‹ Traité théorique et pratique de littérature (volume 2)Chapitre 56 sur 79 · LA. FORÊT SACRÉE DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

LA. FORÊT SACRÉE DE MARSEILLE

Lucus erat longo nunquam violatus ab sevo, Obscurum cin^ens connexis aëra ramis, £1 •lelidasaltc summotissolibus umbras.

Hune non ruricohe Panes, nemorumque potentes Sylvani. NymphiPque leneiil; sed barbara rilu Sacra deiini, slrucl;e dirisallaribus arte; Omnisqiie bumanis luslrala cruoribus arbor. Si qua lidem meriiil superos miralu vetustas, mis et volucres metuunt insislere ramis. Et lustris recubare fera?: nec ventus in illas Incubuitsilvas , excussaque nubibus atris Fuljiura : non ullis frondem priejientibus auris, Arboribus suus horror inesl. Turn plurima nigris Fontibus unda c^idil, simulacraque mu'sta deorum Arte carent, ctesisque exslant informia Iruncis. lps*î situs, putrique facil jam robore pallor Allonitos : non vulgalissacrala tiguris Numina sic metuunt : tantum terronbus addit Quos timeanl non n(')sse deos Jam faina ferebat SiEpe cavas motu lerr» inugire cavernas, El procumlientes ilerum consurgere laxos, Et non ardenlis fiilgore incendia sir\a', Roboraque amplexos circumfulsisse dracones. Non illamcullu populi propi.^re trequentant, Sed cessére deis. Medio quum Phœbus in axe est , Âat coelum aox atra teaet , pavet ipse sacerdos

Accessus , dominuraque timet dpprendere luci. Hancjnbct imraissusilvam procurnbpre ferro; Nam \iciiia operi , helloque intacla priori Inter nudatossiahal dHn.si>sima inouïes Sed forips tremui're nianus, niolj()ijp verendâ Majpsiatp loci , si robora .-.acra fcrireni, In sua crpdebanl rpdiluras membra secures. Implicitas masiio Desar tcrroi-p cohortes Ul vidil, priiiius raptam \ii>rare bipennem Ausiis, et aériain ferro proscinderp qiiercum, Eflalur, merso violala in robora ferro, Jain ne quis veslnim dubili't subverlere silvjun , Crédite rae fecisse ni-fas. Tune paruit omnis imperiis , non sulilalospcura pavore Turba , sed ex pensa Superorum et Desaris ira. Priirumbunt orni, nndosa iinpellilur ilex, SiivaquH Dodonis, et tluctibus apliorabius, El non plet)eios luclns teslala cupressus. Tune primum posuère comas, et fronde carentea Admisére diem : propulsaque rolwre denso Su>linuil se silva cadens. Gemuére videnles Gallorum popuii : rauris sed clausa juventus Exsultal. Quis eniioliesos impuoé putaret Esse deos?

(LucAiN, Phan., liv. m , 399. )

N" 23 (p. 78.) EXTRAITS DU LUTRIN.

Ici trois héros se mettent en marche poor aller placer le pnpltre dans le cbœur :

Les ombres cependant sur la ville épandues

Du faite (ies maisons descendent dans les rues.

Le souper liors du cbœur chasse les ctiapelains ,

Eldechanlres buvant les c^iharcts sont pleins.

Le rediiule Brontin, que son devoir éveille,

Sort à rin>lanl cliarne d'une triple bouteille

D'un vin dont (tilotin, qui savait tout prévoir,

Au sortir d'un œnseil , eut soin de le pourvoir.

L'odeur d'un jus si doux lui rend le faix moins rude.

Il est bientôt >uivi du sacristain Boirude ;

El tous deux de ce pas s'en vont avecclialeur

Du trop lent perruquier réveiller la valeur.

n Parlons, lui dit Brontin Di'ja le jour plus sombre.

Dans les eaux s'elei^nanl, va faire place a roml)re.

b'ou vient le noir cliaurin que je lis dans les yeux?

Quoi! le ()ardon sonnant te retrouve en ces lieux?

Ou donc eRt ce i;rand cœur dont tantiil ralléjjresse

Si'inblait du jour trop lony accuser la paresse?

Marche, et suis-nous du moins ou l'honneur nous atleii.l »

Le pi-rruipiier lionleux rou^;il en l'écoulant.

.\ussitot de longs clous il prend une poignée ;

ijur son épaule il charjre une lourde coiiuce-

Kl derrière son dos, qui treml)le sons le poitis',

Il ultactie une scie en forme de car(|uois.

Il sort au môme instant; it se met à leur tête.

