‹ Traité théorique et pratique de littérature (volume 2)Chapitre 70 sur 79 · LES FILLES DE MINÉE · texte numérisé non relu

LES FILLES DE MINÉE

Finis erat dictis; et adhuc Minyeia proies Urgent opus, spernilque deum, festuinque profanât : Tympana cùm subito non apparentia raucis Obstrepuére sonis : et adunco tibia cornu, Tinnulaqtie aéra sonant. Redolent myrrbaeque, crocique Resque lide major, cœpere virescere telae, Inque hedèrse faciem pendens frondescere vestis. Pars abit in viles i et quae modo lila fuerunt, Palmite mutantur : de staminé pampinus exit : Purpura fulgorem pictis accommodât uvis.

Jamque dies exactus erat, tempusaue subibat, Quod tu nec tenebras, nec possis aicere lucem, Sed cum luce tamen dubise confinia noclis. Tecta repente quati, pinguesque ardere videntur Lampades, et rutiiis collucere ignibusœdes. Falsaque saîvarum simulacra ululare ferarum. T umida jamdiidum latitant per tecta sorores , Diversseque locis ignés ac lumina vitant. Dumque petunt latebras, parvos membrana per artUB Porrigitur, teuuique inducit brachia pennâ.

?C0 TBA.ITÉ DE LITTÉHATUBE.

Nec (ju.i peididerint veterem ratione figuram

Sciresinudt tenehriE Non illas pluma Tevavit ': SusIinuOre tameii seperlucenlil)us alis.

Conatir(|iifi lo(|iii, minimam pro corpore vocetn Liuiltiiiil; peragu(iU|ue levi slridon; querelas. Tecta(|iie, non silvas, ceiebiaul : lucemque perosa) Nocie volant : seroque traliunt à vespere nomen.

{Mêlant. }

NO 44 (p. 149).

LE MEUNIER SANS-SOUCI. f*

L'iiomiue est dans ses écarts un étrange problème.

Qui de nous en tous temps est lidèle à soi-mérae?

Le commun caractère est de n'en point avoir.

Le matin incrédule, on est d('vot le soir.

Tel s'élève et s'abaisse, au gré de l'atmosphère,

Le liquide métal balancé sous le verre.

L'homme est bien variable ; et ces malheureux rois .

Dont on dit tant de mal , ont du bon quelquefois.

J'en conviendrai sans peine, et ferai mieux, encore ;

J'en citerai pour preuve un trait qui les honore.

Il est de ce iiéros , de Frédéric second ,

Qui , tout roi qu'il était, fut un penseur profond.

Redouté dans l'Autriche , envié dans Versailles,

Cultivant les beaux-arts au sortir des batailles,

D'un royaume nouveau la gloire et le soutien.

Grand roi, bon philosophe et fort mauvais chrétien '.

Il voulait se construire un agréable asile,

Où loin de rétiquette arrogante et futile, *

Il pùl non végéter, boire et courir des cerfs,

Mais des faibles luimains méditer les travers,

Et , mêlant la sagesse a la plaisanterie ,

Souper avec d'Argens, Voltaire et Lamettrie.

Sur 1b riant coteau par le prince choisi ,

S'élevait le moulin du meunier Sans-Souci.

Le vendeur de farine avait pour habitude

D'y vivre au jour le Jour, exempt d'inquiétude;

Et de quelque côté que vint souffler le vent ,

Il y tournait son aile et s'endormait content.

Fort bien achalandé , grâce à son caractère.

Le moulin prit le nom de son propriétaire;

Et des hameaux voisins , les tilles , les garçons ,

Allaient à Sans-Souci pour danser aux chansons.

Sans-Souci!.... Ce doux nom d'un favorable augure

Devait plaire aux amis <les dogmes d'ÉpIcure.

Frédéric le trouva conforme a ses projets ,

Et du nom d'un moulin honora son palais.

Hélas ! est-ce une loi sur notre pauvre terre

Que toujours deux voisins auront entre eux la guerre,

Que la soif d'envahir et d'étendre ses droits

' Nous demanderons à M. Andrieux comment il accorde le titre de ion philosophe avec celui de mauvais chrétien P II en est de même de la sagesse qu'il fait ligurer avec l'athéisme ou l'impiété des d'.irgens , des Voltaire , des Lamettrie.

Tourmentera toujours li^s meuniers et les roi.s?

En cette occasion , le roi fui le moins sage ;

Il lorgna du voisin le modeste héritage.

On aviiil fait des plans, fort beaux sur le papier,

Ou lecliélif enclos se perdait tout entier.

Il fallait sans cela renoncer à la wm,

Rétrécir les jardins, et masquer l'axenne.

Des bâtiments royaux l'ordinaire intendant

Fit venir le meunier, et d'un ton important

« Il nous faut ton moulin , rpie veux-lu qu'on t'en donne?

— RiiMi du tout, car j'entends ne le rendre à personne. Il vous faut, est fort bon... 5Ion moulin est à moi... Tout aussi bien, au moins, que la Prusse est au roi.

— Allons, ton dernier mot , bonliomme, et prends-y garde. — Fau(-il vous parler clair? — Oui. — (J'est que je Je garde Voila mon dernier mot. » Ce refus effronté

Avec un grand scandale au prince est raconté.

Il mande auprès de lui le meunier indocile;

Presse, flatte, promet; ce fut peine inulile,

Sans-Souci s'obstinait. « Entendez la raison.

Sire, je ne peux pas vous vendre ma maison :

Mon vieux père y mourut, mon lils y vif-nt de naître;

C'est mon Postdâm a moi, je suis tranchant peut-être :

ISe rétes-\ous jamais? Tenez, mille ducals

Au bout de vos discours, ne me tenteraient pas.

Il faut vous en passer, je l'ai dit, j'y persiste. »

Les rois malaiséme[d souffrent qu'on leur résiste.

Frédéric, un moment par l'humeur emporté :

'< Parbleu! de ton moulin c'est bien élre entêté;

.le suis bon de vouloir t'enga^er à le vendre :

Sais-tu que sans payer je pourrais bien le prendre?

Je suis le maître. — Vous de prendre mon moulin?

Oui, si nous n'avions pas de juges à Berlin. »

Le monarque, a ce mot, re\ientdeson caprice.

tJharmé que sous ."^on régne on crût à la justice,

Il rit, et se tournant vers quel(|ues courtisans :

" "\Ia foi, messieurs, je crois qu'il faut chimger nos plans.

Voisin, garde Ion bien; j'aime fort ta ré|ilique. »

Qu'aurail-on fait de mieux dans une république?

Le plus sur est pourtant de ne pas s'y lier :

Ce même Frédéric, juste envers un meunier.

Se permit maintes fois telle autre fantaisie :

Témoin ce certain jour, qu'il prit la Silésie;

Qu'a peine sur le trône , avide de lauriers,

lEpris du vain renom qui séduit les guerriers.

Il mil l'Europe en feu. Ce sont là jeux de prince

On respecte un moulin, on vole une province.

(A.NDRIEUX,;

No 45 (p. 151).

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