LE CYCLOPE
OOSèv TcÔT "cèv IpwTa Treç'jyst (pâpjxaxov â)./o , Ntxîa , oOx' £Y/pi(7Tov (ÈîjIv ooxcT) oût' imna.cro-t, 'H Tal IlieoîSîç- xoùçov oé Tt toùtov -/.ai à5ù rîvet' iit' avôpwnotî' eOpriv S' oO paStov èvTt.
262 TfiÀlTÉ DE LITTÉBATUKE.
FivwCTxev û" oTjiaî xu xoXwî , îaTûôv èôvxa , Kal Taïç èvvÉa 6;^ ue^cXaiA^vov ëçoxa Moiffai<;.
Ojto) Yoyv ^ïdxa Siày' ô KOxXw}' ô Ttap' âiiïv, '£i' px^^'^î noXû<pa(j.o; , 6x' î^paTO tôç ra).aTeîa{;, 'ApTi yeveiâaôwv uepl tô ctcôjjlx tco; xpoxdqpw; te* 'Hpaxo S' obTi (SôSoiç, où (jiàXoiç. oOôè xtxîwoi; , 'AXX' ôXoaï; [Jiavîatç' àyEiTO 5è Ttavra Tiôpîpva. rioXXàxi Tal 6t£i; ttotI taûXtov aùxai à;tr)v6ov X),a)pctç èx poxâvai;" ô Se , xàv raXàxetav ôeîôwv, AOxû ê:r' àïôvo; xaTexàxeTO çuxioéaaa; , 'EÇ àoûç , ë/9t(Txov Êx'^"' uTioxàpStov eXxo; KÛTtptoç èx (i.£YàXaç , <£ ol ipiati nâJ^e piXeixvov. 'A)>Xà xè <pdp(jiaxov eupe" xa6eÇô|i£vo; 6' ÈTtt Ttsxpa; Ttî/TiXâ; , èç Ttovxov ôptov àeiSe xoiaOra*
Q Xîuxà raXâxeia , xî xàv çiXéovx' à7roê(xX>.Ti ; Asuxoxe'pa Traxxàî TCOxtSeïv, àitoXwxépa ô' àpvôç, Môoxw yauçoTÉpa , çtaptoxépa ôjxçaxoç wjiôtç- <^Olx^!; ô' a09' oûxw; , ôxxa yXuxù; ÛTtvoç èx^ H'^ > OîxTl 8' eù9ù; loïaa, ôxa fXuxù; ûttvo; à'/vj (X£. <PeÛYei; ô', wçnep ôî; TtoXiàv Xûxov «Ôpiîtrasa. 'Hpà(y6iriv (jièv lytoYa xeoO;, x6pa, âvîxa itpâxov 'Hvôeç £[xi^ (jyv (iaxpl , ÔéXokt' Oaxîvôiva çOXXa '£Ç ûpeo; ôp£(|/(x<76ai* èyùi S" éSôv àY^P-°''^"°'^- Ilaûoacrôat ô' é^iScov tu xai ûtrcEpov oOôéxt tiw vùv 'Ex xTJvw S'jvafjwn* xlv ô' où (jieXei, où [lol Ai', oùôév. rivwCTxo) , yaçiituax xôpa, xivo; oùvexa çrjYEtç. Oùvîxà [Aoi Xaaîa |jièv oçpù; lui itavxt [lexwitq) 'El wxà; xsxaxai itoxl ÔtôxEpov w; (iCa |jLaxpâ" EU ô' OïîôaXfAà; l7ï£aTt , TrXaxeïa 5è (i\<; èixi x^''-^'- 'AXX' (bOx6; , TOioÛTOç iwv, ^oxà x'Xia p6(rxw , Kr)x xoOxwv xô xpâxidxov àjifiX^ôiiEvo; yâla. r.'.yu»' Tupô; ô' où X£Î7t£i |ji' oùx' èv ÔépEi , oùx" £v ÔTiwpri , Où y£i|iâivo; âxpw xotpaol Ô' OirEpaxÔceç aiet. 2upi(7Ô£v ô' d)ç oùxiç £7tî(7Ta[jiai wSe KyxXwTtwv, Ttv, xà <pîXov YXyxO|iaXov, dijjia xy][J.auTÔv àcîowv rioXXdcxt v'jxxà; àwpi. TpÉipo) ÔÉ xot ëvSExa vEopwç nocûcç àfivoçôpwi; , xai ffXÙ(ivo); , T£<7crapa<; âpxxtov. 'AXX' dwpîxEw xù Tcox' &[).[i£ , xat é^Etç oùSàv ËXaaffov Tàv ifXauxàv 8è ôàXaacrav êa txoti yéçtGov opExO^v. "AStov év xwvxptj) îtap' £(xiv xàv vùxxa SiaHEÏ;. 