , c'est de rejeter tout arrangement qui blesserait l'oreille et l'harmonie.

12. Les stances se divisent en stances de nombre pair, et çx\ stances de nombre impair. Les premières sont de 4, de 6 , de 8 ou 1 0 vers ; les secondes sont de 5 , de 7 et de 9 vers.

y^ 13. Dans les stances de 4 vers ou qvntrnins, on peut employer toutes soites de mesui-es, en observant de faire rimer le i*^' vers avec le 3^, et le 2® avec le 4^, ou le 1" avec le 4® , et le 2^ avec le 3®. Ex. :

Pour qui compte les j^/urs d'une v> inutile, L'â;;e du vii'ux Priiiin pa.NSf celui d'Hector; Pour qui compte les f;ii's , les ans du jeune Achille L'égalent à Nestor.

(J.-B. Rousseau.)

Pour vous l'amante de Cephale

Enricliil Flore de .ses pleurs .

J^ Zépliyr cueille sur les (leurs

]>e> p;n lums que la terre exhale.

Pour eiilfiidre vos doux accents,

Les oiseaux cessent leur ramage;

Et lecliasseur le plus sauvage

Respecte vos jours innocents.

(LE MÊME

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