232 TRAITÉ DE LITTÉBàTDEE.

A suivre ce grand chef l'un et l'antre s'apprête.'

Leur cœur semble allumé d'un zèle tout nouveau.

Bronlin tient un maillet, el Boirude un marteau.

La lune, qui du ciel voit leur démarche altière,

Retire en leur faveur sa paisible lumière.

La Discorde en sourit , et les suivant des yeux,

De joie, en les voyant, pousse un cri dans les cieux.

Ailleurs II personnifie la Mollesse, et elle se plaint des maux qu'on lui fait; elle regrette les beaux jours du bon vieux.temps , et ià i^ trouve heureusement amené l'éloge de Louis XIV :

O Nuit! que m'as-tu dit? Quel démon sur la terre

Souflle dans tous I.^s cœurs la fatigue et la guerre?

Hélas! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps.

Ou les rois s'honoraient du nom de fainéants.

S'endormaient sur le trône, et, me servant sans honte.

Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'uncorate?

Aucun soin n'appprocbait de leur paisible cour;

On reposait la nuit, on dormait tout le j )ur.

Seulement au printemps , quand Flore dans les plaines

Faisait taire des vents les bruj'antes haleines ,

Quatre bœufs attelés, d'un pas tranquille el lent,

Promenaient dans Paris le monarque indolent.

Ce doux siècle n'esl plus. Le Ciel impitoyable

A placé sur le trône un prince infatigable.

Il brave mes douceurs, il est sourd à ma voix :

Tous les jours il m'éveille au bruit de ses exploits;

Rien ne peut arrêter sa vigilante audace :

L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace;

J'entends à son seul nom tous mes sujets frémir.

En vain deux lois la paix a voulu l'eiidormir;

Loin de moi son courage, entraîné par la gloire,

Ne se plait qu'à courir de victoire en victoire.

Je me fatiguerais à te tracer le cours

Des outrages cruels qu'il me fait tous les jours.

La Mollesse oppressée

Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée, Et lasse de parler, succombant sous l'effort. Soupire, étend les bras , ferme l'œil , et s'endort.

Vous allez entendre sonner le tocsin pour éveiller les chanoines que le chantre veut assembler en chapitre :

11 dit. Du fond poudreux d'une armoire sacrée,

Par les mains de Girol la crécelle est tirée.

Ils sortent à l'instant, et, par d'heureux efforts ,

Du lugubre instrument font crier les ressorts.

Pour augmenter l'effroi , la Discorde infernale

Monte dans le palais , entre dans la grand'salle ,

Et du fond de cet antre, au travers de la nuit.

Fait sortir le démon du tumulte et du bruit.

Le quartier alarmé n'a plus d'>eu\ qui sommeillent :

Déjà de toutes paris les chanoines s'éveillent.

L'un croit que le tonnerre est tombé sur les toits,

El que l'église brûle une seconde fois.

L'autre, encoreagité de vapeurs plus funèbres.

Pense être au Ji'udi-Saint, croit que l'on dit ténèbres;

Et déjà tout confus, tenant mi li sonné.

En soi-même frémit de n'avoir point diné.

Ainsi, lorsque, tout prêt à briser cent murailles,

J^ouis, la foudre en mam, abandonnant Versailles

Ad retourrfi» soleil e* des zéphyrs nouveaux,

Fait dans les champs de Mars déployer ses drapeaax"; Au seul bruit répandu de sa marcne étonnante, Le Danube s'émeut , le Tage s'épouvanle; Bruxelle altenil le coup qui la aoil foudroyer, Et le Batave encore est prêt à se noyer.

Celte corapiraison en rappelle une autre qui produit an effet vraiiiu;:! '"Omique. C'est du trésorier que le poêle parle :

Il veut partir à jeun, il se peigne, il s'apprête; L'ivoire trop hàlé roinpl deux lois sur ^a léle. El (Jeux fois de sa main le buis lomheen Morceaux : Tel Hercule lilant rompait tous les fuseaux.

Quoi de plus plaisant que le combat des chanoines , dans la boutlqae de Barbiu :

Chacun s'arme au hasard du livre qu'il rencontre : L'un tient l'EJit d'amour, l'autre en saisit la montre; L'un prend le seul Jonas qu'on ait vu relié. L'autre un Ta^^se français en naissant oublié.

Là, près d'un Guarini , Térence tombe à terre; La, Xenophon dans l'air heurte contre un La Serre. Oh! que d'écrils obscurs, de livres ignorés, Furent en ce grand jour de la poudre tirés !

A plus d'un combattant la Clélie est fatale , etc.

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