'E-/rl ôàpvai xr)v£( , èvxl ^otStval xuixaptffffoi , 'EvtI [lÉXaç xiffdàç, Ëvx' â(i,7CEXo; à YXuxOxotpno;- 'Evxl 4'yXP^'' ùSwp , xô [ioi à TtoXuôÉvSpEOç Aix-^a AeuxôU ex X''5vo;, :xoxôv àjiêpôffiov, ixpotTixf (Ttç x£v xwvSe 6àXa(T(Tav êy.^'^ ^ xù(ia9' ëXotxo ;) Ai Se toi aùxô; sifwv Soxib) XaaiwTcpOi yJjaev. 'Evxl Spuè; ÇùXa [ioi, xai Cmè (r7co5(Ji àxûC|j.acov itùp- Kat6[t£vo; ô* ÙTiè teO; xai Tàv iJ'UX^'^ àv£xoi[xav, Kai TÔv ëv' ô^OaXjiôv, tw |ioi yXyxEpwxspov oùSÉv. 'Qtfjiot , ôx' oùx ExexEV (i' à [Aàxr/p ppàyx^' exQ"'"^* > Xîz xaxÉSuv TTOxi xiv, xai xàv ysça. xeOç ÈqnXa'ïa, Al \i.9i XO OTÔjia Xrjç' Içîpov Se xoi 9] xpîva XE'Jxà, *H (idcxwv' àTtaXàv Èpu6pà îrXaxaYwvi' Êxoicav. XXXa xà fùv ÔE'pEoç, xà 6è "yî'^ÊTai èv xeit^ûvi*
'ûiv" oJy. iv TOt 'aÛTa çfpeiv â|jLa izi-tz' c6uvà8r)v. Nûv ftàv, cj xôf '.ov, rjv aOrûSt veïv yi [xa6îO|j.ai , Alxà ti; crùv vot TtXî'wv Çivo: wS' àçîxrjat • 'Ûç X£v ÎÇw , TÎ 7to6' àSù xaroix^v tôv Pu6àv û(«,(iiv. 'ESï'v&otç , ra)aT£ta , y.ai f^îvôoTua XàOoio ("Ûçivep ÈYwv vOv a>5î xaôriiASvoç; oîxoS' àTevOîïv. IIoi|iaiv£iv ô' cÔéXo'.; (tùv IjX'.v ôfta , xal ydc).' àiiéJ.yeiv, Kai Tupôv 7:â?a'. , fdtji'.aov opi|JL£ïav èveïda. 'A iJ/XTTip à5tx£t (iî (AÔva , xaî [Lé\j^O[LM aura' (Wôèv Tîâ Tto/' ô),a); tiotï tIv çîXov eÎTrev imïç [leO , Kat TdOr', i'fi.T.ç Itz' à(jiap ôfôijffà (is XeTtxov èôvta. «l'jxxaôi Tàv xeoaXàv xacl twç 7:ô5a; àjxçoTdpwç |i£u SçnicÔE'.v, (b; aviaôr, , èiiei xfiYwv àviwsxat. Ti K'jxXwi!/ , K'jxXwji , Tîà rà; çpÉva^ £y.7rî7i0Ta(7ai'; Alx' £v6(j)v Ta)âp(i); te aXÉx&i; , xal 6a).Xov àoâcoiç Taï; àfveuffi çÉpoiç, Taya xsv ;roX'j p.à>J.ov sx^^'Ç voùv. Tàv TTOtpsoïdav à[A£XY£* xi tÔv çî'jyovTa o'.côxsiç ; Eûpr,Gci; raXâ-£tav taw; xal xaXXîov' â>lav. IloW.al <rj(ji.7iaCcj2£v [j.c xopai xàv vôxxa xéXo'/rat Kix"'-'-'''^0'''f' 2e Kàcat , âncl x' aOiaï; ÛTvaxoî'jW Ari/ovÔT* È^/ xâ yà xr)YÙ)v xiç 9aîvo[JLai r;(A£;. OOtw toi IIoX'jça(AOç £;:oî[i.aiv£v tôv IfitùTa MoyctffSoov èâov ôè ôiiY v^ yyjGb'i lowx^v.
(Théocrite. )
Crois-moi , Nicias , il n'est point contre les passions d'autre remède , d'autre préservatif que les muses : elles répandent sur notre âme uii l)aume salutaire; mais ce précieux remède est difficile à trouver. Quel autre le connaît mieux qut; toi , savant disciple d'Esculape , aimable fa- \ori des neuf Muses?
