‹ Traité théorique et pratique de littérature (volume 2)Chapitre 13 sur 79 · Dans la stance de 6 vers ou sixain, on fait ordinaire · texte numérisé non relu

Dans la stance de 6 vers ou sixain, on fait ordinaire

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ment riwer ensemble les deux premiers vers , et l'on termine le sens au 3% qui rimeavec le 5" ou avec le dernier Ex . :

Si je devais un jour, pour de viles richesses, Vendre ma liberté, descendre à des bassesses; Si mon cœur par mes sens devait être amolli ; Je te dirais : 0 Temps! sonne ma deruière Jieure;

Hàte-loi , que je meure!

J'aime mieux u'étre plus, que de vivre avili.

(Thomas )

Les jours des rois sont dans sa main.

Leur règne est un règne incertain.

Dont le doigt du Seigneur a marqué les limites.

Mais de son règne illimité

Les bornes ne seront prescrites Ni par la On des temps, ni par l'éternité.

(L-B. RODSSEAO )

On peut encore faire rimer le l^"* avec le 4®, le 2® avec le 3% et le o'^ avec le 6^ Ex. :

Seigneur, dans ta gloire adorable

Quel mortel est digne d'entrer?

Qui pourra, grancl Dieu, pénétrer

Ce sanctuaire impénétrable On tes saints inclinés, d'un œil respectueux, Contemplent de ton front l'éclat majestueux?

(LE MÊME

On peut enfin faire rouler la stance sur deux rimes alternatives. Ex. :

Sous des arbres dont la nature A formé de riants berceaux, Entre tles tapis de verdure Que nourrit la fraîcheur des eaux, Serpente a\ ec un doux murmure Le plus transparent des ruisseaux.

15. Les stances de 8 vers owhuilains ne sont, à proprement parler, que deux quatrains réunis, soit que tous les vers aient la même mesure, soit qu'ils en aient une différente. Ex. :

Les nations à main armée Couvraient nos fertiles sillons; On a vu les champs d'idumée Inondés de leurs bataillons :

Le Seigneur parle, et rintidèle Tremble pour ses propres États; Il flotte, il se trouble, il chancelle; Et la terre fuit sous ses pas.

(J.-B. Rousseau.) O bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aime ;

Qui de bonne lipure entend sa voix , Et fîue ce Dii-ii daigne instruire lui-même 1 Loin du monde élevé, de tous les dons des cieus Il est orné dès sa naissance; Et du raéchaul Taiwrd contagieux N'altère point son innocence.

(Racine.)

16.Danslastancede 10 vers ou dizain, la mesure la plus liarmonieuse et le mélange de vers le plus agréable, c'est : 1° d'employer des vers de 8 syllabes; 2'' défaire répondre le 1" au 3% et le 2^ au 4''; 3° de faire rimer ensemble le 5« et le 6^ ; 4" de faire répondre le 7^ au dernier ; -3° de faire rimer le 8" et le 9^. Ex. :

Grand Dieu, votre main réclame Les dons que j'en ai reçus :

Elle vient couper la tra'me Des jours qu'elle m'a tissus.

Mon dernier soleil se lève, Et votre souffle m'enlève De la terre des vivants; Comme la feuille séchée Qui de sa tige arrachée Devient le jouet des vents.

(J.-B. Rousseau.)

17. Dans la stance dô ^ àa 7 ou de9 vers , il faut nécessairement mettre trois rimes semblables; mais on ne doit jamais les placer de suite. Ex. :

J'ai vu que leurs honneurs, leur gloire, leur richesse, Ne sont que des filels tendus à leur orgueil ; Que le port n'est pour eux qu'un véritable écueil ; Et que ces lits pompeux, ou s'endort leur mollesse, We couvrent qu'un affreux cercueil.

(J.-B. Rousseau.)

L'hypocrite, en frauder fertile.

Dès I enfance est pétri de lard : Il sait colorer avec art Le liel que sa bouche distille; Et la morsure du serpent Est moins aiguë et moins subtile Que le venin caché que sa langue répand.

(LE MÊME

18. On di'^'^QWQ, stances régulières (te\\Q.% qui sont uniformes tant pour la mesure et le nombre des vers, que pour la combinaison des rimes. Telle est dans J.-B. Rousseau l'ode 2*^ du liv. l^"", et les treize odes suivantes.

19. On appelle stances irrégutières celles qui ont une fufmc différente et sans symétrie. Ex. :

22 TRAITÉ DE LITTÉHATUnE.

Déplorable Sion , qu'as-tu fait de ta gloire?

Tout l'univers admirait ta splendt-ur.

Tu n'es plus que poussière; et àf celle grandeur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. Sion, jusques au ciel élevée aulreTois, Jus((u'aux enfers mainlenaiit abaissée,

Piiisse-je demeurer sans \oi\.

Si dans nid chanl> ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée 1 O rives du Jourdain ! 6 champs aimés des deux ! Sacrés monts, ferliles vallées, Par cent miracles ^ignalées!

Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées?

Quand verrai-je, ô Sion , relever les remparts, Et de tes tours las ma^niliques faites?

Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples, en chantant, accourir à tes fêtes 7

Ton Dieu n'est plus irrité :

Réjouis-loi, Sion, et sors de la poussière; Quitte les vêlements île la Captivité,

El reprends la splendeur première.

Les chemins de Sion sont a la lin ouverts :

Rompe/ vos fers, »

Tribus captives; Troupes fugitives, Repassez les monts et les mers; Rassemblez-vous des bouts de l'univers.

(Racine.)

20. On appelle stances mixtes celles qui ont une forme différente, mais symétrique. On n'en trouve point dans J.-B. Rousseau. Lefranc de Pompignan en offre quelques exemples; telle est la pièce : Dieu se lève, etc.

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