La comédie de caractère présente un caractère demi
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riant, qui fait proprement le sujet de la pièce; telles sont les comédies de V Avare, du Glorieux, du Menteur, etc. A ce caractère principal , le poète peut associer d'autres caractères pour ainsi dire subalternes, sans que l'action en devienjeplus chargée ni p1u> intriguée. C'est ce qu'a fait Molière dans le Misanthrope, où se trouvent les caractères de la coquette, de la médisante et des petits-maîtres.
4. La comédie mixte est formée de plusieurs caractères opposés entre eux , mais dont aucun n'est principal ou subalterne par rapport a l'autre. Tels sont, dans V École des maris de Molière, les caractères d'Isabelle, deSganarelle, d'Ariste et de Léonor ; ceux d'Agnès et d'Arnolphe dan> y École des femmes.
.5. Dans la comédie d'intrigue , l'action est l'objet principal de la pièce; elle n'est donc subordonnée qu'au.x règles générales du drame.
Dans la comédie de caractère , l'action doit être en outre subordonnée au caractère principal. C'est lui qui doit être le principe , l'objet et le but de tous les incidents, en même temps que la cause immédiate de toutes les scènes, de tous les traits qui font rire. C'est ce qu'on voit dans les pièces de Molière et de nos bonscomiques.
Dans la comédie mixte, l'action part ordinairement de deux des personnages principaux. C'est à eux que doit se rapporter toute l'intrigue, et c'est par cela même qu'ils sont plus en jeu que les autres auxquels ils donnent le mouvement.
6. Les caractères de la comédie doivent être présentés dans toute leur intégrité, c'est-a-dire que le poète ne doit oublier aucun trait qui puisse caractériser parfaitement ses personnages, surtout le principal. Il faut donc qu'il réunisse sur un seul sujet tous les traits d'un caractère, distribués entre plusieurs individus. Ainsi les caractères du Misanthrope, de l'Avare, du Joueur, du Glorieux, etc., sont composés de plusieurs misanthropes, de plusieurs avares, de plusieurs joueurs, de plusieurs glorieux, etc.
Mais il faut prendre garde .de passer ici les bornes de la nature. Quand il est question de ridicule, rien de plus difficile que de marquer le point précis ou finit le naturel ou\ le vraisemblable. Dans Plante, par exemple", lorsque' IWvare examine celui qu'il soupçonne de lui avoir volé sa )
' Voypz Jiht. de la Litlérnlurc latine, p. 27.
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cassette, après avoir visité sa main droite et ensuite sa main gauche, il s'écrie : Ostende etiam, tertiam ; ce qui est choquant. Molière a dit : Et raidre'l ce qui est naturel , attendu que la précipitation de lAvare a pu lui faire oublier qu'il a déjà examiné deux mains, etprendre celle-ci pour la seconde.
7. Le développement du caractère principal doit se faire par une suite dégradations habiles. Dès qu'il paraît, il faut qu'un trait frappant l'annonce aux spectateurs; un trait plus frappant encore succède au premier , et l'on en voit une suite de plus forts encore jusqu'au dénoùment, où le dernier coup de pinceau montre le caractère dans tout son jour et sous toutes ses faces. Nos bons comiques ont même souvent observé cette règle au delà du dénoùment. Le Misanthrope de Molière termine la pièce par ces vers :
Trahi de toutes parts, accablé d'injustices.
Je vais sortir d'un gouffre ou triomphent les vices,
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Ou d'être homme d'honneur on ait la liberté.
Le Distrait de Regnard dit à son valet , au moment où son mariage, qui fait le dénoùment de la comédie , vient d'être arrêté :
Toi , Carlin , à l'instant prépare ce qu'il faut , Pour aller voir mon oncle et partir au plus tôt.
Carlin lui répond :
Laissez votre oncle en pabc. Quel diantre de langage!.:. Vous n'y songez donc plus ? Vous êtes marié.