C'est lui qui dans nos belles contrées consolait autrefois Polypheme, lorsqu'il ne pouvait rendre Galatée sensiljle. Un léger duvet couvrait a peine la bouche et le visage du cyclope ; il n'éprouvaic pas ce sentiment paisible d'un amant qui veut orner de roses les cheveux de sa maîtresse et lui donner ses pius beaux fruits : mais une passion furieuse brûlait son âme et le rendait indilïéreut a tout le reste. Souvent ses chères brebis abandonnèrent sans leur maître les verts pâturages et retournèrent seules a l'ét;ible; pour lui, chantanlGalatéedès raurore , il dépérissait d'amour sur le rivage de la mer, et portait au fond de son cœur le trait douloureux lancé par la puissante main de Cypris. Mais il avait trouvé ce remède divin : assis sur le sommet d'un rocher , l'œil fixé sur les Ilots , il adressait à Galatée ces plaintes amoureuses:
O charmante Galatée, pourquoi repou.sses-tu ton amant? njTnphe plus Ulanche que le lait, plus tendre qu'un agneau , plus folâtre que la génisse, plus aigre que le raisin vert, tu parais sur le rivage aussitôt que le doux sommeil a fermé ma paupière , et tu fuis aussitôt que le doux sommeil m'abandonne; lu fuis, comme une brebis à l'aspect du loup ravisseur. Je commençai det'uimer, 6 Galatée , lorsque tu vins autrefois avec ma mère cueillir sur la montagne des feuilles d'hyacinthe: c'était moi qui vous guidais ; depuis que je t'ai vue , je n'ai pu cesser de te regarder; miintenant je te clierclic encore. Mais, hélas ! tu t'inquiètes peu de mon amour. Je sais, nymphe charmante, je sais pourquoi tu me fuis: c'est parce que mon épais sourcil s'étend sur tout mon front jus(|u'a mes deux oreilles; parce que je n'ai qu'un œil, et que ma lèvre est surmontée d'un large nez. Mais tel que je suis , le mène paître mille brebis , dont les mamelles me fournissent un Jait délicieux ; le fromage ne me manque ni dans l'été, ni dans l'automne, ni dans la rigueur de l'hiver, et mes corbeilles en sont toujours cliargées ; je sais mieux que tous les îyclopes jouer du chalumeau ; c'est toi , c'est ton fidèle t^erjjpj liUe je
'2i'>i IhAJTK 1»E LITIËBAXUBE.
chante , o ma douce amie, an milieu de la nuit soinhre ; cV-,1 pour tui flueje nourris onze clie\reaux ornés de colliers, et (|uatre petits ours-, mais viens me trouver, et tu pa r tanceras avec m.) i tous nws biens ; laisse .es Ilots insensés se briser sur le rivage, tu passeras près de moi dans mon antre des nuils plus agréables; là lu trouveras des lani-iers et des cyprès, du lierre noir, et la vlf^iie cliarj;ée de s.i douce moisson ; là jaillit une onde fraiclie , plus délici"use que ranihroi>ie : c'est l'Etna qui, de ses forets couvertes d'éterm-ls frimas, la lait rouler dans ma grolle; est-il possible de préférer à tant de biens I :s Ilots de la mer? Si mon visage tep.irait trop hérissé, j'ai dans ma caverne des bois de chêne ot sous la cendre un feu qui ne s'éteint jamais. Je te lai.sserais volontiers brûler toute mon ànie et mon rtil , mon œil unique qui nt'est plus cher (jue la vie. Hélas! pour((noi ma mère ne m'a-t-elle pas fait naître avec des nageoires de poisson! comme je plongerais sous les flots, comme j'irais baiser cette belle main, si tu ne me permettais pas de baiser ta i)'juclie; je te porterais le lis éclalant de blancheur et le tendre pavot orné de feuilles rouges; mais l'un nait dans l'elé et l'autre dans l'hiver; ainsi je ne pourrais te les porler tous deu.v en même temps. Mais, li ma chère c;alalée,je veux apprendre à nager vers ton asile, s'il arrive quelque étranger sur un vaisseau. Je verrai alors quel plaisir tu trouves a demeurer sous les Ilots. Viens , ô Galatée, viens, et comme ton amant , assis sur ce rocher, oublie de retourner dans ta refraih'. Consens à mener paitre avec moi les troupeaux , à traire leurs mamelles, à durcir le fromage avec l'aigre présure. Ma mère est la seule cause de mon malheur ; c'est elle seule que j'accuse; jamais elle ne l'a rien dit en ma laveur, et cela , lorsqu'elle me voit maigrir et sécher tous les jours. Je dirai <|ue j'ai mai a la tète, au.v pieds , et je le dirai pour la chagriner, puisqu'elle me chagrine moi-même. Ah! cyclope, cyclope. qu" as-tu fait de ta rai.son? que nequilles-tu ces rochers'? que ne tresses-tu plutôt le jonc?Ne serait-il pas plus sage déporter à les brebis de tendres rameaux? Trais la chèvre qui est sous ta main; pourquoi poursuivre celle qui te fuit ? Tu trouveras peul-étre une autre Galatée plus belle encore; beaucoup de bergères m'engagent à leurs jeux, et elles tressaillent de joie quand j'accueille leur demande. U est clair que je suis a leurs yeux quelque chose sur la terre.
Ainsi Polvphème chantait ses amours pastorales, et jouissait d'un destin plus heureux que s'il eut acheté au prix de l'or la guérison de son cœur.
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